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Voulez-vous comprendre les liens existant entre : la sollicitude terrestre, l’argent et son idolâtrie, l’inflation, le Système Capitaliste, le chômage, l’usure, la Haute Finance et le Système Bancaire moderne, le Crédit et les “krachs” boursiers, la “question sociale” du prolétariat, le Libéralisme opposé au Communisme comme l’avarice à l’avidité, la corruption, la guerre, l’État esclavagiste, l’esprit d’apostasie, le mondialisme politique transformé en Société Antéchrist sous la religion bâtarde d’un christianisme dévoyé… avec l’Évangile de Jésus-Christ qui est et demeure le souverain Maître de l’univers ? Lisez la magistrale synthèse de l’abbé Ceriani : en une douzaine de pages, fondée sur la pensée du Père Castellani, tout est expliqué aussi simplement que clairement !

par | Déc 10, 2022 | Abbé Rioult

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L’abbé Juan Carlos Ceriani (1954-…) a été ordonné prêtre en 1983 par Mgr Lefebvre. Il exerça son apostolat pour la FSSPX durant 21 années en Argentine puis durant 6 ans en France. En 2009, il publia une Lettre explicative de sa démission de la Fraternité Saint Pie X, où il expliquait comment la FSSPX, en raison de la politique de Mgr Fellay, était passé de l’opération survie en 1988 à l’opération suicide de (2004-2009).

Il est aussi l’auteur de plusieurs livres (dont Le Magistère Romain, le Père Meinvielle et la Liberté Religieuse), d’articles (La Civilisation chrétienne et la Révolution à la lumière des paraboles du grain de moutarde et du fort armé & Inégalité naturelle ou égalitarisme révolutionnaire ? ), de conférences (Le judaïsme à travers l’histoire & Le judéo-christianisme au cœur de la contre-église aux journées Jean Vaquié en 2006) et de plusieurs émissions spéciales de Radio Cristiandad sur la Théologie de l’histoire et la révolution antichrétienne. Il a aussi écrit plusieurs essais d’après les œuvres du Père Leonardo Castellani dont Le règne du Christ… que nous publions ici mais qui a été conçu en 2007, publié sur Radio Cristiandad en 2010, et qui synthétise de manière magistrale divers réflexions du Père Castellani issues de ses œuvres.

Les lecteurs de la sapiniere.info connaissent déjà le Père Castellani (1899-1981) depuis notre publication L’Apocalypse du Père Leonardo Castellani.

Pour réaliser cette brillante synthèse que vous allez lire, l’abbé Ceriani a particulièrement puisé dans les ouvrages suivants du Père Castellani : DECÍAMOS AYER, Editorial Sudestada. El Estado Servil, página 379 (1945); EL EVANGELIO DE JESUCRISTO, Ediciones Teoría (1959). Domingo Decimocuarto después de Pentecostés, página 302; DOMINGUERAS PRÉDICAS I, Ediciones Jauja Domingo de Septuagésima, página 51 (1963) ; DOMINGUERAS PRÉDICAS II, Ediciones Jauja Domingo Decimocuarto después de Pentecostés, página 253 (1964). LAS PARÁBOLAS DE CRISTO, Itinerarium (1960). Los Pájaros y los Lirios, página 76. Los Patrones Prudentes, página 117.

DE LA CHRETIENTE AU REGNE DU CHRIST
EN PASSANT PAR BABYLONE

Pour combattre en nous la sollicitude terrestre et ses funestes effets, Notre-Seigneur nous propose en exemple, dans une de ses paraboles, les oiseaux du ciel et les lys des champs (Matthieu 6, 24-33). Les oiseaux ne sèment ni ne moissonnent mais le Père Céleste les nourrit ; les lys ne travaillent ni ne filent, et cependant ils sont vêtus avec plus de munificence que Salomon lui-même.

L’homme justifie la sollicitude terrestre par cette objection évidente : « Il faut bien de l’argent pour vivre ! ». Malheureusement, cette sollicitude entraîne avec elle le désir des richesses et tout un cortège de maux innombrables.

Saint Paul nous dit : « Quant à ceux qui veulent devenir riches, ils s’exposent à la tentation, et tombent dans les pièges du démon : quantité de désirs inutiles et même nuisibles, qui précipitent les hommes dans la ruine et la mort. A la racine de tous les malheurs du monde, il y a l’amour de l’argent, et certains qui s’y sont laissés prendre, en sont venus à perdre la foi et se sont infligés à eux –mêmes beaucoup de tourments. » (St Paul, Timothée I,6,6-12)

L’avidité se tapit jusque dans les replis les plus secrets de l’âme humaine. Aussi le Divin Maître nous prévient-il : « Ne soyez pas esclaves de l’argent. Au contraire, méprisez-le ! ».

Il ne nous demande pas d’être imprévoyants, il nous demande seulement de vaincre en nous la sollicitude terrestre :« Ne vous inquiétez donc pas de ce que vous mangerez ou boirez demain car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. »

Pour s’affranchir de cette sollicitude qui est souvent à l’origine de l’avarice et de tant de maux, le chrétien doit utiliser tous les moyens, même les plus audacieux, comme par exemple « vendre tout ce que l’on possède afin de l’offrir aux pauvres ».

Pourtant, nous dira-t-on, nous ne sommes plus à l’époque de Notre-Seigneur. De nos jours, le monde connaît le chômage, la détresse, la pénurie de logements, la famine ; nous sommes détachés de l’argent par la force, puisqu’on nous l’enlève. L’Eglise doit-elle encore prêcher le détachement des biens terrestres et le mépris de l’argent ? Quand l’économie mondiale est en crise, avons-nous besoin de cet enseignement de l’Evangile ?

