DÉCLARATION aux membres de la Fraternité St-Pie X, aux communautés amies et aux fidèles de la Tradition.

English translation by « The Recusant »

Traducción al español, « Non Possumus » (Mexique)

Traduzione italiana di « Non Possumus » (Italie)

 

Abbé Patrick Girouard

Abbé Patrick Girouard, FSSPX 

Le Jeudi Saint, 28 mars 2013

Très chers frères et sœurs dans le Christ Roi,

En ce jour où la Sainte Église commémore de grandiose façon l’institution du Saint Sacrifice de la Messe et du sacrement de l’Ordre, je profite de l’occasion pour vous faire part de ma décision de me placer en dehors de la structure officielle de la Fraternité. Mon intention n’est ni de la quitter, ni de la vilipender. Elle est en effet victime d’une entreprise qui vise à la ramener sous le pouvoir de l’Église Conciliaire, malgré les avertissements répétés de son fondateur, S.E. Mgr Marcel Lefebvre. lire plus…

Analyse médicale sur la Déclaration doctrinale

Avant toute comparaison …

Menzingen a largement repris la déclaration de Mgr Lefebvre de 1988 pour composer sa déclaration doctrinale, avec quelques ajouts.

L’argument d’autorité joue à plein: si c’est Mgr qui l’a faite …

Or, la première chose à faire avant toute comparaison, c’est de replacer la déclaration de 1988 dans son contexte … et dans l’appréciation qu’en a donnée l’évêque lors de la mémorable journée des sacres:

il s’agissait de l’opération suicide, selon ses propres mots, par opposition à l’opération survie qu’il était en train d’accomplir.

Il faut donc constater premièrement un attrait de Menzingen pour un geste suicidaire. lire plus…

Tentative de piratage contre LaSapiniere.info

Tentative de piratage

 

Une tentative de piratage a eu lieu dans la nuit contre LaSapiniere.info, le site des prêtres de La Sapinière.

Nous informons ceux qui tentent des intrusions sur notre site ou qui tentent de le pirater par quelque moyen que ce soit, que nous avons mis en place le moyen d’y remédier.

Que nos lecteurs se rassurent, en cas de piratage notre site réapparaitrait très vite.

La Sapinière

 

 

La communication de Menzingen : de la dialectique communiste ?

La communication de Menzingen : de la dialectique communiste ?

            La circulaire Thouvenot du 7 mars 2013

 

            Le 7 mars 2013 une lettre circulaire de l’abbé Thouvenot1 fut envoyée aux Supérieurs de Districts, de séminaires et des Maisons autonomes. Elle fait suite à la découverte de 3 des prêtres qui ont participé à la  Lettre ouverte à Mgr Fellay par 37 prêtres du District de France2. Cette lettre était anonyme, ce qui lui a valu maintes critiques dont celle de l’abbé Thouvenot qui dénonce ce procédé. Mais nous pouvons objecter que vu le sort réservé aux contestataires/réfractaires/résistants l’anonymat est nécessaire. C’est la seule façon de se protéger contre les poursuites, les menaces et autres sanctions injustes. De plus, puisque le débat se place, du côté des prêtres résistants, sur le plan de la doctrine et des idées, en quoi l’anonymat pose-t-il un problème ? Personne n’aurait l’outrecuidance de reprocher aux dissidents russes, sauf quelques imbéciles et tenants du régime communiste, d’avoir publié en URSS leurs ouvrages sous couvert d’anonymat ! Il est toujours facile de donner des leçons de courage lorsqu’on est du côté du pouvoir. lire plus…

Les fidèles ont le droit de savoir

Les fidèles ont le droit de savoir

« Les fidèles ont un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Eglise, évolutive pentecôtiste, et syncrétiste. » (Lettre ouverte à son Eminence le cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Evêques. Ecône, 6 juillet 1988 Fideliter N° 64. Juillet-Août 1988, pages 11-12.)

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Ce n’est pas du « zèle amer » ni « agir avec une dureté continuelle » que de constater un certain libéralisme dans la Fraternité. Les faits sont là et on ne peut rien contre les faits !
Il ne s’agit pas de blâmer tout ce qui ne s’accorde pas avec notre idéal mais il s’agit de constater et de s’interroger sur le fait que des prêtres de la Fraternité n’agissent plus selon l’idéal de la Fraternité. La conduite doctrinale excellente de tel supérieur ou le zèle de tel prieur peut masquer cette réalité à nos yeux, mais c’est un fait, qu’influencés par les exemples et les discours de notre Supérieur Général, certains confrères tout en ayant l’étiquette « Fraternité Saint-Pie X », se conduisent en pratique comme des ralliés, et ce avant même le ralliement à l’Eglise conciliaire. lire plus…

Illégitimité de la nouvelle messe

Paru sur le forum « Un Evêque s’est levé »

Illégitimité de la nouvelle messe

Ce qui oppose la messe traditionnelle et la messe dite de Paul VI est en effet doctrinal. Et plus que cela. Ce n’est pas seulement la doctrine en un sens, mais le Dogme lui-même qui est en cause. La Messe est un sacrifice vrai et propre et un sacrifice propitiatoire nous enseigne le décret du Concile de Trente sur le sacrifice de la messe (XXIIe session, cf. notamment les canons 1 et 3).

Or pour qu’il y ait sacrifice, il ne suffit pas de vouloir la Présence Réelle et « la présence du Sacrifice de la Croix ». Il ne suffit même pas qu’il y ait immolation (séparation sacramentelle entre le Corps et le Sang du Christ en raison de la double consécration). Il est nécessaire en sus qu’il y ait oblation. En effet, la mort du Christ sur la croix n’aurait pas été un sacrifice, si en sus de cette immolation, le Christ ne s’était pas offert en sacrifice. Pour qu’il y ait sacrifice, il faut qu’il y ait immolation et oblation.

