M. l’abbé Pfluger ou « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! »

abbe_pfluger« C’est une nécessité qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » Mt 18.

Rappel des faits : L’abbé Pfluger a donné une scandaleuse Récollection aux frères de la FSSPX au début de l’année 2014.

Quand et comment ce scandale a-t-il été réparé ? A-t-on envisagé un procès ecclésiastique pour faire la lumière sur cette affaire ? Quelle peine pense-t-on infliger au fauteur de ce scandale ? Une ‘suspense a divinis’ ?

Pour mémoire voici les notes des propos tenus par le premier assistant de la Fraternité sacerdotale saint Pie X à Flavigny devant les frères religieux :

1ère conférence

De quoi les frères ont-ils besoin ? Savoir ce qu’est leur devoir aujourd’hui. St Jean-Baptiste dans la liturgie de l’Avent nous invite à : « Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche. » « Repentez-vous» : avoir un nouvel esprit. Le but de ce nouvel esprit, c’est le Royaume des Cieux, le salut. En conséquence le but de tout (prière, voeux, activités) c’est le salut. Pour arriver au salut, il faut changer de direction, d’esprit, remettre la boussole : « Comprendre l’esprit profondément surnaturel de toute leur vie. »

Les statuts de la Fraternité sont aussi valables pour les frères. Dans un passage, il nous invite à « comprendre l’aspect surnaturel de toute leur vie. » Quelle est donc notre mission, notre devoir ? Pie X nous dit : « Omnia instaurare in Christo. » Instaurare : vraie réforme de l’Église.

Le nouveau pape François a été élu à cause de sa volonté de réforme. Il est le réformateur de la Curie, initiateur d’une nouvelle évangélisation : ce que l’on appelait autrefois une réforme. « … Race de vipère. » C’est pire que moderniste ou libéral. Non, libéral, c’est pire [sous-entendu : dans les insultes] ! Mais au fond personne ne sait ce qu’est un libéral.

La sainteté d’après St Benoît consiste en l’humilité, et [l’humilité / l’un des degrés de l’humilité consiste] dans l’obéissance à Dieu, aux supérieurs. L’obstacle dans la Tradition, c’est cet esprit de suffisance, d’orgueil qui conduit au mépris, à la désobéissance et c’est totalement opposé à la pensée de Dieu dans l’Incarnation. Une vraie réforme, ça passe par une conversion, un renoncement mais pour le Royaume des Cieux (aspect surnaturel à ne pas oublier). Notre-Seigneur dit : « Je suis sorti du Père, je suis venu dans ce monde (Incarnation). » Pourquoi ? Pas pour les justes, pas pour les Tradis, mais pour les brebis égarées, il laisse les 99 justes pour s’occuper de la brebis égarée. Faisons gaffe à notre sécurité. Ne pas rester en sécurité en ce monde, c’est bien de partir, de ne pas rester dans sa sécurité sinon on s’enracine, il faut voir le [bien des autres / le salut des âmes]. La vie surnaturelle n’a pas été donnée pour nous. Dieu appelle, il faut que l’âme réponde.

« Credidimus caritati », c’est différent de « Credidimus veritati ». « Credidimus caritati » c’est : nous avons cru à la charité. Si la vocation, la prière ne nous conduit pas à la charité et donc à la joie, c’est qu’il y a quelque chose d’erroné dans notre vie spirituelle. Le but nous dit Notre-Seigneur : « afin que votre joie soit complète. » C’est totalement contraire au fatalisme de Mgr Williamson, attitude fausse et pas catholique. Tout ce que nous vous annonçons, Dieu est lumière, en Lui pas de ténèbres, il est amour. Mgr Lefebvre nous dit en 1978 : « Dieu est amour, donc il est miséricorde. »

Constat dans la Tradition : pas ou peu de vocation [proportionnellement au nombre d’élèves dans nos écoles], pourquoi ? Parce que nous nous disons les seuls, les meilleurs et c’est l’esprit d’Avrillé [-n’allez pas le répéter partout, cela reste entre nous-], c’est la religion de l’exclusivité, ce qui nous intéresse, c’est nous. [On sait tout, on juge tout]. On comprend [parfois] le pape qui fustige le cléricalisme. Nous, les Tradis, nous avons La vraie foi, La vraie messe, Nous ! Ch. 4 de st Jean :

« Aimons-nous les uns les autres… Dieu est amour… » Cet amour consiste non pas en ce que c’est nous qui aimons Dieu mais en ce que c’est Lui qui nous a aimés (Incarnation). C’est ça la vraie miséricorde. « Credidimus caritati » différent de « Credidimus veritati ». Une foi qui ne consiste pas à produire la charité, non !!! Timothée V, 8 : « Celui qui ne [répand pas la charité / prend pas soin des siens a renié sa foi et il] est pire qu’un païen. » La foi ne sert à rien si elle ne répand pas la charité. Notre-Seigneur ne vient pas pour juger mais pour sauver, c’est la vraie foi, la vraie joie. [La foi est une vie, pas un sac à dos.]

