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Le Baldaquin et ses rideaux

Tout le christianisme se concentre autour de l’autel qui est le point central et culminant de la basilique chrétienne. Là, nous participons au divin sacrifice en mangeant la victime.

Le baldaquin, qu’on appelait ciborium dans l’antiquité, est le couronnement de l’autel. Il se compose de quatre colonnes portant des voiles suspendus par des anneaux, et se finissait le plus souvent par une coupole surmontée d’une croix. Saint Jean Chrysostome, à la fin du IVe siècle, en parle à diverses reprises dans ses homélies : « Lorsque l’hostie céleste est sur l’autel, que Jésus-Christ, la brebis royale, est immolée… lorsque vous voyez qu’on tire les voiles et les rideaux de l’autel, imaginez-vous que vous contemplez le ciel qui s’ouvre et les anges qui descendent sur la terre. » Guillaume Durand, évêque de Mende († 1296), dans son traité de liturgie, atteste encore cet usage : « Dans quelques églises, pour représenter ce mystère, quand le prêtre commence la secrète on le couvre et on le voile avec des rideaux que l’on tire de chaque côté de l’autel. » 

Pour quelles raisons l’Église usa-t-elle de ce rite ? Quels liens existe-t-il entre les voiles du baldaquin, l’iconostase orientale et les jubés occidentaux ? Pourquoi cet usage a-t-il disparu peu à peu en Occident à partir du XIIIe siècle ? Peut-on le rétablir ? Si oui, comment le faire de manière organique et homogène ? Pourquoi fermait-on les rideaux juste avant la préface, pour ne les ouvrir à nouveau qu’au Pater ? Quelles relations ces usages liturgiques ont-ils, d’une part, avec les théophanies dans la nuée dont parle la Sainte Écriture et le voile du sanctuaire révélé à Moïse d’après un modèle, puis, d’autre part, avec « l’oblation que Jésus-Christ a faite de son propre corps » sur la croix, aujourd’hui présent sur l’autel mais caché sous les voiles eucharistiques ? Pourquoi saint Paul dit-il dans son épître aux Hébreux que « le Christ a inauguré la voie nouvelle et vivante pour nous à travers le voile, c’est-à-dire à travers sa chair… » ?

En répondant à ces questions, cet opuscule montrera aux lecteurs la beauté et l’importance liturgiques de ce rite millénaire tout autant que sa profondeur théologique.

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