Et comme la messe est un vrai et propre sacrifice, il ne suffit pas qu’il y soit fait mémoire de l’oblation et de l’immolation du Christ. Il ne suffit pas non plus que soit rendue présente (par la double consécration) l’immolation de la Croix parce qu’à la messe il doit y avoir aussi l’offrande d’un sacrifice par le ministre du Christ : une « oblation pure » (cf. canon 1 et chapitres 1 et 2 du même décret tridentin). Car le sacrifice de la messe a raison de sacrifice d’application par rapport au Sacrifice de la Croix qu’elle reproduit.

Et cette oblation nécessaire au sacrifice n’est pas seulement une offrande d’adoration et d’action de grâces. C’est une oblation propitiatoire, et impétratoire. Autrement ce n’est pas le sacrifice d’application du Sacrifice de la Croix.

La dimension oblative du sacrifice de la messe est signifiée par l’offertoire. C’est à l’offertoire que s’attaquèrent les réformateurs du XVIe siècle. C’est à l’offertoire que ce sont attaqués les auteurs du nouvel ordo missae de Paul VI.

La « présentation des dons » du N.O.M., qui a été substituée en 1969 aux prières de l’offertoire traditionnel manque à signifier l’exacte dimension oblative du sacrifice de la messe :

  • Les traductions vernaculaires font disparaître toute dimension oblative : il ne s’agit plus d’offrir, mais de présenter (notez entre parenthèses que les traductions de l’offertoire traditionnel que l’on trouve dans les missels des fidèles édités par le « mouvement liturgique », bien avant 1969, traduisaient déjà systématiquement « offerimus » par « nous présentons ») ;
  • L’édition latine typique (et a fortiori les traductions) a fait disparaître toute finalité propitiatoire : même si l’on offre encore, on n’offre plus une oblation propitiatoire. Ce n’est plus le sacrifice propitiatoire.

A cela on objectera que les prières de l’offertoire traditionnel sont d’apparition relativement récente dans l’histoire de la messe romaine. Elles se sont définitivement imposées avec le missel romano-franciscain du XIIIe siècle et sa diffusion ultérieure. Avant le développement des apologies, repérables dans certains sacramentaires dès le VIIe siècle – mais surtout à partir des Xe et XIe siècles – l’offertoire se limitait (du moins pour ce qui regarde la messe romaine) à l’oraison secrète sur les oblats (c’est-à-dire la secrète), oraison qui n’est pas aussi explicite que les prières dites de l’offertoire traditionnel dans l’expression de la fin propitiatoire du sacrifice de la messe.

Ce à quoi on doit répondre ceci : les prières de l’offertoire traditionnel sont le fruit d’un développement liturgique et d’un désenveloppement dogmatique à partir de l’oraison secrète sur les oblats. Elles sont venues expliciter la signification et la réalité de l’oraison secrète et de l’offertoire, à savoir l’exacte dimension oblative du sacrifice de la messe. Cette signification et cette réalité étaient déjà contenues avant dans la seule oraison secrète ; cette signification et cette réalité ont été désenveloppées par les prières de l’offertoire traditionnel. On retrouve ici l’exacte tradition vivante de l’Eglise : transmettre et expliciter la foi et les sacrements de la foi. C’est un progrès dans l’intelligence, dans la formulation et dans la vie de la foi et des sacrements de la foi.

Avec le N.O.M. de 1969, il ne s’agit pas seulement de revenir à la seule oraison secrète (et les oraisons secrètes elles-mêmes ont été remaniées à partir de 1969), ce qui constituerait déjà une rupture par rapport à la véritable tradition vivante de l’Eglise et poserait déjà un problème dogmatique : l’Eglise et les rites de l’Eglise peuvent-ils non plus progresser dans l’expression (et donc l’intelligence) de la foi et des sacrements de la foi, mais régresser ? Et quelle est la valeur dogmatique d’une telle régression ? Passer du plus explicite ou moins explicite : n’y a-t-il pas là comme une négation de ce qui doit être signifié (et réalisé) ?

Mais avec le N.O.M. de 1969, il ne s’agit pas seulement de cela. L’offertoire n’est pas réduit à la seule oraison secrète sur les oblats. Les prières de l’offertoire traditionnel ne sont plus là pour expliciter l’oraison secrète. Ce sont désormais les prières de la « présentation des dons » qui viennent remplir cette fonction : expliciter. Or qu’explicitent-elles ? L’explicitation qu’elles donnent est autre. C’est une explicitation d’une autre nature : non plus l’oblation d’un sacrifice propitiatoire (et impétratoire), mais au mieux l’oblation d’un simple sacrifice d’adoration et d’action de grâces, et au pire une pure et simple « présentation » (cf. les traductions vernaculaires promulguées par les conférences épiscopales et approuvées par la Rome postconciliaire : donc les traductions officielles).

Concluons.

L’exacte dimension oblative du sacrifice de la messe est signifiée par l’offertoire. La « présentation des dons » du N.O.M. ne l’explicite plus et donc ne signifie plus cette même et exacte dimension oblative. Sachant, selon l’adage bien connu, qu’un rite signifie ce qu’il produit et produit ce qu’il signifie, il en résulte que ladite messe de Paul VI ne contient plus l’oblation du sacrifice propitiatoire qu’est le sacrifice de la messe, et qu’à partir de là ladite messe de Paul VI, si elle est peut-être encore un sacrifice (du moins dans son édition latine typique), n’est plus de soi le sacrifice de la messe.

Autrement dit : de soi, ladite messe de Paul VI n’est pas la Messe.