2ème conférence

La finalité de la vraie réforme c’est le salut par le renoncement, l’humilité, l’obéissance.

Dans un contexte de refus de la vérité, de la Tradition, nous ne devons pas avoir une altitude agressive, car Dieu est venu pour sauver le monde. « Nul ne peut voir Dieu s’il ne renaît de l’eau et de l’esprit » : c’est ça la réforme.

Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils… car Dieu n’a pas envoyé son Fils pour juger le monde mais pour qu’il soit sauvé par Lui. Oui Dieu veut sauver ce monde et nous, nous disons : c’est fichu. Dieu ne dit pas pareil, rien n’est impossible à Dieu. Ce n’est pas un problème de foi mais d’espérance. Dieu viendra pour juger, ce n’est pas à nous d’avancer ce jugement mais nous devons sauver les âmes.

Exemple de vraie réforme tirée du livre « La Sainte Église à travers son histoire » de notre cher Père Jean-Dominique. Les chrétiens persécutés pensaient que c’était la fin du monde. Le pape a accepté ce que proposait Constantin, ce n’est pas parfait, çà vient d’un empereur [païen] mais on prend quand même. (Le pape n’a pas refusé sous prétexte que l’Édit de Milan s’appliquait au nom de la liberté religieuse.] Dans les persécutions, on survit. Une fois libérés des persécutions, des milliers de jeunes gens quittent le monde, les vocations affluent. C’est un phénomène très bizarre !

On constate un manque d’enthousiasme dans la Tradition aujourd’hui ; Il n’y a pas ce phénomène de quitter le monde pour la contemplation. L’état actuel des vocations est décevant. Exemple du Carmel ! [-] qui est rentré dans la « pseudo résistance », ce qui est ridicule [-], ils n’ont pas de vocation. Il y a un idéal que dans la Tradition nous ne sommes pas capables de transmettre. On peut pour cela voir l’assistance lamentable à la messe en semaine.

C’est trop simple de ne voir que la perversion du monde, c’est la foi qui vainc le monde : primauté de la contemplation, amour de la Croix donc de la messe, c’est par elle que l’on vainc le monde. Notre combat a été idéalisé, notre vue est en noir et blanc.

La réalité prend du temps, exemple du concile de Constantinople, St Athanase fut exilé 7 fois, il prêche dans la ville alors que l’évêque arien y est encore installé. Sa lutte dure plus de 60 ans. C’est le mystère de l’histoire, Dieu fait homme qui vient dans ce temps, dans ce monde, pas en étouffant tout, en détruisant tout puis en construisant un nouveau monde. Notre-Seigneur s’est incarné dans ce monde pourri. La réalité exige un long cheminement, pas de pape qui s’endort moderniste et qui se réveille thomiste. Notre-Seigneur dit : « C’est par votre persévérance que vous sauverez votre âme. » Tous nos prieurs, nos supérieurs n’ont peut-être pas compris par où il faut commencer la réforme à faire. En tant que réformateur, st Raymond de Capoue a dû faire face à une fronde au sein de l’Église. Toute réforme est oeuvre du Saint-Esprit, c’est une oeuvre de l’Église. Mgr Lefebvre s’est appuyé sur les moyens ordinaires pour sa réforme.

Mgr Williamson dit que la nature est tellement détruite, que les séminaires tridentins ça ne marchent plus, qu’il faut faire autre chose : c’est ridicule !

3ème conférence

Une réforme, une vraie restauration de l’Église, ça regarde toute la vie pas seulement la vérité.

Exemple de la réforme de Pie V, dans le fond plus complexe que la messe, le missel, la croisade contre les turcs. Sa réforme commence déjà comme jeune professeur, il est nommé inquisiteur et il réforme les couvents de ses dominicains. Il fait des réformes très pratiques et il est critiqué partout.

Comme pape, il commence par des réformes très pratiques :

1- Il fait installer des cacatorium.

2- Il met dehors les enfants des clercs.

3- Les portes du Vatican sont fermées à clef la nuit.

4- Il diminue de moitié le personnel du Vatican.

