L’abbé Simoulin : un esprit romain ou un simple plaisantin ?

simoulin danseL’abbé Simoulin, comme ancien directeur du séminaire d’Ecône et ayant assisté aux derniers instants de Mgr Lefebvre, fait partie, selon Ennemond-Jacques-Régis du Cray, des personnes « qui l’ont vraiment connu de très près et qui ont reçu le plus d’indications pour l’avenir». (Fecit, 14 mai 2012)

En effet, M. l’abbé Simoulin connaît si bien la pensée de Mgr Lefebvre, qu’il peut se permettre de censurer les textes du vénéré fondateur.

L’exemple qui suit suffira à mesurer le degré d’honnêteté de M. l’abbé Simoulin.

L’abbé Simoulin, dans Le Seignadou de septembre 2014, met en garde ses lecteurs : le « Monseigneur des batailles» ne doit pas occulter le « Monseigneur secret» qui est celui de la sainteté sacerdotale. Mgr Lefebvre n’était pas, selon notre homme, un « expert en condamnation de toutes les erreurs en vogue » mais un « apôtre de Jésus et de Marie. » Pour illustrer cette profonde spiritualité, M. l’abbé Simoulin donne en particulier deux exemples :

1) Les dernières conférences de Mgr Lefebvre aux séminaristes où les thèmes ne sont « ni la condamnations des erreurs modernes, ni le combat contre la nouvelle messe, ni la critique de Rome, du pape mais plus sacerdotalement de ‘quelques remarques liturgiques’ et des ‘dispositions pour l’apostolat’. »

2) L’Itinéraire spirituel de Mgr Lefebvre que « tous les fidèles possèdent ou devraient posséder et que tous devraient relire de temps à autre » avec « sa conclusion à ne pas oublier : La « Romanité » n’est pas un vain mot ».

Comme tout bon révisionniste se doit de le faire, allons maintenant à la source des documents voir ce qu’il en retourne exactement.

1) Les trois dernières conférences de Mgr Lefebvre

Nous ne voulons pas être trop long. Nous ne donnerons que quelques extraits de ces conférences d’une heure chacune. Mais le lecteur doit savoir que les citations suivantes, et qui sont du même ton, nous aurions pu en donner près de six pages pleines.

7 février 1991 : remarques liturgiques.

Mgr Lefebvre vient de parler de l’esprit qu’il faut avoir quand on traite des choses sacrées, puis ajoute :

« Voilà, je voulais aussi conclure les deux conférences que je vous ai faites pour la récollection parce que je vous avais donc exposé que bien des évêques et des prêtres, même avant le Concile, avaient déjà une foi bien diminuée. Mais je crois que maintenant ce n’est pas une foi diminuée qu’ils ont, ils n’ont plus la foi dans le surnaturel, dans la grâce, mais ils ont vraiment une autre religion maintenant, maintenant ils ont d’autres principes. Tandis qu’avant le Concile, c’était la perte tout simplement de la foi, de la foi surnaturelle ; ils employaient des moyens purement humains, ils en étaient venus à des expédients naturels et humains ; mais maintenant ils sont dirigés par d’autres principes, par vraiment une autre religion absolument. Et ça, c’est beaucoup plus grave encore parce que, là où la foi diminue on peut espérer qu’on pourrait la faire revivre, lui redonner vie, mais quand on remplace la religion par une autre religion, alors c’est beaucoup plus grave, alors ça a des conséquences considérables. Et c’est à cela que nous assistons actuellement. »

Mgr Lefebvre trouve aussi le temps du parler de « la vie du Cardinal Béa », « des B’naï B’right », « des Francs-maçons », de « la liberté religieuse », du « subsistit » et au sujet de cet innovation de Vatican II, il déclare :

« C’est blasphématoire. Quand on pense à toutes ces horreurs de religions, de sectes, et de toutes sortes de choses… Alors Notre-Seigneur serait à l’origine de ça, peu importe la manière dont se réalisent et dont s’appliquent ces pratiques, cet élan de l’âme vers Dieu ! C’est inouï, ça ! Alors, voyez, c’est exactement l’inversion de la doctrine catholique. »