De soi. C’est-à-dire abstraction faite de l’hypothèse où le ministre pourrait « bricoler » à partir du N.O.M. et y ajouter ce qui lui fait défaut pour être le sacrifice de la messe. On peut penser à une « oblation mentale » du ministre, oblation supposément conforme à l’exacte dimension oblative du sacrifice de la messe.

Quoi qu’il en soit, on comprendra qu’il est impossible de reconnaître pour légitime ou licite un ordo missae – celui de Paul VI – qui dénature l’exacte dimension oblative du sacrifice de la messe. Ce qui de soi n’est plus la Messe ne peut être reconnu comme légitime.

Pour finir

    La « Tradition vivante » du post-concile, on le voit précisément avec le N.O.M., est tout le contraire de l’exacte tradition vivante de l’Eglise.

    L’authentique tradition vivante de l’Eglise consiste à recevoir la foi et les sacrements de la foi tels que l’Eglise nous les a transmis jusqu’à nous : le pape et les évêques les reçoivent, les conservent, les défendent tels qu’ils les ont reçus de leurs prédécesseurs, et en même temps, à partir de là (la foi et les sacrements de l’Eglise tels qu’ils les ont reçus), ils explicitent la foi et les sacrements de la foi. L’Eglise progresse dans l’intelligence et la formulation du Dogme. Les réformes liturgiques viennent enrichir les rites sacramentels existant.

    La fausse « Tradition vivante » du post-concile consiste à mépriser la foi et les sacrements de la foi tels que l’Eglise nous les a transmis jusqu’à Vatican II pour prétendre retrouver – par un « ressourcement », par un « retour aux sources » – une tradition « plus primordiale ». Comme si l’Eglise, entretemps, avait pu rompre avec la Tradition. Ou comme si la tradition ecclésiale vivante n’était pas un mouvement linéaire, mais une succession de cycles où chaque cycle serait en discontinuité plus ou moins affirmée avec le précédent.

    Bref, on l’aura compris, la « Tradition vivante » du post-concile n’est pas un développement homogène. Autrement dit, ce n’est pas l’authentique tradition vivante de l’Eglise. Et donc ce n’est pas et ça ne peut pas être l’autorité ecclésiale qui parle par sa bouche.

N.M.
Sur « Un Evêque s’est levé! »

Communiqué de la Sapinière: Le sort des trois prêtres sanctionnés

Communiqué de la Sapinière

La Sapinière remercie tous les fidèles et particulièrement les prêtres qui ont manifesté un soutien, des encouragements et même de l’aide matérielle aux trois prêtres sanctionnés, au point que La Sapinière vient de recevoir le renfort d’un prêtre et que la lettre des 37 est devenue depuis la lettre des 41.

Deux des prêtres sanctionnés, l’abbé Pinaud en résidence à Jaidhof (Autriche) et l’abbé Salenave en résidence à Albano (Italie) ont fait le choix d’affronter le procès afin de mettre les supérieurs devant leurs responsabilités. Le troisième, l’abbé Rioult, a fait le choix de refuser ce procès afin de mettre les supérieurs devant leurs responsabilités.

Dans les deux cas, la fameuse phrase de Mgr Lefebvre s’applique : « c’est moi l’accusé qui devrait vous juger ».

Dans les deux cas, la voie choisie sera une voie douloureuse et crucifiante.

Ils se recommandent à vos prières afin que la vérité puisse éclater.

Tout passe, Dieu seul reste, Dieu seul suffit.

La Sapinière

De la légitimité de la nouvelle messe dans le Préambule doctrinal du 15 avril 2012

De la légitimité de la nouvelle messe dans le Préambule doctrinal du 15 avril 2012

 

Notre bon sens catholique, ce sensus fidei qui guide les âmes vers le Beau, Vrai, le Bien, nous montre tout naturellement que cette déclaration est un texte ambigu, compliqué, qui s’éloigne de la simplicité qui animait un Saint Pie X, un Mgr Lefebvre, un Père Calmel. Leurs textes étaient toujours compréhensibles par le plus simple, le plus ignorant des fidèles. Ils éclairaient l’intelligence, ils distillaient sainement la lumière de la doctrine qui pénétrait ainsi profondément dans les âmes.
Peut-on avoir ce même jugement concernant cette déclaration doctrinale ? De l’aveu même de l’abbé Thouvenot non puisqu’il va falloir l’expliquer aux prêtres dans le prochain dans Cor Unum. Mais n’est-ce pas le propre d’un texte moderniste et libéral d’être ambigu, de pouvoir être lu, interprété de différentes manières, et de devoir donc être expliqué pour que tout le monde s’accorde sur la bonne interprétation, bonne interprétation qui pourra d’ailleurs changer en fonction des circonstances ?

Je n’essayerai pas d’expliquer toutes les ambiguïtés et les erreurs contenues dans ce texte, j’en laisse le soin aux théologiens et aux prêtres mieux qualifiés.

Cependant je ferai ces quelques remarques concernant les nouveaux sacrements et particulièrement la nouvelle messe qu’un simple fidèle est en droit de faire car il en va de son âme et nous n’avons qu’une âme, et une seule, à sauver.
Première remarque : dans ce préambule doctrinal du 15 avril 2013 il est affirmé :
« Nous déclarons reconnaître la validité du sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II. »

Or jusqu’à peu j’ai toujours entendu dire que la nouvelle messe est illégitime. Dans son dernier éditorial aux Amis et bienfaiteurs notre supérieur de District n’écrit-il pas :
« La nouvelle messe ne saurait donc plaire à Dieu parce qu’elle est trompeuse, nocive et équivoque : « Elle ne saurait faire l’objet d’une loi obligeant comme telle toute l’Eglise. En effet, la loi liturgique a pour objet de proposer avec autorité le bien commun de l’Eglise et tout ce qui est requis. La nouvelle messe de Paul VI représentant la privation de ce bien ne saurait faire l’objet d’une loi : elle est non seulement mauvaise mais illégitime, en dépit de toutes les apparences de légalité dont on a pu l’entourer et dont on l’entoure encore. » (Abbé Jean-Michel Gleize : « Vatican II en débat » page 63.) http://www.laportelatine.org/district/france/bo/lab80_130103/lab80_130103.php
Alors aujourd’hui qui devons-nous croire : le Supérieur général qui a rang d’évêque, monsieur l’abbé de Cacqueray, supérieur du District de France, le théologien qualifié qu’est l’abbé Gleize ? Cette question de la légitimité ou pas de la nouvelle messe est pourtant une question cruciale du combat de la Tradition pour préserver la doctrine et la Foi de toujours et pour que notre appartenance à la Tradition ne se réduise pas seulement à une affaire de sensibilité.

