François, par son Exhortation “Amoris Laetitia” tombe sous l’anathème du concile de Trente

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2 juin 2016 - Francois et concile de Trente

Par la lettre “Amoris Laetitia”, François conclut un processus synodal qui a été dominé par des tentatives visant à saper la doctrine catholique sur les questions relatives à la vie humaine, au mariage et à la famille. Plusieurs analyses ont manifesté les altérations doctrinales de l’Exhortation apostolique.

De nombreuses ambiguïtés, des omissions graves, des compromissions scandaleuses au sens propre, c’est-à-dire qui favorisent le péché (le n° 303 prétend que le péché peut être parfois activement et temporairement voulu par Dieu pour telle personne), l’utilisation d’un langage idéologique très éloigné des termes traditionnels de l’Église, une morale faussée de la conscience introduite par la promotion d’une miséricorde subversive… tout cela rend ce document clairement inacceptable et irrecevable.

“Amoris Laetitia” mérite le même jugement et le même traitement que le concile Vatican II en raison de son opposition à l’intégrité de la foi et la morale.

« Les hommes d’Église occupant les postes-clés, ont pris une orientation nettement opposée à la Tradition, soit au Magistère officiel de l’Église. […] Ils ont tourné le dos à la véritable Église de toujours, lui ont donné de nouvelles institutions, un nouveau sacerdoce, un nouveau culte, un nouvel enseignement toujours en recherche, et cela toujours au nom du Concile. […] Il est donc indispensable de démythiser ce Concile qu’ils ont voulu pastoral en raison de leur horreur instinctive pour le dogme, et pour faciliter l’introduction officielle dans un texte d’Église des idées libérales. […] si nous laissons à Dieu et aux futurs vrais successeurs de Pierre de juger de ces choses, il n’en est que plus certain que le Concile a été détourné de sa fin par un groupe de conjurés et qu’il nous est impossible d’entrer dans cette conjuration, quand bien même il y aurait beaucoup de textes satisfaisants dans ce Concile. Car les bons textes ont servi pour faire accepter les textes équivoques, minés, piégés. Il nous reste une seule solution : abandonner ces témoins dangereux pour nous attacher fermement à la Tradition, soit au Magistère officiel de l’Église pendant vingt siècles. » (Marcel Lefebvre, J’accuse le concile, Préface, Paris, 27 août 1976)

La plupart des réactions critiques se sont concentrées sur le chapitre huitième, « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité ». Ce chapitre, en raison de son apologie de la morale de gradualité, est particulièrement destructeur. Selon ce chapitre, dans tout désordre moral qui « atteint une stabilité consistante », « il sera possible de mettre en valeur ces signes d’amour qui d’une manière et d’une autre, reflètent l’amour de Dieu » (n° 294). Autrement dit le péché peut être une préparation à la sainteté…

La plupart des analyses critiques ont aussi tenu à manifester leur soumission de principe à l’auteur de cette Exhortation apostolique.

“Voice of the Family”, une coalition d’associations pro-vie et pro-famille, après avoir soulevé « suffisamment de raisons pour considérer ce document comme une menace pour l’intégrité de la foi catholique et pour le bien authentique de la famille », se croit obligé de rajouter : « Nous réitérons une nouvelle fois que nous exprimons ces critiques avec une grand respect envers la charge pontificale, tout en ayant conscience de nos devoirs en tant que laïcs catholiques vis-à-vis du bien de l’Église… »

M. l’abbé Puga, dans une analyse parue sur Laportelatine, après avoir cité le n° 301 de l’Exhortation : « Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante », écrit : « nous avons dans cette dernière phrase toute la révolution morale de l’exhortation : tout serait finalement une affaire de conscience personnelle… on navigue en plein subjectivisme. Cette exhortation est la ruine de la morale catholique sur le péché ». Puis l’abbé se croit obligé de rajouter : « On n’attend pas du successeur de Pierre qu’il fasse passer dans des documents pontificaux une conception purement personnelle et extrêmement subversive d’une pastorale de la miséricorde. C’est la seconde fois en moins d’un an que le Pape François provoque une brèche qui affaiblit le sacrement de mariage. »

François occupe le siège de Pierre, c’est un fait indiscutable et indiscuté. Mais nous nous proposons ici de souligner une autre vérité indéniable et pourtant discutée : François ne possède pas l’autorité apostolique attachée au siège de Pierre.