5- Les couvents de femmes sont clôturés, interdiction de sortir sauf cas de lèpre, de peste et d’incendie.

6- Les abbés qui ne font rien sont enfermés au château Saint-Ange. 7-11 met dehors les putains.

Et il a commencé par réaliser ces réformes et ainsi il a réformé la vie chrétienne : [pas suffisant / Il ne s’est pas contenté de réformer] la messe, le caté… Un autre exemple de réalisme par rapport à la réforme, c’est Pie X. Dans un climat d’abandon et d’apostasie, il prend comme devise : « Omnia instaurare in Christo » pour le retour des nations à Notre-Seigneur au moyen de l’Église, pas de fatalisme, d’attente de châtiment. Pie X ne se contente pas de se lamenter sur la situation. Pour nous, avoir avant tout un but clair : pourquoi notre vocation ?

Avant tout, l’Église, le Christ, sauver les âmes et non pas penser uniquement à soi, à notre prieuré, notre école…

Autre exemple, celui de st Dominique qui a eu un grand charisme et qui a attiré beaucoup de vocations. Son secret qu’on découvre dans sa prière : « Que vont devenir les pauvres pécheurs ? »

C’est la « Caritas Christi » et c’est elle qui maintient notre désir de sainteté. L’apostolat c’est le « sentire cum Ecclesia » et non critiquer Vatican II {sous-entendu : là n’est pas le formel]. La critique finit par lasser et on craque comme beaucoup de gens brillants qui nous ont quittés car ils n’avaient pas la Caritas Christi. Les âmes à sauver c’est un vrai moteur de persévérance et ça ne laisse plus de temps pour les critiques stériles. Le but de st Pie X : former le Christ dans ceux qui sont destinés à le former dans d’autres. Le sacerdoce est un moyen d’apostolat. Ne soyons pas égoïstes, le but de notre combat c’est la sanctification des autres, de ceux qui sont avec nous. Ne faisons pas comme la pseudo résistance, mais retrouvons l’enthousiasme pour le bien ! Cherchons le royaume de Dieu et non à convertir le Pape, à analyser les textes du Supérieur Général ou Lumen Gentium. Pie X : « notre préférence ira toujours à ceux qui se dévouent au salut des âmes ». Ce doit être [une / la] priorité de toutes nos maisons. Ne pas renverser l’adage : « enfer de la philo, purgatoire de la théologie, ciel de l’apostolat »

4ème conférence

L’ignorance est le premier problème : « ils ne connaissent ni moi ni le Père. » L’apostolat de nos prêtres doit se focaliser sur la formation et réduire l’ignorance des fidèles, ne pas se borner à parler des scandales de Vatican II ou de la liberté religieuse… mais de [prêcher] la Foi. Ne pas faire de dialectique (ex des 2 paysans russes). Pas de charité amère ! Ne pas forcer avec la vérité mais être patient.

Avec ce nouveau pontificat on parle beaucoup de réformes. Avec « Evangelii gaudium », le pape essaie de toucher tous les peuples, de transmettre la joie de l’Évangile et de la Foi. Comme dit l’abbé Schmidberger : « il y a de bonnes choses mais des omissions ». Après neuf mois on y voit un peu plus clair sur ce pape. Il veut changer l’Église. Il aime plaire et fait toujours différemment : il ne chante pas quand il faut chanter, il ne jeûne pas quand il faut jeûner, il n’est pas exact avec les rubriques (génuflexions), il se met en clergy si les autres sont en soutane. Bref, il choque. Ce qu’il faut dire, c’est qu’il est unique, il est autre, il est argentin et jésuite. C’est un homme de l’action. Il est dans l’agir, le faire, le mouvement, mais c’est le pape. « Evangelii gaudium », c’est un langage un peu surprenant pour nous, auquel on n’est pas habitué.

(L’abbé Pfluger nous lit la table des matières) Il faut remarquer que le pape nous invite à ne pas tomber dans l’acédie spirituelle… [En fait, le vrai problème n’est pas ce qui est dit mais ce qui n’est pas dit / Plus grave que ce qu’il dit. il y a tout ce qu’il ne dit pas.] : le problème du salut universel. On comprend la réaction du pape mais le problème est qu’il ne parle pas de convertir. Il lutte contre le cléricalisme : ceux qui ne pensent qu’à eux et se satisfont de leurs petites règles. Ce qu’il dit sur les homo [dans le fond / d’une certaine manière] n’est pas faux car Notre-Seigneur ne juge pas non plus : il embrasse les protestants, pourquoi pas ? Mais le plus grave est qu’il ne leur parle pas de l’exclusivité du salut. [Chez les modernistes, la foi n’est plus objective, elle est subjective. Je n’adhère plus à un objet précis. Le pape rappelle la croix, etc., mais pour les modernistes, nous sommes tous sauvés.] Ce pape est dans l’illusion. Il a la volonté de réformer, c’est très bien mais il manque la nécessité de la foi : « Celui qui ne croit pas peut risquer son salut » (sic) A la Pentecôte, St Pierre fait un sermon qui choque, mais il est le Pape et il y a trois mille convertis. [Pour le pape François, « tout le monde connaît ce que pense l’Église » : non, c’est faux.]