Deuxième remarque : depuis juin l’on nous dit que Mgr Fellay n’a pas pu signer le 13 juin un accord basé sur ce Préambule doctrinal car Rome lui demandait de reconnaître le concile VII et la licéité de la nouvelle messe. Ce terme de licéité n’était pas employé avant dans nos milieux. Intrigué, j’ai vérifié les définitions dans différents dictionnaires et j’ai pu constater que légitimité et licéité veulent dire à une nuance très subtile la même chose.

Licéité :
En théologie :  qualité de ce qui est objectivement bon
Droit canon :
caractère d’un acte permis par la loi. « Toutes les conditions sont observées pour que le sacrement soit administré conformément aux exigences de la morale et du droit canonique. (…) la licéité et la validité posent des conditions à la fois dans le ministre, le sujet et le sacrement (Théol. cath.t. 14, 11939, p. 635). »

Légitimité :
Qualité, état de ce qui est légitime, conforme au droit, à la loi.
Conformité de quelque chose, d’un état, d’un acte, avec l’équité, le droit naturel, la raison, la morale.

Légitime :
Qui est conforme au droit positif.
Qui est conforme à l’équité; qui est fondé sur le droit naturel, la morale, la loi divine.
Qui est dicté, justifié, explicable par le bon droit, le bon sens, la raison.
J’en conclus que maintenant à la Fraternité certains sont passés :

– de la seule reconnaissance de la validité des nouveaux sacrements « célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise » (ce qui était l’opinion de Mgr Lefebvre)

– à également la reconnaissance de leur légitimité donc de leur conformité à la loi divine selon la définition ci-dessus (légitimité que Mgr Lefebvre a toujours contestée)

– mais qu’ils nient encore à ces nouveaux sacrements leur licéité c’est-à-dire qu’ils soient objectivement bons.

Or si quelque chose est légitime car conforme à la loi divine, cette loi divine ne pouvant être que bonne puisque issue de Dieu, cette chose a donc obligatoirement la qualité de ce qui est objectivement bon. Par voie de conséquence, si les nouveaux sacrements sont légitimes ils sont alors conformes à la loi divine objectivement bonne, et ils acquièrent donc ce caractère objectivement bon qui fait leur licéité. En conclusion, plus rien de formel ne s’oppose à ce que nous assistions ou recevions ces nouveaux sacrements, seule notre sensibilité pourrait nous en détourner.
Pour conclure, si certains dans la Fraternité admettent la légitimité de la nouvelle messe ils admettent alors implicitement sa licéité. Ou alors nous concluons qu’ils n’ont pas la même définition des termes. Ou alors qu’ils ne sont pas à une contradiction près. Ce que nous avions d’ailleurs remarqué.

Pour nous fidèles, le plus conforme à la loi divine et le plus sage pour le bien de nos âmes est de s’en tenir à l’opinion de Mgr Lefebvre :

« … cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Église et la Révolution est une union adultère ! De cette union adultère ne peut venir que des bâtards. Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. » (Sermon de Mgr Lefebvre à Lille le 29 août 1976)

Un fidèle

Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012

English translation after the original French text by  Un Evêque s’est levé!

    Brève réflexion sur le texte du Préambule doctrinal du 15 avril 2012

Par un prêtre, anonyme, de la Fraternité St-Pie X

 

On m’a demandé ma première impression sur le texte publié aujourd’hui sur La Sapinière et autres bons sites de la Résistance au Ralliement. J’espère que quelqu’un de mieux qualifié que moi aura le temps d’étudier toutes les subtilités de ce préambule, mais certains points problématiques sont d’ores et déjà facilement identifiables. Voici donc, comme demandé, quelques réflexions à brûle-pourpoint.

Comme Mgr Fellay le disait lui-même en mai ou juin 2012, la réaction face à ce texte dépendra de la disposition d’esprit du lecteur (« lunettes roses ou noires…). En effet, à la suite de plusieurs paragraphes qui réaffirment l’attachement au Pape et à la doctrine traditionnelle, on retrouve des affirmations scandaleuses. Ce mélange de vrai et de faux rappelle le procédé des modernistes tel que dénoncé dans Pascendi de st Pie X. C’est donc dire qu’il s’agit ici d’un texte ambigu, ce qui en soi est une faute grave, car on ne peut souhaiter rebâtir l’Église en se fondant sur un malentendu. Ce n’est honnête ni par rapport à Rome, ni par rapport à la Tradition. Le Conseil Général, en pratique, nous montre qu’il croit que la fin justifie les moyens. Ils ont quand même une petite honte, puisqu’il a fallu que ce soit la Résistance qui publie ce texte. Voici donc, en bref, quelques points qui font problème, pour ne pas dire plus.