8 février 1991 : recollection de février

Mgr Lefebvre parle « de la nécessité de la foi » pour un apostolat fructueux et sanctifiant. Sans cet « aspect surnaturel » on devient « des fonctionnaires de l’Eglise. »

« C’est ça qui a perdu le clergé français, et le clergé en général. Disparition de la foi, chez les évêques même, pas seulement chez les prêtres. Ils n’ont plus eu la conviction qu’ils agissaient comme instruments de Notre-Seigneur Jésus-Christ, voyez. Certes, ils se sont trouvés devant des difficultés considérables. Il suffit de lire les deux livres de M. Marteau : Les catholiques dans l’inquiétude et Les catholiques dans la tourmente, qui décrit la période anté-conciliaire, entre la guerre et le Concile ; il montre d’une manière extraordinaire cette disparition de la foi, pratiquement, cette catastrophe, dans les écrits des évêques, dans leurs lettres pastorales, dans leurs dispositions. »

Mgr Lefebvre évoque l’exemple « des prêtres ouvriers » qui finissent comme « chefs de la cellule communiste dans les usines, et mariés bien sûr, vivant en concubinage… abominable, lamentable, expérience désastreuse ! » pour en venir à l’époque actuelle :

« Voilà la différence qu’il y a entre le temps où je m’y trouvais et le temps d’aujourd’hui. Et ça c’est dans tous les domaines la même chose : ils ont perdu la foi. Ils ne croient plus à la grâce. Ils ne croient pas aux sacrements. Ils ne croient pas à la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ils ne croient pas à la vertu du Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à la vertu du Sacrifice de la Messe. Rien. Tout ça c’est fini, c’est fini, ça, c’est terminé ! […] Je vous invite à lire le gros article de fond de Si si No no qui a paru aujourd’hui sur le Cardinal Ratzinger. L’auteur de l’article, je ne sais pas qui parce c’est toujours des prête-noms, alors on ne sait pas, mais enfin, en tout cas l’article est très documenté, il en conclut : le Cardinal Ratzinger est hérétique ! […] Il met en doute qu’il y ait un Magistère qui soit permanent et définitif dans l’Eglise. Ce n’est pas possible. Il s’attaque à la racine même de l’enseignement de l’Eglise, de l’enseignement du Magistère de l’Eglise. Il n’y a plus de vérités permanentes dans l’Eglise, de vérités de foi, par conséquent plus de dogmes dans l’Eglise. Ça c’est radical, évidemment que c’est hérétique ! […] Comme disait Saint Athanase : – Vous avez les églises, nous on a la foi !… Eux ils ont les sièges épiscopaux, nous on a la foi ! C’est nous qui sommes catholiques, mais c’est évident ! […] c’est clair que cette foi qui diminue dans ces proportions a sa cause dans la perte de la foi chez les évêques et puis à Rome, c’est clair ! »

9 février 1991 : recollection de février

Mgr Lefebvre parle de « la prière » et de « l’humilité » pour accomplir le « ministère ». Puis il évoque ce qui suit :

« Le nombre de prêtres qui ont abandonné le sacerdoce énorme, énorme ! Et bien c’était que ces prêtres avaient déjà perdu la foi dans le sacerdoce. Moi, je l’ai bien ressenti quand j’ai été nommé à Tulle. […] J’étais persuadé qu’on pouvait faire quelque chose. Mais mon successeur a envoyé tout ça promener […]. Tous ces évêques qui ont été au Concile, et tous ceux qui étaient responsables, et même des cardinaux ; et bien les cardinaux, au début du Concile, je m’en souviens, c’était en 1962, nous avons eu une réunion à Bordeaux avec les évêques de la région parce que nous faisions partie du Sud-Ouest, avec l’Archevêque de Bordeaux, et il a été le premier à dire :

  • Il faut en finir avec la soutane, ça n’a pas de sens qu’on ait encore la soutane !
  • Quoi ? la soutane !
  • Mais oui, c’est évident. J’ai reçu une lettre du Cardinal de Lyon, et même du Cardinal de Paris qui ont dit : oui, il faudrait qu’on arrive tout doucement à faire comprendre aux prêtres, et partout, qu’il faut abandonner la soutane !