5ème conférence

Et nous, en terme de réforme, que peut-on faire dans cette crise qui dure ?

On est dans un moment décisif pour la Tradition et la Fraternité. Crise vient du grec crisis qui s’applique en médecine au cas d’un patient dont le moment est venu de statuer sur son avenir. Arrive-ton à vaincre la maladie ? Nous en sommes à ce point ou il faut décider sur l’avenir par rapport au pape, à l’Église. Donc, comment agir ? Il faut regarder comment l’Église a agi dans le passé. Aujourd’hui, Suresnes, Mgr Tissier nous poussent, mettent une certaine pression pour que nous fassions une déclaration claire, pure et dure, une profession de foi, qui mette les points sur les « i ». Ils [Ils ou certains…] demandent que nous ne discutions pas avec Rome mais que nous proposions des petits textes basés sur la doctrine. Mais faisons gaffe ! [Ce n’est pas aussi simple.] Dans le Credo, on ne professe pas qu’on renonce à Vatican II et à la liberté religieuse !

Nous avons consulté quelques confrères sur l’opportunité de la publication de ces déclarations à l’occasion des 25 ans des sacres ; un confrère français nous a écrit sur l’utilité de ce texte qu’il est inaudible au clergé moderne [deux déclarations fermes (fin du Chapitre 2012, puis déclaration des évêques en 2013) rappellent déjà notre position. Nos déclarations restent inaudibles pour le clergé moderne], même à celui qui nous estime ! Parce qu’il manque d’une philo sérieuse pour nous comprendre.

1er problème : sur un même texte, chacun voit de sa façon et les modernes ne voient pas ce qu’on y voit. Exemple : à l’occasion de la manifestation interreligieuse à Buenos-Aires pour mémoriser l’attaque contre les juifs, personne n’a compris notre lutte contre la liberté religieuse, on a pensé qu’on luttait contre les juifs parce qu’on a des fidèles très intelligents [qui n’ont pas percé le contexte / qui ont parlé en ce sens à la TV].

2ème problème : ils méconnaissent le magistère ante-conciliaire [parce qu’ils / et ils] sont submergés par des préoccupations pastorales. Leurs soucis sont totalement différents des nôtres qui nous focalisons sur Vatican II et la collégialité… [En publiant une telle déclaration.] Nous nous (faisons / ferions] plaisir à nous-mêmes et nous ne [faisons / ferions] pas avancer les choses.

La réforme consiste à travailler, à faire circuler « in capite et in membris », simultanément. In capite, c’est par rapport au pape, à Rome et ça a consisté dans les discussions doctrinales et nos efforts ne sont pas couronnés de succès pour l’instant. In membris c’est par rapport aux fidèles, aux paroisses et au clergé conservateur. Il faut maintenant intensifier le contact in membris.

En remontant plus loin dans l’histoire, on constate que la réforme carolingienne a consisté dans la multiplication d’initiatives privées qui se sont élaborées en dehors du pouvoir romain sans l’affronter et que celui-ci a fini par approuver en légiférant. Le pape ne lance pas l’initiative mais c’est la base qui les lance, initiatives qui s’épanouissent jusqu’à ce que la tête les reprenne à son compte pour les officialiser. Pour cela il faut une disposition suffisante des inférieurs pour se laisser conduire sinon la tête ne peut pas reprendre à son compte la réforme. Le Motu Proprio est une étape, le pape ne peut pas aller plus vite et plus loin pour l’instant. Mgr a bien dit que ce sont les chiffres qui parleront. « De l’histoire on n’apprend rien », dit… ? Les gens font toujours les mêmes bêtises ! Le changement viendra de la multiplication de ces initiatives et par leur rencontre et leur union.