1-On retrouve dans ce texte, sans surprise, ce qu’on en savait depuis longtemps, puisque révélé par l’abbé Pfluger le 5 juin 2012 à Fanjeaux (I), je crois, et qui est en soi une abomination (cf. parag. 3.4 du Préambule). De dire que Vatican II explicite « certains éléments » contenus implicitement dans l’entière Tradition de l’Église, vient mettre ce concile « pastoral » (et d’ailleurs détourné, piraté, par les Franc-maçons et les modernistes) sur le même pied que les conciles légitimes et doctrinaux. Quand on y pense, Vatican II s’apparente davantage à un conciliabule qu’à un vrai concile, même s’il a été fait sous la présidence et l’approbation de deux Papes, car ces Papes s’en sont servi de manière illégitime, c’est à dire pour faire une révolution dans l’Église. C’est pour cela que je parle de conciliabule. La première chose qu’un Pape Catholique fera, ce sera de déclarer ce concile comme illégitime et non avenu, comme ce fut le cas de plusieurs conciles orientaux au début de l’Église.

2-La deuxième faute grave de cette partie du texte est de ne pas mentionner quels éléments de la Tradition auraient été soi-disant explicités par Vatican II. S’agit-il de la liberté religieuse? De la collégialité? Du « subsistit in »? De l’oecuménisme? De la permission d’avoir les lectures de la Messe en langue vernaculaire? De la permission de porter le clergyman au lieu de la soutane?

3-La troisième chose que je remarque, c’est qu’au lieu de dire qu’il y a des textes erronés qui ne peuvent aucunement être bien interprétés, on dit qu’il y aurait moyen d’en discuter pour en arriver à une bonne interprétation (cf. parag. 3.5). On ne dit plus que le concile Vatican II enseigne des doctrines précédemment condamnées par les Papes traditionnels. Or cela va à l’encontre de notre position de toujours, disant qu’il y a 3 types de documents dans Vatican II: les « bons », ceux à interpréter dans le sens de la Tradition, et ceux à corriger absolument. (Voir le Catéchisme de l’abbé Gaudron, au numéro 29).

4-Donc, globalement, ce Préambule dit qu’on veut rester fidèles à la Tradition, mais qu’on est prêts à laisser de côté la question doctrinale. On est prêts à signer un accord, et une commission d’étude se chargera, dans le futur, d’élucider les points de Vatican II qui semblent aller contre la Tradition (cf. parag. 3.6).  Il s’agit donc de la formulation de principe selon laquelle on est prêts à signer un accord purement pratique, sans la correction préalable des erreurs de Vatican II.

5-Au lieu d’une déclaration contre la Nouvelle Messe, en tant que portant gravement atteinte à la majesté de Dieu et donc en tant que péché grave contre le 1er commandement, on se contente d’en reconnaître la validité sous certaines conditions (cf. parag. 3.7). On met sous le boisseau le fait que le Novus Ordo Missae s’attaque directement au plus grand trésor de l’Église, à la source de la vie surnaturelle qu’est le Sacrifice du Chef de l’Église, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

6-Il y a aussi la reconnaissance du Droit Canon de 1983, sous lequel on accepte de se placer. Mgr Lefebvre a dit qu’il détestait ce code empoisonné par les théories de Vatican II. Rappelons-nous du canon 844 permettant la « communicatio in sacris », le partage des sacrements entre Catholiques et non-Catholiques (Cf. parag. 3.8).

En conclusion, ce Préambule doctrinal nous montre jusqu’à quelle profondeur le Conseil Général a plongé dans l’abime. Il vient confirmer l’avertissement du Catéchisme de l’abbé Gaudron, qui nous prévenait du grave danger de contamination qu’implique la fréquentation des autorités romaines. (Voir pages 291 et 294 de l’édition de mai 2008). Utinam! Plût au Ciel, que le Conseil Général eût fait du Catéchisme Gaudron sa lecture de chevet. Nous n’en serions pas là!

Par un prêtre, anonyme, de la Fraternité St-Pie X

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  1. Il ne s’agit pas de Fanjeaux mais de Saint-Joseph-des-Carmes, à Carcassonne dans l’Aude. (NDLR)

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English translation by Tom  Un Evêque s’est levé!

Brief reflection on the text of the doctrinal Preamble – April 15, 2012

I was asked to give my first impression on the text published today on www.lasapiniere.info. and other good sites dedicated to the « Resistance ». I hope someone, more skilled than I am, will get time to study all the subtleties of this preamble, however one can already easily identify some critical points …. As asked, here are, a few point-blank thoughts.

In May or June 2012, as Bishop Fellay, himself, declared readers will react according to their own state of mind (“rose-coloured glasses” or dark glasses). Indeed, following to several paragraphs reasserting the attachment to the Pope and traditional doctrine, one can read any scandalous assertions. This mixture of true and false reminds us how modernists proceed as denounced in Pascendi, by Saint Pius X. So, that means this is an ambiguous text which is, in itself, a serious misconduct as no one can wish rebuilt the Church basing on a misunderstanding. It is dishonest towards Tradition and towards Rome. In practice, General Council shows us that it believes the end justifies the means. However it seems they feel a bit ashamed since it was necessary that the Resistance publishes that text. Here are, in brief, a few points one can describe at least as problematic.

1. We find in this text, and it’s not a surprise, what was known since June 2012, which was revealed by Abbot Pfluger in Fanjeaux (I) I think, and which is, in itself an abomination (see paragraph 3.4 of Preamble ). Saying that Vatican II clarifies “certain elements” implicitly present in the whole Church Tradition, tends to place this “pastoral ” Council (and precisely hijacked by Freemasons and modernists)on the same level as legitimate or doctrinal councils. By thinking of it, Vatican II resembles more a consultation than a true council, even if it was achieved under the presidency and the approval of two popes, for these popes used it on an illegitimate way, that is to say for operating a revolution in Church. That is why I speak of consultation. The first decision a catholic Pope would have to take should be to declare this council as illegitimate and void (as it was the case of several eastern councils, in the initial period of the Church).