Or c’est justement parce qu’il y a de la famine qu’il faut prêcher cet Evangile. En effet, à la fin de la parabole, Notre-Seigneur conclut : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. ». Ce qui signifie : « Si vous ne cherchez pas d’abord le royaume de Dieu et sa justice, vous n’obtiendrez rien. »

Nous avons aujourd’hui de multiples occasions de vérifier la véracité de cette prédiction : la religion a été abandonnée, on a apostasié et les économies ont aussitôt commencé à chanceler, ainsi que les coutumes et les trônes…

DE LA SOLLICITUDE TERRESTRE A LA QUESTION SOCIALE

Jésus-Christ ne maudit pas l’argent ; mais le mauvais usage de l’argent, les mauvais riches et l’adoration de l’argent qu’Il appela « idole inique » ; idole, parce que nous l’idolâtrons ; inique parce que nous faisons à cause de lui des iniquités.

Jésus-Christ appelle l’argent inique car, comme le dit Saint Jean Chrysostome, « Dans le fond de toute grande fortune existe un crime ».

Jésus-Christ savait ce qu’est l’argent

Qu’est-il donc réellement ? L’argent est un « ticket », un billet.

En lui-même il ne vaut rien, il équivaut à un signe ; tous les biens terrestres sont représentés par de l’argent, mais si cela ne signifie pas une certaine quantité de propriétés, cet argent ne vaut rien, il n’a aucune valeur.

Et cependant, l’argent se vend, s’achète et se loue comme si c’était un bien au lieu d’être un signe.

Pourquoi ? Parce que, en plus d’être un signe, c’est un instrument ; avec l’argent je peux acheter des outils, et produire davantage de biens, ainsi que manger et me vêtir.

Actuellement on doit obligatoirement « investir » l’argent parce que, à cause d’une loi mystérieuse qu’a formulée, bien qu’il ne l’ait pas expliquée, le grand économiste génois Augustin Maria Truco, l’argent est toujours en train de se dévaluer, il perd de sa valeur d’une façon vertigineuse qu’on appelle « inflation », et celui qui le garde le perd.

En investissant son argent, l’homme entre dans le Système Capitaliste ; et dans ce système la main d’œuvre doit être la moins chère possible, et la masse ouvrière doit souffrir de nécessité, d’insécurité, c’est-à-dire de chômage, pour que celui qui possède l’argent puisse réaliser des gains.

Si je prête une houe, puis-je demander une location pour elle ? Oui, parce que je ne peux pas travailler pendant que l’autre l’utilise, et de plus la houe s’use.

Ceci s’appelle « intérêt » ou rente.

Mais si j’exige de l’emprunteur de la houe qu’il me donne tout ce qu’il a gagné en l’utilisant, prélevant seulement une petite somme afin qu’il puisse manger et continuer à travailler pour moi, est-ce juste ? Cela s’appelle « usure » et c’est la base du Capitalisme.

Si je monopolise toutes les houes qui se trouvent dans le pays, en les louant à qui je veux, et si je peux percevoir une location comme bon me semble, faute de quoi les emprunteurs mourront de faim… cela s’appelle la Grande Finance ou la Haute Finance ou le Capital Financier.

La Haute Finance est un pouvoir occulte et formidable qui opère par le biais du Système Bancaire moderne.

Le Système Bancaire moderne est basé sur une fiction, disons même une escroquerie, et elle ouvre la porte à d’innombrables et énormes escroqueries.

Prenons un exemple typique : La Banque d’Angleterre, modèle et maître de toutes les Banques.

La Banque d’Angleterre s’est fondée ainsi : le roi Guillaume III (1817-1890) avait besoin de 1.200.000 livres sterling. Un prêteur juif de Francfort du nom de Rothschild (c’est-à-dire écu rouge) les lui prêta.

Il les lui prêta à cette condition : le roi, en recevant cette quantité en or et en s’engageant à la rembourser à Rothschild, donna en même temps à celui-ci l’autorisation d’émettre et de prêter 1.200.000 billets. Ceci s’appela « l’actif Bancaire ».

De cette façon on voit clairement que l’argent s’est multiplié : que le roi a reçu 1.200.000 livres sterling en or et les a dépensés ; la Banque a disposé de 1.200.000 autres livres en billets, et elle a pu les prêter à d’autres débiteurs, tout en attendant les 1.200.000 livres en or que lui devait le roi.

Comme l’argent représente des biens et qu’il s’est multiplié, alors que, en réalité, les biens ne se sont pas multipliés, cela signifie qu’ils coûtent maintenant le double ou le triple…

Cette augmentation revient dans les coffres de Rothschild, et c’est le consommateur qui paie.

Ceci n’est rien encore, il reste ce qu’on appelle la « Réserve ». Les banquiers se rendirent compte rapidement que les gens qui font leur versement à la banque afin qu’on leur effectue des emprunts ou des échanges ne retirent pas tout, ou du moins pas tout de suite. 5 % ou 10 % du dépôt peuvent être demandés à la banque normalement, en comptant ce qu’elle reçoit habituellement.

Nous mettrons 20% pour plus de sécurité, dit le banquier ; par conséquent nous pouvons prêter 80%, c’est-à-dire nous pouvons prêter de l’argent qui n’existe pas. Cela s’appelle « Crédit ».