[C’est / En fait, c’est surtout] le problème de la France. Les français sont des râleurs. Le problème de la France c’est qu’elle a un esprit maurrassien, cartésien. Le problème actuel c’est soit de s’ouvrir à d’autres soit de retomber sur soi-même. Alors comment vaincre cette crise ?

Quatre évêques, quatre points de vue !…

– Le 1er groupe qui suit Mgr de Galarreta pense que la Fraternité c’est pour une élite, le 1er devoir c’est de protéger notre oeuvre, la protéger de la confusion due au contact avec les autres. Mgr est déçu par rapport à nos discussions avec Rome. En pratique pas de contacts, on protège ce que l’on a. A Rome ce sont des têtes, pas des imbéciles qui ne connaissent que Vatican II, dit l’abbé Pfluger. [Il y en a qui s’imaginaient qu’on ne ferait qu’une bouchée d’eux lors des discussions.]

– Le 2ème groupe, c’est Mgr Williamson : parler avec Rome c’est déjà un signe visible de trahison. C’est très personnel comme problème chez Mgr Williamson. Il a été formé dans un collège où on apprend « à faire le contraire, à voir en négatif. » C’est aussi un problème psychologique dans sa relation avec Mgr Fellay. Il n’a jamais accepté son supériorat. II y était toujours opposé. Lié aussi à sa psychologie, son pessimisme est idéologique : la nature de la jeunesse est si corrompue qu’elle ne peut recevoir la grâce, il faut donc restaurer d’abord la nature…

Commentaire : c’est ridicule. On ne peut plus rien faire et donc on provoque pour provoquer et pour que çà bouge. Parler avec l’ennemi, c’est déjà perdre le combat.

– 3ème groupe.(Mgr Tissier, Suresnes) : ceux qui ont peur. Ils disent : d’abord c’est trop dangereux, Rome doit se convertir avant tout accord ou régularisation canonique. Un [supérieur / prêtre] français nous a dit : « Avant tout contact avec Rome, le pape doit se convertir, condamner Vatican II et consacrer la Russie à Notre-Dame. »

Analyse : Dans le fond, c’est un problème de crainte, de peur d’avoir des contacts. On va jusqu’à dire que, parce qu’ils sont modernistes, ils sont nos ennemis. Ces conditions [= la conversion préalable de Rome] sont idéales mais irréalistes. Jamais un chef ne se dédît d’un seul coup. Il faut le temps. Après le « scandale » d’Assise, Mgr Lefebvre n’a pas exigé du pape de s’excuser mais peu de temps après, il est allé vers lui à Rome. Il faut se référer aux paroles de Mgr Lefebvre en 82 aux Etats-Unis où il s’insurge contre ceux qui refusent le missel de 62 et mettent en doute la validité des sacrements. Mgr dit : « Je ne peux pas tolérer cet esprit sectaire, schismatique qui méprise le bien des fidèles. Ce n’est pas conforme à la pensée de l’Église. »

On peut faire le clonage avec la situation actuelle. On ne doit pas céder à la pression de ceux qui pensent comme ça, ne pas en faire un problème personnel mais se rappeler quelle est notre mission : [Il ne faut pas se leurrer, de fait.] si on coupe avec Rome on est sédévacantistes. La thèse de Mgr Tissier avec un pape pour deux Églises, c’est de l’ecclésiovacantisme et c’est irrecevable !

7ème conférence (sous forme de conférence interactive 20h30 — 22h30)

Pour comprendre le contexte historique de nos relations avec Rome, il faut voir une 1ère phase d’extension de la Fraternité, puis il y a eu les sacres, puis vient la phase des contacts avec Rome. Après l’an 2000, c’est Rome qui prend contact. 2000 c’est l’année du jubilé, l’année du pardon. Le Card. Castrillon Hoyos dit qu’une solution viendra très vite pour nous et il insiste, mais Mgr Fellay dit : « On n’a pas confiance, vous voulez nous faire rentrer dans les rangs. » La politique de la Fraternité consiste à attendre que Rome nous montre de la bonne volonté (libéralisation de la messe). Plus tard on rajoutera la levée des excommunications. A l’époque c’était impensable [que Rome soit digne de confiance / que Rome fasse une telle chose]. {Puis il y aura les discussions doctrinales pour montrer les vrais problèmes.]