2- The second serious misconduct in this part of the text is not mention which traditional elements would have supposedly been made explicit by Vatican II ? Is it religious freedom ? Collegiality ? « Subsistit in » ? Ecumenism ? The permission to get Mass readings in vernacular language ? The permission to wear clergyman-suit instead of cassock ?

3- The third thing I notice is that instead of saying that some texts are erroneous and can definitively be not rightly-interpreted, it is said that it would be possible to discuss of them in order to reach a good interpretation (see paragraph 3.5). It is no longer said that Vatican II teaches doctrines previously condemned by traditional Popes. This goes against our traditional position saying that there are 3 kinds of documents in Vatican II : the “good ones”, those “to interpret in the Tradition meaning and those which must absolutely be corrected (see “Le Catéchisme de l’Abbé Gaudron, n° 29).

4- So, on the whole, this « Preamble », says that we want to remain faithful to the Tradition, but that we are ready to let aside the doctrinal question. We are ready to sign an agreement and, in the future, a study commission will be in charge to clarify the points in Vatican II which seem to go against the Tradition. (See paragraph 3.6). So, this is the wording of this principle according which we are ready to sign an only practical agreement without previously correcting Vatican II errors.

5- Instead of a statement against the New Mass as seriously affecting the majesty of God, and consequently being a grave sin against the first commandment, we just recognize its validity under certain conditions (see paragraph 3.7). The fact that the Novus Ordo Missae attacks directly the most precious treasure of the Church, the spring of the supernatural life represented by the Sacrifice of the Head of the Church, Our Lord Jesus-Christ, is shelved.

6- There is also the recognition of the 1983 Canon Law, under which we accept to place. Bishop Lefebvre said he hated this code poisoned with Vatican II theories. Let us remember canon 844 which allows “communicatio in sacris”, the sharing of sacraments between Catholics and no-Catholics (see paragraph 3.8).

In conclusion, that doctrinal Preamble shows us how deeply the General Council plunged into the abyss. It confirms the warning stated in Le Catéchisme de l’abbé Gaudron which warned us about the great danger of a contamination involved by the attendance of the Roman authorities (see

pp. 291 and 294 in May 2008 edition). Utinam ! Would to Heaven that the General Council would have taken Le Catéchisme de l’abbé Gaudron as bedtime reading. We would not be in this position !

By an anonymous priest belonging to the Fraternité St-Pie X.

 

DECLARATION DOCTRINALE DU 15 AVRIL 2012 que Mgr Fellay avait envoyée au cardinal Levada

DECLARATION DOCTRINALE DU 15 AVRIL 2012 QUE MGR FELLAY AVAIT ENVOYÉE AU CARDINAL LEVADA

I

Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Eglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques.

II

Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Eglise en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le nº 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II (1).

III En particulier :

1 Nous déclarons accepter la doctrine sur le Pontife romain et sur le Collège des évêques, avec son chef, le Pape, enseignée par la Constitution dogmatique Pastor æternus du Concile Vatican I et par la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II, chapitre 3 (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de episcopatu), expliquée et interprétée par la Nota explicativa prævia à ce même chapitre.

2 Nous reconnaissons l’autorité du Magistère auquel seul est confié la tâche d’interpréter authentiquement la Parole de Dieu écrite ou transmise (2) dans la fidélité à la Tradition, se souvenant que « le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et expriment fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » (3).

3 La Tradition est la transmission vivante de la Révélation « usque ad nos » (4) et l’Eglise dans sa doctrine, dans sa vie et dans son culte, perpétue et transmet à toutes les générations ce qu’elle est et tout ce qu’elle croit. La Tradition progresse dans l’Eglise avec l’assistance du Saint Esprit (5), non comme une nouveauté contraire (6) mais par une meilleure compréhension du depositum fidei (7).

4 L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement (8).

5 Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur relatives à la relation entre l’Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, ainsi qu’au devoir social de religion et au droit à la liberté religieuse, dont la formulation est difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère, doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère.

6 C’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise (9).

7 Nous déclarons reconnaître la validité du sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II.

8 En suivant les critères énoncés ci-dessus (III, 5), ainsi que le canon 21 du Code, nous promettons de respecter la discipline commune de l’Eglise et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II (1983) et dans le code de droit canon des Eglises orientales promulgué par le même Pontife (1990), restant sauve la discipline à concéder à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X par une loi particulière.
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On lit en note :–
(1) Cf. aussi la nouvelle formule de la Profession de foi et du Serment de fidélité pour assumer une charge exercée au nom de l’Eglise, 1989 ; cf. CIC cann 749 ; 750, 1et 2 ; 752 ; CCEO cann. 597 ; 598, 1 et 2 ; 599.
(2) Cf. Pie XII, encyclique Humani Generis.
(3) Vatican I, Constitution dogmatique, Pastor aeternus, Dz. 3070.
(4) Concile de Trente, Dz. 1501 : « Toute vérité salutaire et toute règle morale (Mt. XVI, 15) sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues par les Apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de la main à la main par les Apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous. »
(5) Cf. Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 8 et 9, Denz.4209-4210.
(6) Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3020 : « Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère l’Eglise a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s’en écarter sous le prétexte et au nom d’une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tous les hommes aussi bien que dans toute l’Eglise, durant le cours des âges et des siècles, l’intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c’est-à-dire dans l’unité du dogme, de sens et de manière de voir (St. Vincent de Lérins, Commonitorium, 28). »
(7) Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3011 ; Serment antimoderniste, nº 4 ; Pie XII, Lettre encyclique Humani Generis, Dz 3886 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 10, Dz. 4213.
(8) Comme par exemple l’enseignement de la sacramentalité de l’épiscopat in Lumen Gentium, nº 21.
(9) On trouve un parallèle dans l’histoire avec le Décret des Arméniens du Concile de Florence, où la porrection des instruments était indiquée comme matière du sacrement de l’Ordre. Néanmoins les théologiens discutèrent légitimement, même après ce décret, sur l’exactitude d’une telle assertion ; finalement la question fut résolue d’une autre façon par le pape Pie XII.