Pourquoi ? Parce qu’il est anathème. Il y a plusieurs manières de s’en rendre compte et l’Exhortation apostolique “Amoris Laetitia” nous en fournit une nouvelle confirmation.

François affirme en effet au sujet du Mariage et de la virginité

« La virginité est une manière d’aimer. Comme signe, elle nous rappelle l’urgence du Royaume, l’urgence de se mettre au service de l’évangélisation sans réserve  (1Co 7, 32), et elle est un reflet de la plénitude du ciel où « on ne prend ni femme ni mari » (Mt 22, 30). Saint Paul la recommandait parce qu’il espérait un rapide retour de Jésus-Christ, et il voulait que tous se consacrent seulement à l’évangélisation : « le temps se fait court » (1Co 7, 29). Cependant, il faisait comprendre clairement que c’était une opinion personnelle ou son propre souhait (1Co 7, 25) et non pas une requête du Christ : « Je n’ai pas d’ordre du Seigneur » (1Co 7, 25). En même temps, il reconnaissait la valeur des différents appels : « Chacun reçoit de Dieu son don particulier, celui-ci d’une manière, celui-là de l’autre » (1Co 7, 7). Dans ce sens, saint Jean-Paul II a dit que les textes bibliques « n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’“infériorité” du mariage, soit la “supériorité” de la virginité ou du célibat » en raison de l’abstinence sexuelle (Catéchèse, 14 avril 1982). Au lieu de parler de la supériorité de la virginité sous tous ses aspects, il serait plutôt opportun de montrer que les différents états de vie se complètent, de telle manière que l’un peut être plus parfait en un sens, et que l’autre peut l’être d’un autre point de vue. Alexandre de Hales, par exemple, affirmait que dans un sens le mariage peut être considéré comme supérieur aux autres sacrements : en effet, il symbolise quelque chose de très grand comme “l’union du Christ avec l’Église ou l’union de la nature divine avec la nature humaine” ». (n° 159)

Jean-Paul II et François affirment que les textes bibliques « n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’“infériorité” du mariage, soit la “supériorité” de la virginité ». Or la Révélation divine et le concile de Trente, eux, affirment le contraire.

« Si quelqu’un dit que l’état du mariage doit être placé au-dessus de l’état de virginité ou de célibat, et qu’il n’est ni mieux ni plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat que de contracter mariage qu’il soit anathème. » (Mt 19,11 ; 1Co 7,25 ; 1Co 7,38-40) (Sess. XXIV, 10e canon sur le sacrement du mariage)

Jean-Paul II et François sont donc anathématisés par l’Église puisqu’ils nient explicitement ce qu’elle affirme clairement. Ils sont donc hors de l’Église. Ils ont beau occupé le siège de Pierre, leur autorité est nulle parce que leur foi est nulle. Voilà des vérités incontestables. Comme une telle chose est-elle possible ? Il ne nous appartient pas d’expliquer ici-bas ce mystère d’iniquité ni de le résoudre, mais par contre il nous appartient de ne pas coopérer à ce mystère d’iniquité.

Pour mieux saisir combien le langage de Jean-Paul II et de François est celui du dragon et non celui de l’agneau, il suffit de relire le document pontifical, “sacra virginitas”, datant du 25 mars 1954. Après de magnifiques développements patristiques, Pie XII déclare :

« Il faut affirmer – ce que l’Église enseigne clairement – que la sainte virginité l’emporte par son excellence sur le mariage. Le divin Rédempteur l’avait déjà suggéré à ses disciples, comme un conseil de vie plus parfaite, et l’apôtre Paul, après avoir dit du père qui donne sa fille en mariage : “Il fait bien”, ajoute aussitôt : “Et celui qui ne la donne pas en mariage fait mieux”. » […] Si donc, comme Nous l’avons écrit, la virginité l’emporte sur le mariage, cela vient surtout, sans doute, de ce qu’elle tend à réaliser une fin plus excellente; et que, de plus, elle offre un moyen très efficace de s’adonner totalement au service de Dieu alors qu’au contraire, l’âme de celui qui est engagé dans les liens et affaires du mariage est plus ou moins “partagée”. »

Telle est la doctrine de l’Église catholique.