Arrive Benoît XVI qui connaît très bien notre dossier. Déjà en 2002, il avait dit [au Dr Barth] : « La cohabitation de deux rites ensemble dans l’Église c’est impossible, il faut [donc « catholiser » / réformer] la nouvelle messe [sur la base de l’ancienne]. » [Le Motu Proprio est dans l’air] donc il y a le Chapitre de 2006 qui est très circonstanciel (comme l’ont été certaines encycliques il y a plusieurs centaines d’années et auxquelles on ne se réfère plus). Vous savez : on peut tout faire dire à Mgr Lefebvre si on reprend ses écrits, tout et son contraire parce que tout est lié aux circonstances. [Le Chapitre de 2006 manifestait qu’une certaine méfiance envers Rome était toujours présente. Vers la fin de ce Chapitre, un prêtre a glissé un mot sous la porte du Secrétaire pour plaider : « pas d’accord pratique ».] En 2006, personne ne pensait que le pape allait donner suite (aux préalables]. Le 7 octobre 2007, la pape fait son Motu Proprio. Mgr Tissier lui-même a dit ce jour là devant moi : « C’est une victoire, c’est le plus grand événement depuis le couronnement de Pie XII. » Et aujourd’hui la « pseudo-résistance » critique le Motu Proprio, c’est hypocrite, surtout quand on sait que le pape a [eu] toute la curie contre lui. [Bien sûr, le motu proprio n’est pas parfait.]

Ce Motu Proprio, c’est un préalable et le pape sait qu’on ne peut pas avancer plus vite. Au moment où le pape retire l’excommunication, il est attaqué par la curie et, dans nos rangs, il y a eu l’affaire Williamson. Ce [n’était / n’est] pas la peine, ni le moment de « critiquer le complot ». Si le pape avait su ce que pensait Williamson,il n’aurait pas levé l’excommunication il ne faut pas oublier que la pape était allemand et que ce sujet est très difficile pour eux). [Puis] Le pape dit : « Il faut discuter », et ça c’est un affront pour toute la curie et tous les évêques : le monde entier l’a compris, sauf nous ! Le 4 juin 2009, il y a une rencontre à Rome avec Mgr Fellay, l’abbé PF luger, l’abbé du Chalard. Le cardinal a été très gentil… (sic). Il nous a avoué que depuis longtemps, ils avaient un problème en interne avec les évêques.

[On n’a pas compris Vatican II : la liberté religieuse, le concile voulait seulement nous permettre de pouvoir aller en pays musulmans. Quanta Cura, etc., ce n’est pas là le problème. Après les discussions, on attend un résultat de ces discussions. [Mais en fait,] On nous propose un texte à étudier, à signer. C’est clair on ne peut pas signer mais on voit que Rome fait tout ce qu’elle peut, elle veut une solution, une régularisation de la Fraternité. Hoyos fait des propositions. Mais déjà à ce moment on rencontre une forte opposition dans la Fraternité. Il y a un petit groupe qui ne veut pas de contact avec Rome. Rome met la pression, exige une réponse avant fin novembre. Mgr répond qu’on ne peut pas donner suite et c’est une gifle à Rome.

Le Carmel a réagi et ce n’est pas noble comme attitude. A l’intérieur de celui-ci, ce sont des tensions, des déchirements, ça chauffe et tout çà c’est ridicule. Mgr Fellay est très hésitant non sur le fond mais quand et comment agir sans rompre de nous-mêmes avec Rome. En mars le secrétariat du pape nous fait savoir que le pape veut la régularisation malgré l’opposition de la curie, mais le fond du problème c’est que chacun veut sauver sa face : Rome avec Vatican II et nous avec les bêtises de Mgr Williamson. Le Cardinal Levada a dit : « Si vous ne signez pas, c’est parce que vous ne reconnaissez pas le pape. » Et Mgr Fellay ne veut pas prendre le risque d’une excommunication pour refus de reconnaissance du magistère. La lettre des 3 évêques, c’est une imprudence grave, ce n’est pas l’esprit de Mgr Lefebvre. De fait, un peu plus tard, Mgr de Galarreta s’est excusé de cette lettre en disant que s’il avait connu le contenu des documents de janvier (possibilité de critiquer) il n’aurait pas agi ainsi. Et ça bien sûr, ça reste entre nous, ne le mettez surtout pas sur internet ! (dit-il avec un petit air entendu).