A ce moment-là, il y a eu un profond scandale de la part des évêques. Comment ces choses-là sont venues, je ne sais pas… Mais après, tout doucement, et bien oui après tout : ne plus se singulariser auprès des gens, être un homme comme les autres, le prêtre après tout est un homme comme les autres, et voilà, terminé… […] Et en Italie c’est la même chose. C’est le Pape Paul VI qui a exigé de l’assemblée italienne que les évêques parlent de l’abandon de la soutane. Les évêques ne voulaient pas en parler parce que c’était impensable, impensable… Il a exigé et puis c’est arrivé aussi, ils ont enlevé la soutane comme les autres… Invraisemblable ! Alors c’est un manque de foi, une disparition de l’esprit de foi, c’est sûr, c’est clair ! […] ils se sont mis au niveau du siècle. »

A la lecture de ses extraits, il est évident que Mgr Lefebvre n’était pas un « expert en condamnation de toutes les erreurs en vogue » et que malgré les thèmes sacerdotales de liturgie et d’apostolat abordés, il n’a ni condamné les erreurs modernes ni émis des critiques sur Rome…

2) L’Itinéraire spirituel de Mgr Lefebvre

L’abbé Simoulin concluait Le Seignadou de septembre 2014 par le texte suivant en gras noir. Le lecteur attentif pouvait remarquer la présence, à deux reprises, de trois petits points : « La Romanité n’est pas un vain mot» et « on ne peut être catholique sans être romain». Ces trois petits points ne sont pas dans le texte de Mgr Lefebvre (annexe 3 : Le choix providentiel de Rome, comme Siège de Pierre, et les bienfaits de ce choix pour la croissance du Corps mystique de Notre-Seigneur Jésus-Christ). Il s’agit en fait de coupures faites discrètement par M. l’abbé Simoulin.

Ces coupures sont-elles importantes ? Changent-elles le sens du texte original ?

Le lecteur jugera par lui-même. Pour mieux visualiser les phrases de Mgr Lefebvre omises par M. l’abbé Simoulin, nous les avons mises en rouge à la place qu’elles auraient dû prendre dans le texte du Seignadou. Pour lire l’abbé Simoulin, il faut lire uniquement le gras noir. Pour comprendre la pensée de Mgr Lefebvre, que le Seignadou occulte, il suffit de tout lire.