« Cette doctrine qui établit l’excellence et la supériorité de la virginité et du célibat sur le mariage, comme Nous l’avons dit, a déjà été énoncée par le divin Rédempteur et l’Apôtre des nations ; de même au Concile de Trente, elle fut solennellement définie comme dogme de foi divine et les Pères et les Docteurs de l’Église ont toujours été unanimes à l’enseigner. »

Pie XII prend ensuite le temps de « condamner des erreurs qui, bien souvent, sont proposées sous la fausse apparence de la vérité. » Parmi elles, « cette doctrine fausse et pernicieuse » qui va « jusqu’à dire que seul le mariage peut assurer à la personnalité humaine le développement naturel et la perfection voulue » sous le prétexte que « le sacrement de mariage, sanctifie l’usage du mariage jusqu’à en faire un moyen plus efficace que la virginité elle-même pour unir les âmes à Dieu, puisque le mariage chrétien est un sacrement, tandis que la virginité ne l’est pas. »

La réponse de Pie XII condamne les affirmations de François.

« Certes, ce sacrement donne aux époux la grâce d’accomplir saintement leur devoir conjugal et renforce les liens de l’amour réciproque qui les unit ; cependant, il n’a pas été institué pour faire de l’usage du mariage en quelque sorte, un moyen plus apte en soi à unir à Dieu les âmes des époux par les liens de la charité. Saint Paul n’a-t-il pas plutôt reconnu aux époux le droit de s’abstenir de l’usage du mariage pour un certain temps, afin de vaquer à la prière, parce que cette abstinence rend plus libre l’âme de celui qui veut s’adonner aux choses de Dieu et à la prière ? Enfin, on ne peut pas affirmer, comme le font certains, que “l’aide mutuelle” que les époux cherchent dans le mariage chrétien, soit pour leur propre sanctification une aide plus parfaite que – selon l’expression utilisée – la solitude de cœur des vierges et des non mariés. Car bien que ceux qui ont embrassé l’état de chasteté parfaite aient renoncé à l’amour humain, on ne peut dire que par cette renonciation ils aient diminué ou dépouillé leur personnalité humaine. Ils reçoivent, en effet, du Rémunérateur céleste lui-même un don spirituel, qui dépasse de loin l’“aide mutuelle” qu’il est donné aux époux de recevoir l’un de l’autre. En se consacrant à Celui qui est leur principe et qui leur communique sa vie divine, bien loin de s’appauvrir, ils s’enrichissent au plus haut point. »

Pie XII enfin conclut son encyclique par des rappels classiques de la doctrine du Christ habituellement omis par les modernistes : mortification, vigilance, lutte constante, fuite des attraits du monde afin de triompher des tentations du démon et de l’enfer… Les hérétiques qui souillent le siège de Pierre, ayant cessé d’être des disciples de la Vérité, sont incapables de dire la vérité. La fausse miséricorde ne parlera donc jamais de l’enfer tandis que la divine miséricorde, elle, en parle près de soixante-dix fois dans les saints Évangiles…

Selon le mot de saint Jean Chrysostome : « “La racine et le fruit de la virginité, c’est une vie crucifiée” […] “Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’esprit et l’esprit en a de contraires à ceux de la chair”. [C’est pourquoi] l’Apôtre des nations avoue au sujet de lui-même : “Je traite durement mon corps et je le tiens en servitude, de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé”. Tous les saints et saintes ont veillé attentivement aux mouvements de leurs sens et des passions et quelquefois les ont maîtrisés énergiquement, selon les paroles du divin Maître lui-même qui nous enseigne : “Et moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il vaut mieux pour toi perdre un seul de tes membres et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne”. » (Pie XII, Sacra virginitas)

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