Imaginez que le pape appelle Menzingen et que Mgr Fellay réponde « je ne suis pas disponible, appelez plus tard ». Ce n’est pas possible ! Et pourtant il est en face du problème de la Fraternité notamment avec ce discours ecclésiovacantiste de Mgr Tissier et donc on ne peut pas passer pour des sédévacantistes. Le texte [que le pape était sur le point de signer / proposé par la Fraternité] avait été trouvé plus exigeant que celui de Mgr en 88. Et pourtant le pape n’a pas signé malgré toutes les annonces qu’il a faites et la commission Ecclesia Dei devient plus exigeant, alors l’abbé Pfluger [?] demande au cardinal : « D’où vient cette nouvelle exigence ? » Réponse : « On était tous d’accord jusqu’au mois de mai mais après certains ont joué à faire pression sur le pape. » Surtout après ce que disait Mgr Tissier, « Le concile n’est pas un vrai concile » : le Cardinal Ladaria l’a rappelé au pape qui, c’est évident, ne peut pas se déjuger. Dans la Fraternité on est bien embêté, notre position n’est pas claire par rapport au concile, si on ne lui donne pas de valeur magistérielle. Alors nous ne sommes plus catholiques.

La pseudo-résistance : ces prêtres sont des gens [très déséquilibrés / imprudents], des cas. On a l’impression que c’est un état d’esprit. La question aujourd’hui n’est pas de faire confiance ou non, on veut nous imposer pour la situation actuelle, pour aujourd’hui, une prudence qui [est/fut] celle de Mgr Lefebvre en son temps, à son époque, dans ses circonstances. Ce n’est pas honnête.

Tous ces départs sont une purification pour la Fraternité et doivent être vus comme une grâce, même si ça fait mal parce que ce sont peut-être des confrères avec lesquels on s’entendait bien. Cette situation irrégulière de la Fraternité est peut-être une punition parce qu’elle s’est focalisée sur les erreurs, on a traité et on traite le pape comme un étudiant, on juge systématiquement les textes qui viennent de Rome, par principe et c’est très grave ! [On est presque content que l’Église soit bafouée, content de chaque erreur,] Depuis 2006 on a perdu [60 / 66] prêtres et ce n’est pas à cause de Rome, tandis qu’à la Fraternité St Pierre où ils sont environ 250, ils n’ont presque pas de départs. Il y a donc bien un problème. [Bien sûr qu’il faut maintenir notre ligne.] L’Église est humiliée, il faut être comme le bon samaritain, il faut l’aimer. On a idéalisé notre combat et c’est comme une obsession de taper sur les autres instituts [Bien sûr ils ne sont pas parfaits, mais nous non plus.] On comprend le pape qui critique le cléricalisme. On a rencontré des évêques, à Rome on nous appelle, et nous, on est content qu’à Rome ça va mal. Dieu ne peut pas bénir l’attitude de ceux qui ne veulent pas rentrer dans la bergerie parce qu’il y aurait un loup. [Un prêtre (évêque ?) de la Fraternité a même dit : « Même si les chapelles de la Fraternité se vident, ce n’est pas grave, ce qui compte, c’est que nous gardions la foi. »] La foi est au service de l’apostolat.

Le texte [d’avril] est circonstanciel, [minimum], il n’est peut-être pas top et certains disent qu’il est lamentable, on dogmatise son interprétation et on l’impose à Mgr Fellay. [Il a été vu par des théologiens de la Fraternité qui l’ont trouvé très bon. D’autres disent qu’il est lamentable, qu’il n’est pas catholique ! On dogmatise une interprétation, une opinion]

Il faut faire attention : dans nos propres rangs nous ne sommes pas tous d’accord sur la notion de magistère, il y a même 5 théories (Mgr Tissier, abbé Gleize…) Il ne faut pas dogmatiser et imposer une vue au supérieur. Certes il ne faut pas changer de position mais ce sont les circonstances qui ont changé. Ceux qui résistent au supérieur sont peu nombreux mais bornés, comme Chazal. En 2007, la théorie de Mgr Williamson c’était : « les décisions ad infra relèvent du Conseil mais dans ce qui est ad extra, cela est du ressort des évêques. »

Donc de fait tout le monde est [pape face au supérieur général/supérieur général]. Derrière cette opposition il y a d’une part la peur, d’autre part : « Rome ne nous intéresse pas. », [« nous sommes l’Église »].

Mgr Tissier ose dire : « Là où il y a la vraie foi, il y a l’Église. » Attention, c’est aussi ce que Luther a dit. Par rapport à la libération de la messe, on a reproché qu’elle a été classée en rite extraordinaire, mais c’est de l’hystérie de pinailler là-dessus ! Il faut être clair, ce n’est pas sérieux, çà devient un problème existentiel, qu’est-ce-que ça peut vous faire si Mgr Fellay écrit à Rome. [En 1988, Mgr Lefebvre n’a rien dit au Conseil de ce qu’il allait faire à Rome. Mgr Lefebvre a toujours gardé contact avec Rome, en demeurant ferme pourtant]

Nous sommes pleins d’un esprit de suffisance, nous avons tout, mais attention, par principe, Dieu n’a pas besoin de nous. La Fraternité va être purifiée des membres qui ne veulent pas de nous et c’est une grâce pour elle.