La banque prête et prend l’argent de l’emprunt non seulement pour tout l’actif qu’elle possède, mais pour quatre fois plus, pour de l’argent et des biens qui n’existent pas. En supposant qu’elle possède réellement 20 livres, elle fait un prêt de 100 livres, et touche des intérêts. Non seulement elle fabrique de l’argent, mais elle sort de l’argent irréel : « de l’argent fantôme ».

Pourquoi les banques peuvent-elles faire cela ? Parce que les gens sont persuadés que s’ils vont exiger leur argent à la banque, on le leur donnera. Mais c’est une erreur : Si tous les gens allaient retirer en même temps leur argent, la banque ne pourrait point payer ; ce serait la panique, un « krach » ; la banque ferait faillite et les clients perdraient totalement ou en partie leur argent.

On pourra objecter que maintenant les « krachs » ne se produisent plus car le gouvernement soutient les banques. Il soutient les banques en effet en les endettant davantage, c’est-à-dire sur le dos du contribuable ; nous payons ces escroqueries par le biais des impôts. La règle est : « la banque ne doit jamais être débitrice mais créditrice ».

Mais ne peut-on mettre un frein à ceux qui spéculent avec l’usure dans la Grande Finance ?

On ne peut pas actuellement. La Grande Finance est plus puissante que les gouvernements et les rois ; elle fait trembler les politiciens, et même peut provoquer, si elle veut, des guerres internationales.

La Grande Finance prête des capitaux aux industriels et aux chefs d’entreprises (capitaux sans lesquels les grandes entreprises industrielles ne pourraient se maintenir, de nos jours), et elle perçoit des intérêts usuraires.

Les industriels, pour ne pas être en déficit, répercutent naturellement ces intérêts sur les prix : les prix montent ; les gens n’ont pas de l’argent pour les payer et cela engendre pour eux la pénurie.

Pénurie au milieu d’un excès de production. Il devient alors nécessaire de détruire la production pour maintenir les prix. Il s’ensuit des guerres pour conquérir les « marchés », la « question sociale », l’inquiétude, l’amertume, l’angoisse…

Résumons les conséquences extrêmes du volontarisme moderne :

1°- la volonté de produire « à plein rendement », au lieu d’ordonner la production à la consommation, le moyen à la fin : avec pour conséquence que l’homme est subordonné à la production, l’homme est pour la production : c’est le Capitalisme.

2°- la volonté de planifier pour augmenter la production ; l’homme se trouve tenu de se soumettre aux modèles économiques prévus par la planification, et donc doit travailler en conséquence.

3°- la volonté pour une nation de dominer les autres : les marchés.

4°- la volonté de « faire de l’argent » sans limite : le profit pour augmenter le capital ; plus de capital, davantage de domination, davantage de production, davantage de profit.

5°- la volonté de détruire la production pour faire de l’argent, soit en renversant le vin et en brûlant le maïs, soit par ces grandes destructions collectives que sont les guerres.

6°- la volonté de détruire l’argent pour produire : le monopole arbitraire de l’argent, l’inflation, la déflation.

7°- la volonté de détruire et d’être détruit, qui est diabolique ; c’est-à-dire le suicide de Kirillof.

Mais pourquoi l’homme est-il livré de cette manière absolue et quasi religieuse à la technique ?

C’est qu’il y a là une racine religieuse : conquérir la terre c’est une mission pour l’homme. Dieu a mis l’homme dans le Jardin de l’Eden pour qu’il conquière, par un travail raisonnable et adapté à ses forces, toute la terre, et la transforme en Jardin de l’Eden.

L’homme a abandonné sa première relation, la relation avec Dieu, pour être livré avec fureur à sa seconde relation, à la relation avec la terre ; et il a préféré faire la tour de Babel.

Et ce qu’il a préféré ne lui a pas été refusé. Il a toujours en vue la tour de Babel… ; et il est permis de penser que, de nos jours, on est en en train de la reconstruire…

BABYLONE

Et nous sommes ainsi arrivés à cet état absurde : pénurie au milieu de l’abondance, pauvreté au milieu des richesses, famine au milieu de la surproduction d’aliments. Pénurie artificielle… et criminelle… C’est la tristement célèbre question sociale

Le problème politique et social le plus important de notre époque est l’existence d’un prolétariat.

Le prolétaire est la personne qui n’a, pour vivre, que son salaire, lequel peut en outre lui manquer à tout moment.

Il est dégradant pour l’âme humaine de tenir ses pensées attachées au souci du quotidien et à la crainte de l’avenir et de la misère alors que son intelligence lui a été donnée pour s’instruire, s’élever et contempler.

Ce qui perturbe le plus le prolétaire actuel c’est sans doute davantage l’insécurité que le manque d’argent lui-même. La pauvreté est une bénédiction, parce qu’elle est un Purgatoire ; mais la misère est un Enfer.

Cet état de millions d’hommes résulte d’une disposition de l’économie qui favorise la réunion des moyens de production en un petit nombre de mains, et ceci est appelé le Capitalisme.

Ce problème est tellement important que la guerre la plus importante de l’Histoire a été provoquée par lui… et cela se reproduira encore…

Le Capitalisme est un ordre instable qui devrait nécessairement disparaître, parce qu’il est impossible à l’homme de vivre dans ces conditions terribles, en plein milieu des guerres mondiales, des guerres civiles, des luttes de classes et des essais de solution comme le Fascisme et le Communisme.

Les illusoires « libertés » du Libéralisme ont été balayées par l’« économie ».