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Nous attendons avec impatience les explications de la Maison générale à paraître dans le prochain « Cor Unum », promises par l’abbé Thouvenot dans sa lettre circulaire du 7 mars 2013.

Rectificatif au sujet du Communiqué du Supérieur du District de France à propos de la lettre du 28 février à Mgr Fellay

  • English translation after french original

Rectificatif au sujet du Communiqué du Supérieur du District de France à propos de la lettre du 28 février à Mgr Fellay

Une lettre partagée par 37 prêtres du district de France a bien été postée sur le site La Sapinière. Les vérités qu’elles contiennent ont manifestement fort déplu à la Maison Générale qui a décidé de sanctionner trois prêtres parmi les trente-sept l’approuvant. Leur crime: ne pas supporter les mensonges de la Maison Générale.

Elle les somme au nom du canon 2331 § 2 de cesser leur ministère et d’être mis en quarantaine jusqu’à un procès où celui que nous accusons deviendra aussi notre juge. C’est-à-dire que Mgr Fellay sera juge et partie.
Nous ne connaissons aucun canon du Droit de l’Eglise qui permette de mentir. Nous connaissons par contre le 8e commandement de Dieu qui l’interdit.
Tout le contenu de la lettre du 28 février est vrai et vérifiable. La Maison Générale, gênée, a d’abord dit qu’il s’agissait d’un faux, que cette lettre ne pouvait pas venir de prêtres. Devant les faits, on cherche à faire croire « qu’il s’agissait là d’une affabulation».
Nous n’avons rien « contre l’autorité de la Fraternité », à laquelle nous devons tout, nous voulons simplement que la Maison Générale cesse de déformer la réalité et de favoriser un libéralisme pratique.
Quoiqu’ils en disent, il n’y a pas « qu’un très petit nombre » de prêtres qui souhaitent « la démission de ses Supérieurs »!

Trois prêtres ont été sanctionnés, certes, mais cela ne change rien aux faits. Le problème reste entier. Nous refusons l’accusation du Secrétaire Général. Nous avons toujours justifié nos sources. Nous n’avons commis ni calomnies, ni diffamations, ni amalgames. Si nous nous sommes résolus à manifester le mal fait par le Supérieur Général et ses Assistants, ce n’est qu’après avoir consulté saint Thomas et des autorités morales de la Fraternité. Notre but est de faire cesser le scandale de la politique trouble et ambiguë de la Maison Générale.
Notre « attitude » ne se fonde pas « sur rien d’objectif », au contraire! Nous ne nous sommes pas « laissés emporter par une méfiance irraisonnée contre l’autorité de la Fraternité ». Les raisons de notre inquiétude sont non seulement raisonnées mais argumentées et résumées dans le « Catéchisme de la Crise dans la Fraternité».

Nous ne doutons pas de la rectitude doctrinale du Supérieur du District de France, mais nous constatons qu’il n’est plus libre d’écrire ce qu’il pense. Il doit tordre sa conscience pour exempter son Supérieur de ses défaillances afin de pouvoir prêcher la doctrine.
Sans la lettre du 28 février des 37 prêtres, Mgr Fellay aurait-il donné cette conférence à Nantes le 1er mars de cette manière ?
La Lettre aux amis et bienfaiteurs de mars aurait-elle obtenue l’autorisation de publication de Menzingen sans cet ajout de l’abbé de Cacqueray, qui jure avec la beauté du reste de son texte, ajout où celui-ci exprime à Mgr Fellay sa « reconnaissance pour son refus courageux qu’il a adressé au pape. » Ici nous ne sommes plus dans la rectitude doctrinale mais dans les marécages de la diplomatie.

La Sapinière continuera son travail. Est est, Non non.!

Nous ne haïssons personne, ni Mgr Fellay quoique sa duplicité nous effraye, ni l’abbé de Cacqueray pour qui nous avons la plus grande estime. Mais à tous les deux, et à tous les capitulants qui au lieu de résoudre vraiment le problème au chapitre de juillet 2012 n’ont fait que le cacher et le cautionner en partie, nous leur disons ces paroles du Lieutenant Degueldre à ses bourreaux avant d’être fusillé : « je ne vous hais pas, je vous plains ».

Abbé Olivier Rioult, Fsspx,
un des trois prêtres sanctionnés.

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English translation
by The Recusant

Correction concerning the French District Superior’s statement about the 28/02/13 letter to Bp Fellay.

Original: La Sapiniere

A joint letter from 37 priests from the French District was indeed posted on the website La Sapinière. The truths this letter contained have visibly displeased the General House which has decided to punish three priests from among the 37 who approved it. Their crime: a refusal to put up with the General House’s lies.

The General House commands, in the name of Canon 2331 § 2, that the three priests cease their ministries and be put into quarantine until a trial in which he whom we accuse will also be our judge. In other words, Bp. Fellay will be both judge and plaintiff. We know no Church canon law which permits lying. We do know the 8th Commandment of God forbidding it.

The entire content of the 28th February letter is true and can be verified. The General House, troubled, at first spoke of the letter being a forgery and that it could not originate from priests. Faced with the facts, they are now trying to make everyone believe it is a “fable”. We have nothing “against the authority of the Society” to which we owe everything, we simply want the General House to stop distorting reality and favoring a practical liberalism. No matter what they say, there is not “only a small number” of priests who wish for “their superiors’ resignation”!