L’abbé Rioult, par exemple, je le connais bien, c’est un clown, il ne connaît rien et il juge de tout ! C’est gens-là, c’est plus fort qu’eux, il faut qu’ils jugent le pape. Ils focalisent sur les 5% qui vont mal, même si 95% de Vatican II est bon [?] : c’est de l’idéalisme. St Pie X dans sa réforme n’a pas agit ainsi, il n’a pas condamné tout le monde et viré tous les professeurs des séminaires, des universités ! Quelle bêtise de réagir ainsi ! Si certains ont besoin, qu’ils se rassurent, à Menzingen, on dit toujours l’ancienne messe (Rire général). Il faut faire attention à la grâce qui passe et ne repasse pas, comme dit St Augustin. L’heure est grave, il ne faut pas se ridiculiser devant l’Église, face au regard de l’Histoire.

Question d’un frère :

« Dans la Tradition, on est quand même gêné par ce qui va se passer au mois d’avril. Comment réagir ? »

Réponse :

Premièrement, ne pas se scandaliser. C’est, un autre concept de la sainteté par rapport à celui que nous concevons. Mais cela a toujours été comme cela dans l’Église, chaque pape a béatifié son prédécesseur ! Imaginez un prêtre qui passe son temps à critiquer le pape, Vatican II. Et alors ? Non, il faut continuer ! [Il faut parfois attaquer, parfois avancer, parfois… On ne peut pas passer son temps à attaquer. Il faut connaître, mais aussi expliquer la foi.]

Il est urgent de comprendre qu’il ne faut pas scier la branche. [Si un évêque donne dans son diocèse une église sans condition, on accepte ? Si le pape le fait, mais que nous avons garantie de pouvoir continuer le combat et d’être relativement protégés contre les évêques locaux, Mgr Lefebvre disait que nous pourrions accepter.]

Il faut laisser faire le Supérieur Général, il a assez de soucis comme cela ! Pour comprendre la situation, il faut voir que ceux qui sont contre, Notre-Seigneur en parle en disant : « Ils ont des oreilles et n’entendent pas, des yeux et ne voient pas (mais ne comprennent pas) ». [Il faut penser, s’attendre à ce que / Il est possible que] le pape reprenne contact avec nous, il est imprévisible ce pape ! Alors Mgr Fellay lui dira « Vous n’êtes pas pape » ?! Non, tout dépend de la situation. Vous savez, Mgr Lefebvre a toujours été un homme très pratique, très pragmatique, et il s’est toujours dit : « Si c’est bien pour l’Église, on prend, on fait ». [En I984, lors du motu proprio sur la messe, Mgr Lefebvre avait dit que c’était un pied dans la porte, alors que le motu proprio exigeait la reconnaissance de la nouvelle messe.]

Vous savez, on est [en face du / face à un] problème français. [Quelqu’un m’a expliqué :] Le Français a toujours été trahi, c’est un problème historique : Trahison par la Révolution, la Vendée, Léon XIII et le Ralliement, l’Algérie… Mais Léon XIII a été tout simplement réaliste par rapport à la République. Vous n’imaginez pas par exemple d’aller chercher votre essence chez untel parce qu’il est catholique, vous allez au moins cher. De même pour le choix du dentiste : c’est en fonction de l’urgence, des disponibilités et non pas celui-ci parce qu’il est catholique ! [Un jour, j’ai dit à l’abbé de Cacqueray : « Lorsque vous étiez dehors à Amiens, si l’évêque ou le maire vous avait donné une église, est-ce que vous l’auriez refusée parce que le maire est homosexuel et franc-maçon ? » Il faut être réaliste.] La réalité n’est pas en blanc et noir ! Il ne faut pas être simpliste comme Mgr Williamson. Ceux qui réagissent contre le Supérieur disent qu’ils mènent un combat pour la Foi. Non, en réalité c’est un combat de chacun pour son idée. Dieu ne peut pas bénir ceux qui répandent un tel mauvais esprit. Le problème aujourd’hui n’est pas le même qu’en 1988 [C’était alors un problème de conscience, cela se concevait.]. Aujourd’hui nous devons faire face à du mauvais esprit. Donc, que faire ? Avant tout, présupposer que le Supérieur veut le bien ! Quand ça va mal, quand la Foi est en danger, ça se voit !

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