Au cœur du Capitalisme on trouve l’usure a dit Léon XIII ; et au coeur du Communisme la vengeance et le ressentiment.

Et l’univers est aujourd’hui menacé par une immense guerre entre les mauvais riches et les mauvais pauvres; c’est-à-dire ceux qui, les uns comme les autres, « servent les richesses », comme a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ.

A cause de l’avarice et de l’avidité, aujourd’hui, des milliers d’hommes meurent de faim. L’avidité et l’avarice en Occident ont été méthodiquement érigées en système économique et politique ; et ce système a été remplacé par un autre système pire encore dans l’Est.

Les mauvais effets du Capitalisme, nous les connaissons tous puisque nous en souffrons : depuis l’inefficacité des gouvernements enchaînés par le pouvoir de l’argent jusqu’aux grandes guerres modernes.

Mais les causes de ces maux, de ces mauvais effets, tous ne les voient pas, car elles ne sont en effet pas faciles à reconnaître. Elles ont été étudiées dans les Encycliques Sociales des Souverains Pontifes, dont la première, « Rerum Novarum » de Léon XIII, est sans doute la meilleure, la plus brève et la plus claire. Dans un seul paragraphe il énumère les maux du Capitalisme, sans utiliser ce terme qu’a utilisé plus tard Pie XI, mais tout est là :

─ ce que le Capitalisme a engendré, à savoir la destruction des anciennes corporations, la laïcisation des États, l’accumulation des richesses entre les mains de quelques-uns, la ruine des petites industries et du commerce pour faire place aux monopoles ;

─ le fond de toute cette organisation est l’usure, non l’usure superficielle de ceux que nous appelons avec dédain usuriers, mais l’usure de fond de ceux que nous appelons avec respect « financiers »

Cette usure de fond nous pouvons la résumer en trois opérations principales :

D’abord, faire passer l’Argent comme producteur, alors qu’il est seulement un instrument du Travail.

En effet, l’Argent est un instrument par lequel on achète machines et matières premières ; mais sans le Travail il ne peut rien produire.

Un poirier produit des poires et une vache produit des veaux ; mais la monnaie n’engendre pas de monnaie : celui qui produit c’est le travail.

Le Capitalisme a provoqué l’inversion de cette relation, il a fait du travailleur un instrument et du Capital le producteur, lui attribuant tout le profit, et donnant au travailleur seulement le nécessaire pour qu’il vive ; et de nos jours, on a tout organisé pour que les travailleurs se tiennent tranquilles ; cependant ils ne restent jamais tranquilles parce que beaucoup d’entre eux sont des mauvais pauvres

Deuxièmement, convertir le Travail et l’Argent en marchandises, et commercialiser non seulement avec l’Argent mais aussi avec le Crédit, qui est l’ombre de l’Argent.

Ce processus a une longue histoire, beaucoup plus complexe que ce qui en est dit ici, mais ceci en est le fond.

Après qu’il a obtenu d’acheterle Travail, le Capitalisme a commencé à vendre l’Argent, parce que l’argent est devenu une chose vivante qui engendre de l’argent. Et pire encore, il a fini par vendre l’ombre de l’argent, c’est-à-dire le Crédit : vendre de l’argent qui de fait n’existe pas.

Sont apparues alors toutes ces tromperies et escroqueries, que nous ne pouvons même pas comprendre : étranglement du marché, affolement du marché, manoeuvres avec les valeurs, spéculation, etc., tout çà par la main des Bourses, des Banques et des grands Prêteurs et Chefs d’entreprise ; tromperies et escroqueries qui sont accompagnées des crimes politiques, le tout condensé en un seul mot : la Corruption.

On reste abasourdi par la quantité de crimes occultes que couvre ce brillant rideau appelé « les Grandes Affaires ».

Troisièmement, s’approprier, occultement ou non, les ressorts du pouvoir public afin de maintenir en pied ce système financier rigoureusement organisé.

Et la guerre devient, elle aussi, nécessaire : la lutte de classes entre les patrons et les travailleurs, la lutte entre les patrons eux-mêmes, la concurrence entre les grands monopoles et les grandes Banques, et enfin la guerre entre les nations, ou mieux encore entre les Continents complets, situation que nous connaissons déjà.

Il est vrai que dans ces guerres mondiales interviennent d’autres facteurs parce que ce sont aussi des « guerres religieuses », idéologiques, hérétiques ; mais à la base de tout cela se trouve ce vice misérable de l’avarice et de l’avidité de l’argent.

DERNIERE MANIFESTATION BABYLONIENNE : L’ÉTAT SERVILE

La sollicitude terrestre, passant par le Système Capitaliste et le Système Bancaire, nous a conduit à cet état absurde de pénurie au milieu de l’abondance…, la célèbre Question Sociale

La Question Sociale est difficile, justement parce qu’elle est complètement « sociale » ; elle ne concerne pas seulement les patrons et les travailleurs, ou les employeurs et les employés, mais toute la société, même le clergé.

Qui pourra solutionner cette grave question ? Seuls le Christ et son Église … ou l’Antéchrist mais par le biais d’une fausse solution…

La Question Sociale provoquée par le Capitalisme a une seule solution : la traditionnelle, la catholique. Le démon, lui, offre deux subterfuges : le détour socialiste et le tournant étatiste.

La révolution socialiste considère la propriété privée comme un mal en lui-même et propose de la convertir toute ou presque toute en « Propriété Publique », c’est-à-dire mettre les moyens de production (terre et capital) entre les mains de politiciens qui les administrent pour le bien de tous.