« La « Romanité » n’est pas un vain mot. La langue latine en est un exemple important. Elle a porté l’expression de la foi et du culte catholique jusqu’aux confins du monde. Et les peuples convertis étaient fiers de chanter leur foi dans cette langue, symbole réel de l’unité de la foi catholique. Les schismes et les hérésies ont souvent commencé par une rupture avec la Romanité, rupture avec la liturgie romaine, avec le latin, avec la théologie des Pères et des théologiens latins et romains. C’est cette force de la foi catholique enracinée dans la Romanité, que la Maçonnerie a voulu faire disparaître en occupant les Etats Pontificaux et en enfermant la Rome catholique dans la Cité du Vatican. Cette occupation de Rome par les maçons a permis l’infiltration dans l’Eglise, du modernisme et la destruction de la Rome catholique par les clercs et les Papes modernistes qui s’empressent de détruire tout vestige de « Romanité »: la langue latine, la liturgie romaine. Le Pape slave est le plus acharné à changer le peu que gardait le Traité du Latran et le Concordat. Rome n’est plus ville sacrée. Il encourage l’implantation des fausses religions à Rome, y accomplit de scandaleuses réunions œcuméniques, pousse partout à l’inculturation de la liturgie, détruisant les derniers vestiges de la liturgie romaine. Il a modifié dans la pratique le statut de l’Etat du Vatican. Il a renoncé au couronnement, refusant ainsi d’être chef d’état. Cet acharnement contre la « Romanité » est un signe infaillible de rupture avec la foi catholique, qu’il ne défend plus. Les Universités pontificales romaines sont devenues des chaires de pestilence moderniste. La mixité de la Grégorienne est un scandale perpétuel. Tout est à restaurer in Christo Domino, » Rome comme ailleurs. Aimons scruter comme les voies de la Providence et de la Sagesse divine passent par Rome et nous conclurons qu’on ne peut être catholique sans être romain. Cela s’applique aussi aux catholiques qui n’ont ni la langue latine, ni la liturgie romaine; s’ils demeurent catholiques, c’est parce qu’ils demeurent romains – comme les maronites par exemple, par les liens de la culture française catholique et romaine qui les a formés. C’est d’ailleurs faire une erreur, à propos de la culture romaine, que de parler de culture occidentale. Les juifs catholiques ont apporté avec eux de l’Orient tout ce qui était chrétien, tout ce qui dans l’Ancien Testament était une préparation et allait être un apport au Christianisme, tout ce que Notre-Seigneur a assumé et que l’Esprit saint a inspiré aux Apôtres d’utiliser. Que de fois les épîtres de saint Paul nous renseignent à ce sujet ! Dieu a voulu que le Christianisme, coulé en quelque sorte dans le moule romain, en reçoive une vigueur et une expansion exceptionnelles. Tout est grâce dans le plan divin et Notre divin Sauveur a tout disposé, comme il est dit des Romains, »cum consilio et patientia » ou « suaviter et fortiter »! A nous aussi de garder cette Tradition romaine voulue par Notre-Seigneur, comme Il a voulu que nous ayons Marie pour Mère. »

Tout le monde aura goûté l’esprit romain de M. l’abbé Simoulin, plein de « rigueur, finesse, souplesse… » (Le Seignadou, Juin 2014). Les trois phrases en rouge gras ne rentrant pas dans les cases du cerveau de M. l’abbé Simoulin, il a préféré les remplacer par trois petits points… Et c’est ce plaisantin qui fait la leçon à ce qu’il appelle la subversion.

Voici encore un passage qui dévoile l’individu :

« Si quelqu’un vous contrarie, commencez par oublier qui il est et qui vous êtes. Ensuite, il faudra isoler ce qu’il dit ou écrit de son contexte. Une phrase, une formule, un mot, voire un silence vous suffira. Si nécessaire, vous cherchez une autre formule, dite à un autre moment et dans d’autres circonstances. Mélangez le tout avec soin, et il n’y a plus qu’à disséquer telle proposition, l’analyser, la dépecer, l’éventrer pour y découvrir au fin fond de ses viscères les plus secrètes l’expression de cette trahison dont vous aviez besoin pour vous justifier, et que vous y avez cherché et que vous aurez réussi à introduire et à faire apparaître à force de tordre ces viscères innocentes. Avec de tels procédés, il est facile de faire d’un supérieur dont on est mécontent, un traître à sa fonction. Il est même possible de faire dire à Mgr Lefebvre ce que vous voulez qu’il ait dit» (Abbé Simoulin, Le Seignadou, Juin 2014)

Tel est le cas Simoulin : Un savant qui sait beaucoup de chose et un charlatan qui débite ses drogues sur les places publiques en exploitant la crédulité publique. M. l’abbé Simoulin connaît parfaitement les textes de Mgr Lefebvre mais il les censure pour les déformer. Ce personnage est malhonnête, abuse les âmes en pleine connaissance pour les empêcher de réaliser la décadence de la Fraternité Saint Pie X et la trahison de Mgr Fellay.

Et c’est avec un tel aumônier que les sœurs de Fanjeaux préparent leur pèlerinage à Rome ! Les pauvres ! Que les fidèles n’hésitent pas à révéler aux religieuses cette face cachée de leur aumônier.

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