La solution traditionnelle considère comme un bien la propriété privée, et un mal son morcellement indéfini (minifundium = petite propriété) et son accaparement entre les mains d’une minorité de millionnaires et d’une minorité de monopoles irresponsables et antisociaux.

Cette solution tend à casser la roue infernale de la prolétarisation par l’apparition d’une nation de propriétaires. Durant un long temps cela a existé et le monde n’a jamais été plus heureux. De ce temps-là toute notre civilisation tire son origine.

Il existe une troisième proposition, qui est en train de se réaliser toute seule ou par la force des choses, et qui consiste à fournir au prolétariat sa sécurité au prix de sa liberté, sans toucher le latifundium ; c’est-à-dire tendre vers l’État Servile ou esclavagiste dans lequel a été le monde pendant des milliers d’années avant l’avènement du Christianisme, et encore beaucoup d’années après.

L’actuelle société redevient païenne, et par conséquent réapparaissent en elle les grossiers problèmes du paganisme à tous les niveaux.

Les païens ont résolu la question sociale au moyen de l’Esclavage ; et la société moderne s’achemine de nouveau vers l’esclavage, un esclavage dissimulé, appelé par Belloc l’« État Servile ».

Le monde moderne a entendu largement les paroles du Christ, et il ne les a pas mises en œuvre ; et de là proviennent les « bidonvilles », « les taudis », ou « les zones » des villes modernes ; état que n’ont pas connu les villes d’autrefois. De là proviennent encore beaucoup d’autres ruines et catastrophes.

L’ancien ordre économique chrétien a été détruit ; et l’économie, attisée par l’avarice, est devenue folle ; et la politique a perdu un rouage, sinon tous.

Le monde a commencé à se débattre dans des conflits universels et… apocalyptiques tant il est exact que « la ruine a été énorme ».

En effet, deux systèmes économiques, qui sont aussi politiques et même religieux (c’est-à-dire anti-religieux), le Capitalisme et le Communisme, se sont combattus avec toutes les armes pendant des décennies pour imposer au monde leur forme propre ; laquelle est difforme, parce que l’un se base sur l’abus de la propriété privée, et l’autre sur son élimination.

Entre les deux est apparu un troisième système, le « Néocapitalisme yankee », qui est une combinaison faussaire des autres.

Ce Néocapitalisme prétend qu’avec l’acquisition des « actions d’usines » les travailleurs deviennent des propriétaires et que son niveau de vie est le plus haut du monde ; il prétend dépasser ainsi à la fois le Capitalisme et le Communisme.

La réponse est évidente : les travailleurs deviennent propriétaires sans vote effectif, c’est-à-dire qu’ils sont des non-propriétaires ; parce que le véritable propriétaire est celui qui peut diriger ce qui lui appartient et commander dans ses propres affaires. De plus le haut niveau de vie des Etats Unis est obtenu au prix du bas niveau de vie d’autres nations ; Yankeelandia de nos jours transfère son inflation propre à d’autres nations nigaudes.

Ce qu’on appelle Néocapitalisme est un phénomène curieux, un mélange produit par la pression des deux autres systèmes dont le résultat peut être appelé (crûment) Asservissement Paternaliste du Pauvre.

Avec ce système le travailleur industriel est réduit à l’« état servile » de l’esclave des temps païens, mais d’une manière raffinée et dissimulée : il obtient la sécurité au prix de sa liberté.

C’est comme si le Patron disait : « Tu auras la subsistance toute ta vie ; hôpital, dentiste et cinéma ; mais tu travailleras pour moi toute ta vie ; pour moi et non pas pour un autre ; là où je te placerai et non là où tu désires. Mes Parlements vont faire pour toi une merveille de Lois Protectrices du Travailleur, et ma femme sera membre de la Société de Dames Capitalistes Protectrices du Fils du Travailleur »…

C’était justement la condition de l’ancien esclave, lequel n’était pas maltraité généralement ; au contraire, il était soigné comme une chose de valeur, comme un boeuf ou un cheval.

C’est un État dans lequel les travailleurs (y compris les intellectuels) sont assurés de leur subsistance en échange de leur liberté, à savoir, en travaillant forcément toute sa vie au bénéfice des maîtres.

Le monde moderne se dirige vers cet état de choses : la « condition servile ».

En somme, le résultat de la liquidation du Capitalisme devrait conduire, nécessairement, à une de ces trois choses : soit le Communisme, soit la Propriété, soit l’Esclavage.

C’est-à-dire, en termes historiques, que le monde n’a pas d’autres solutions que de retourner au Paganisme, ou de retourner au Christianisme, ou de tomber dans un Société nouvelle, actuellement en essai, qui pour un croyant ne peut pas être autre chose que la Société de l’Antéchrist.

L’état légal d’esclavage a déjà commencé dans le monde sans que celui-ci s’en rende compte, exception faite pour les esprits les plus pénétrants. Il existe déjà, non pas sous le nom d’esclavage qui répugnerait à nos atavismes chrétiens, mais sous les noms sympathiques de Réformes Sociales ou Lois Ouvrières.

La situation du travailleur actuel tend à devenir pire que celle de l’ancien. Le serf travaillait toute sa vie au bénéfice d’un autre en échange de la sécurité, de la subsistance et avec la possibilité de la manumission ou affranchissement légal.

Le travailleur moderne, par contre, manque en fait de ces deux derniers avantages. La liberté politique qu’on prétend lui avoir donnée actuellement est complètement illusoire : il n’y a pas de véritable liberté politique, ni de dignité humaine sans, de quelque manière, une propriété.

Ces principes permettent de juger avec assurance les prétendues réformes sociales que les éminents spécialistes en questions sociales nous présentent comme de grandes nouveautés.

Il n’est pas difficile de les juger : si elles conduisent à la redistribution de la propriété et la multiplication des propriétaires, elles sont bonnes ; dans le cas contraire, elles sont mauvaises.

Des augmentations de salaires, assurances sociales, caisses de retraites, arbitrage obligatoire, salaire minimal, sanatoriums obligatoires, dentistes gratuits, bourses de travail, etc., de soit ne touchent pas le problème du prolétaire ; mais si elles le touchent aux dépens de sa liberté, elles sont alors nuisibles parce qu’elles le conduisent à la pire des solutions, c’est-à-dire au rétablissement légal et dissimulé de l’ancien esclavage.

Il faut donc dire aux travailleurs ce qu’ils saisissent déjà instinctivement, à savoir : que la retraite est une escroquerie, que les assurances sociales sont une tricherie, et les augmentations de salaires une pantalonnade.

Les véritables progrès sociaux sont ceux qui amènent la liberté de contrat, la liberté d’association corporative et le droit de grève complétés par une éducation morale des masses qui leur permette de jouir de ces libertés sans en abuser.

SOLUTION CHRETIENNE A LA QUESTION SOCIALE

Si le Christpeutrégler la question sociale, pourquoi ne la règle t-il pas ? Le Christ l’a déjà réglée en venant au monde, en prêchant sa doctrine et en mourant pour elle.

Durant les dix siècles de Chrétienté européenne on ne mourait pas de faim, il n’y avait pas de désoeuvrement, de misère, tout le monde était content à sa place, le paysan n’enviait pas le Roi, au contraire les Rois saints enviaient les paysans.

S’il y avait de la misère et de la famine c’était de façon accidentelle, à cause d’une peste ou d’une invasion des barbares qui brûlaient, détruisaient, pillaient et qui, à la fin, étaient vaincus. Mais il n’y avait pas de misère comme maintenant, en vertu des structures sociales ; maintenant c’est la peste continuelle et l’incendie permanent.

Le Christ ne la règlera-t-il pas de nouveau ? Peut-être, nous ne le savons pas. Cela dépend de nous, et en grande partie de la conversion de l’Europe au Christ.

Le blasphémateur Renan a dit : « le Christ n’a pas donné de solution à la question sociale parce que sa préoccupation était de sauver les âmes individuelles, pas de réformer la société et de faire de la politique non plus ; car son tempérament utopique de paysan Galiléen ne percevait pas les conditionnements sociaux ni les problèmes collectifs » (Vie de Jésus).

Cette idée est une erreur. Dans la doctrine que Jésus enseigna par la Parabole des oiseaux et des plantes se trouve la solution de la célèbre « question sociale ».

Le problème social de la lutte des classes pour l’argent disparaîtrait si la société réussissait à dire à ses membres les paroles de Jésus-Christ : « ״Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez ; ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez״ : la communauté s’occupera de cela. Servez la Patrie librement comme un bon chevalier et la Patrie s’occupera de vous comme une mère…. »

Il semble qu’il y a ici un cercle vicieux ; car ni la société ni l’individu ne peuvent faire avec assurance le premier pas. L’individu doit-il attendre pour être en confiance que la société soit parfaite ?… Or elle ne peut l’être si ses membres ne le sont pas déjà… Il semblerait donc que nous sommes en pleine utopie.

Mais Jésus-Christ a déjà brisé ce cercle en invitant les plus fervents, les plus spirituels, les plus courageux à renoncer à tout hardiment, par pur amour de Dieu, pour l’imiter lui, sans assurance préalable, sauf celle de la Providence, à leurs risques et périls, « à s’embarquer en canots gîtés », selon Kierkegaard.

Jésus-Christ lança sur la brèche une petite phalange de héros, lesquels vivant volontairement dans la pauvreté : 1) prouvent qu’il est possible de vivre « comme les oiseaux du ciel et les fleurs des champs », 2) incitent par leur exemple les autres au détachement et à la confiance, 3) vivent avec le minimum, offrent le surplus aux autres ; laissent en fin de compte la plus grande marge de biens temporaires à l’humanité en général, car paradoxalement nul ne peut donner plus que celui qui possède peu.

Sur ces deux points, au commandement de fuir la sollicitude (mère de la peur, de l’avarice, l’exploitation du travail d’autrui) et au conseil de la pauvreté volontaire, s’ajoute le « vae vobis divitibus », c’est-à-dire les terribles anathèmes du Christ à la richesse et aux riches.

En rendant suspectes et dangereuses les richesses superflues, le Christ oppose à leur terrible attraction naturelle le contrepoids religieux ; il facilite de cette façon leur juste distribution, dans la mesure du possible, et malgré la nature humaine blessée par le péché originel.

Ces trois formidables leviers ont créé lentement dans la Chrétienté ce qu’on appelle aujourd’hui « justice sociale », aussi bien dans la pratique que dans la théorie ; et suscitèrent de solides institutions (clergé, noblesse, bourgeoisie et université) qui allaient peu à peu se rapprocher de l’idéal de la Société prenant soin de ses membres.

Si de nos jours, alors que l’Etat est l’un des premiers exploiteurs, cela nous semble du pur lyrisme, la faute ne vient pas de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; les catastrophes que nous avons vues et celles qui nous menacent ont confirmé la valeur de chacune de ses paroles.

Quant à la solution traditionnelle, il est très difficile pour elle de jouer un rôle dans le monde moderne égaré, pour la simple raison que les deux autres solutions sont sur la ligne de moyenne résistance et sont plus faciles puisqu’elles sont fausses : afin de redresser celui qui se trouve dans le fossé, il faut sangler, et afin de l’enfoncer entièrement il suffit de pousser un peu.

Etant donné que la perte de la Foi fut ce qui facilita en Europe l’arrivée du Capitalisme et ensuite son orientation vers l’Etat Servile, cette solution traditionnelle est impossible sans une résurrection préalable ou simultanée de la Foi, avec un rétablissement de l’Eglise.

Pour le théologien toutes ces questions sociologiques si compliquées sont très simples, il les règle avec un texte : « Personne ne peut servir deux maîtres. En effet on ne peut servir à la foi Dieu et l’argent. »

L’alternative que mit le Christ au service de Dieu fut l’esclavage aux richesses. Il ne parle pas de la luxure, l’excès, l’ambition, la paresse… ; l’autre Maître, fatal et nécessaire, c’est Pluton

LE REGNE DU CHRIST

Ainsi donc, la Chrétienté arrêta de servir Dieu et tomba sous le joug de l’avarice, de l’usure, du dividende, du « Mauvais Riche » de l’Evangile.

Quelques nations aujourd’hui ont simplement liquidé Dieu en acceptant tranquillement comme maître l’argent, c’est à dire le sang du pauvre, le sang du Pauvre des Pauvres, vendu pour 30 deniers ; et le plus terrible est que jusqu’à ce jour ce petit commerce continue et marche bien…

D’autres nations, par contre, hésitent encore entre les deux maîtres. Ne croyez surtout pas que c’est la meilleure solution. Monseigneur Claudio avait raison lorsqu’il répétait avant de mourir, en parlant des catholiques libéraux : « Celui qui allume une bougie pour le diable, allume une bougie pour le diable ; mais celui qui allume une bougie pour Dieu et une autre pour le diable, allume trois bougies pour le diable. »

Il est très curieux de constater que lorsque les Etats devinrent virtuellement athées et dirent « La religion est une affaire privée », l’irréligion se transforma en affaire publique ; et lorsque les Rois dirent à leurs sujets qu’ils « n’avaient pas à penser au salut des âmes », ils eurent à penser au salut de leurs têtes couronnées…

Le capitalisme théorique (d’Adam Smith ou de Bentham) prétendit convertir le monde en un Eden grâce à l’abondance obtenue par la superproduction. On ne peut nier que ceci est le meilleur moyen afin d’obtenir la plus grande production, mais ce n’est pas la même chose que le plus grand bonheur collectif humain.

Le Capitalisme a échoué parce que deux Guerres Mondiales, une guerre internationale latente (guerre froide), une autre guerre chaude qui se prépare et terrorise le monde, et la guerre civile permanente de « la lutte des classes » lui ont donné un démenti comme une gifle.

Dans les années 1945-1988 le point culminant de la vie politique du monde était un bras de fer diplomatique entre la Russie et les Etats Unis, avec la menace d’une énorme guerre ; c’était la rivalité entre capitalisme et communisme, ces deux grands mouvements mondiaux. C’était donc le libéralisme en opposition avec son fils le communisme.

Le modernisme les unit, les fusionne à l’alliage religieux …. C’était prévisible et même probable, au moins pour l’observateur clairvoyant, que le communisme ne se convertirait pas, mais fusionnerait avec le libéralisme et le modernisme, afin de former la tresse de l’Antéchrist.

Walter Rathenau occupa le Ministère des Relations Extérieures d’Allemagne en 1922 et peu de temps après il fut assassiné par deux officiers de la marine qui le tenaient pour la plus grande expression allemande d’un équilibre entre la machine financière et le communisme.

En 1909 Rathenau écrivit : « Trois cents hommes, qui se connaissent tous entre eux, dirigent le destin économique du Continent et se cherchent des successeurs qui les entourent. » Et lorsqu’il y eut les conversations de paix à Versailles, à la fin de la Première Guerre Mondiale, il exprima sans détour quelle est la nature de « l’ordre » qui prétend instaurer la Machine Financière : « plus de nation, plus de frontières, plus d’armées… Ainsi s’achèvent l’hérédité, la richesse, les différences de classe…Il n’y a plus de patrie, de pouvoir et de culture…Les nations doivent se transformer en société anonyme, dont l’objectif essentiel sera de “satisfaire abondamment les nécessités de l’individu” ; des sociétés dans lesquelles la propriété sera totalement dépersonnalisée et où les collectivités humaines obéiront à une autorité supérieure plus puissante que tous les pouvoirs exécutifs, puisqu’elle disposera de l’administration économique du monde. »

Ce projet ne peut réussir sans l’aide d’une Religion universelle bâtarde. L’Apocalypse (18, 9-24) montre qu’une Grande Ville, somptueuse et prostituée dominera le monde en vertu du pouvoir de l’argent et d’une Religion falsifiée, disons sans crainte, d’un christianisme adultéré.

La Grande Babylone apocalyptique possède les traits propres du Capitalisme : la principauté des marchands qui sont ceux qui réellement gouvernent de nos jours en cachette et par tromperie ; les sorcelleries de luxe, le plaisir et le confort qui éblouissent les masses ; et à la fin, quand c’est Dieu lui-même qui blesse, l’homicide, la guerre et la persécution comme moyens de se soutenir…

La Grande Babylone ira à sa perdition lorsque son iniquité se sera élevée jusqu’au trône de Dieu, c’est-à-dire lorsqu’elle aura placé la religion à son service.

L’argent est aujourd’hui le Maître du Monde… Lorsque l’argent commande dans une société, c’est signe que le Diable a pris possession du monde… « Tout ceci est à moi, je te le donnerai si, prosterné, tu m’adores. »

La révélation de saint Jean nous présente dans son Apocalypse la consommation du mystère de la Babylone politique. Après que Satan eut été jeté sur la terre et eut amorcé la grande tribulation, sachant qu’il lui reste très peu de temps, Saint Jean vit surgir de la mer une Bête avec 10 cornes et 7 têtes, semblable à un léopard, ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion : l’Antéchrist.

Selon saint Jean, le mystère de l’Antéchrist est l’esprit d’apostasie de ceux qui auparavant avaient la foi et nient désormais la Venue du Christ sous forme humaine, soit dans le passé, soit dans le futur.

Cet esprit d’apostasie, possédé par beaucoup, culminera en la personne de l’Antéchrist. En lui se concentrera et se consommera le mystère de Babylone, tant en son aspect religieux qu’en son aspect politique, puisque son règne apostat sera soutenu par un empire politique qui maîtrisera le monde entier.

Ce mystère d’une Babylone allégorique semble être le paroxysme du mystère de l’iniquité révélé par saint Paul dans Thessaloniciens, II 2, 7, se référant peut-être à un pouvoir installé là comme capitale du monde avec peut -être des apparences de piété comme le Faux Prophète.

Dans l’Apocalypse ont été signalées avec beaucoup de clarté une grande puissance politique et une grande puissance financière en la personne de la Grande Prostituée, qui signifie la religion adultère.

La puissance politique est indiquée par la Bête rouge avec ses 7 têtes et 10 cornes qui représentent un grand empire païen et satanique : c’est la Bête qui surgit de la mer.

La puissance financière est représentée non seulement par l’or et les gemmes qui couvrent la Prostituée, mais surtout par les pleurs de tous les négociants de la terre lorsqu’elle est détruite. C’est donc une ville financière capitaliste : l’empire et le centre du capitalisme mondial.

La Grande Prostituée représente trois choses concrètes qui seront, et ont déjà commencé à être une seule et même chose, trois choses qui, par conséquent, s’impliquent mutuellement : 1) la dernière hérésie, 2) la cité où cette hérésie aura sa tête, 3) l’empire que cette cité gouvernera, l’empire “phénicien” [dont la vision du monde est dominée par l’économie, et, en dernière analyse, réductible à celle-ci (note de lasapiniere.info].

La fornication signifie la religion idolâtre de l’Etat, qui se convertira ensuite en la religion sacrilège de l’Antéchrist. Les mots fornication, adultère, prostituée, débauche et autres sont répétés plus de 100 fois chez les anciens Prophètes dans le sens de l’idolâtrie, et appliqués seulement à Jérusalem, jamais à Ninive, Babel ou Memphis. Israël est l’épouse de Dieu…

Quelle ville est-ce finalement ? Nous ne le savons pas : ses caractéristiques ne s’appliquent pas aux cités actuelles. Les indications que saint Jean nous donnent sont : 1) une ville capitaliste avec un pouvoir mondial, 2) un port, 3) la tête ou le centre d’une religion falsifiée, idolâtrée ou politique.

La femme opprime la Bête et ne l’apaise pas ; mais les dix cornes (ou roitelets) la détruisent en un jour et mettent tout leur pouvoir au service de la Bête.

Ils détesteront eux-mêmes la Prostituée qui avait été l’objet de leur passion et déploreront sa chute par la suite. Nous voyons ainsi combien Dieu se sert de ses propres ennemis afin de réaliser ses plans ; et malgré tant de méchanceté, il sortira de tout ceci un immense bien, c’est-à-dire la chute de la Grande Babylone.

De cette façon cette puissance anti-chrétienne dans l’ordre spirituel périra des mains de l’autre force anti-chrétienne de l’ordre politique, laquelle, à son tour et avec tous les roitelets alliés, sera détruite finalement par le Christ.

« Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande autorité ; et la terre fut éclairée de sa gloire. Il cria d’une voix forte, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux, parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, et que les rois de la terre se sont livrés avec elle à l’impudicité, et que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe. » (Apocalypses, 18, 1-3)

Le Règne est encore futur ; et le « jour du Seigneur », c’est-à-dire le Règne du Christ, ne viendra pas avant que la terre ne découvre l’apostasie et que ne se manifeste le fils de la perdition qui arrivant à s’asseoir au lieu Saint se proclamera lui-même Dieu, se faisant adorer par tous les habitants de la terre dont le nombre n’est pas inscrit dans le livre de la Vie.

Et alors, seulement alors, viendra Jésus comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs et il tuera l’inique avec son haleine.

Cette soudaine apparition du Christ au milieu de cette nuit d’épouvantable apostasie et de désolation sera comme la pierre vue par Daniel qui soudain se détache du ciel heurtant les pieds de la statue, c’est-à-dire les dix rois de l’Apocalypse.

La destruction de l’Antéchrist marquera le triomphe de l’Eglise et le commencement de la manifestation des fils de Dieu dans le Règne de Jésus-Christ.

Abbé Ceriani,
2007.