Three priests have been punished, true, but that changes nothing concerning the facts. The problem remains. We reject the accusation of the General Secetary. We have always justified our sources. We have committed neither calumny, nor defamation, nor amalgam. If we are resolved to denounce the wrongs of the Superior General and his assistants, it is only after having consulted Saint Thomas and moral authorities of the Society. Our aim is to halt the scandal of the troubling and ambiguous policies of the General House.

Our “attitude” is not founded upon “nothing objective”, quite the contrary! We have not “allowed ourselves to succumb to an irrational mistrust against the authority of the Society”. The reasons for our concerns are not only reasoned they are argued and put forward in the “Catechism of the Crisis in the SSPX”.

We do not doubt the doctrinal rectitude of the French District Superior, but we have to admit that he is no longer free to write what he thinks. It would seem he has to twist his conscience to exempt his superior of his faults in order to be allowed to preach doctrine. Without the letter of 28th February from 37 priests, would Bp. Fellay have given the conference the way he did in Nantes on the 1st March? Would the March 2013 “Letter to Friends and Benefactors” have been authorized by Menzingen without Fr de Cacqueray expessing his gratitude to Bp. Fellay “for the courageous refusal he sent to the pope”? This is no longer doctrinal rectitude but the swampland of diplomacy.

La Sapinière will continue its work. Est est, Non non!

We detest no one, neither Bp. Fellay however much his duplicity fills us with dread, nor Fr. de Cacqueray for whom we have the greatest esteem. To both of them and to each of the Capitulants who instead of truly resolving the problem at the General Chapter in July 2012 only hid it and even in part endorsed it, we offer the words which Lieutenant Degueldre offered his executioners before being shot: “I have no hate for you, I pity you”.

Fr Olivier Rioult, FSSPX
One of the three sanctioned priests

Prélature personnelle ou quadrature du cercle ?

Le 7 mars 2013

Prélature personnelle ou quadrature du cercle ?

par un prêtre

 

Si nous refusons absolument tout accord pratique avec la Rome conciliaire, c’est d’abord et avant tout pour un motif de foi : impossible de nous soumettre à des autorités qui elles-mêmes ne se soumettent pas à la vérité immuable et à Celui qui est la Vérité. C’était la pensée de Mgr Lefebvre : « Quand on nous pose la question de savoir quand il y aura un accord avec Rome, ma réponse est simple : quand Rome recouronnera Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous ne pouvons être d’accord avec ceux qui découronnent Notre-Seigneur. »

L’essentiel est là, et les questions canoniques sont « hors sujet » à l’heure qu’il est.

Acceptons cependant, juste un instant, de réfléchir à cette fameuse « pralature personnelle » que Rome fait habilement miroiter aux yeux des porteurs de lunettes roses. Il est intéressant de savoir ce qu’en dit le nouveau Code de Droit Canon (canons 294 à 297). Ce nouveau Code est celui de l’église conciliaire, ce n’est pas le nôtre ; mais l’ancien Code, celui de l’Eglise catholique, ne dit rien sur ce sujet. « La figure juridique de  la prélature personnelle est une création de Vatican II » (Paralieu, Guide pratique du [nouveau] Code de Droit Canonique). Soit dit en passant, cela n’est pas fait pour nous rassurer…

Lisons quand même certaines précisions du nouveau Code : « Pour promouvoir une répartition adaptée des prêtres, ou pour accomplir des tâches pastorales ou missionnaires particulières en faveur de diverses régions ou de divers groupes sociaux, des prélatures personnelles constituées de prêtres et de diacres du clergé séculier peuvent être érigées par le Siège apostolique, après qu’il ait entendu les conférences des évêques concernées » (canon 294). « Les statuts déterminent les rapports de la prélature personnelle avec les Ordinaires des lieux des Eglises particulières où, avec le consentement préalable de l’évêque diocésain, la prélature accomplit ou désire accomplir ses tâches pastorales ou missionnaires » (canon 297).

Conclusion : si notre Fraternité devient une prélature personnelle (ne croyons pas trop vite qu’il n’en soit plus question pour personne), «ses tâches pastorales ou missionnaires » ne s’accompliraient qu’ « avec le consentement préalable de l’évêque diocésain ».

Ceux qui ont bien écouté Mgr de Galarreta à Villepreux en octobre dernier répondront : en commentant les 6 « conditions » du chapitre, Mgr a affirmé que nous étions tous d’accord en ce qui concerne l’exemption des évêques.

Mais ce passage, qui a bien été prononcé, ne se retrouve pas dans la version écrite de DICI. Quand on a lu les canons cités plus haut, on comprend mieux pourquoi cela gênait Menzingen : malgré ses efforts pour « exposer avec recul et élévation les évènements de juin dernier » (dixit abbé Thouvenot), Mgr de Galarreta avait fait là une fausse note. Il fallait vite la corriger – on n’en était pas à une correction près – car Mgr Fellay, lui, envisageait une certaine dépendance par rapport aux évêques diocésains. Il reconnaissait d’ailleurs qu’il pourrait y avoir des difficultés, mais disait-il « depuis quand la vie est-elle sans difficultés ?»

Pour nous qui sommes résolument allergiques aux lunettes roses, les choses sont claires : la prélature et l’exemption sont incompatibles ; c’est la quadrature du cercle. Nous refusons de nous laisser « encercler », nous ne cultivons pas l’illusion que nous pourrions rester « carrés » dans ce cercle-là.

C’est un mirage de croire à « la Fraternité libre dans l’Eglise occupée », d’imaginer une oasis de (vraie) tradition dans le désert postconciliaire.

Pour l’honneur de Dieu et le salut des âmes, nous continuerons d’accomplir nos « tâches pastorales et missionnaires » catholiques sans « le consentement préalable de l’évêques diocésain » moderniste.

Et nous réclamons instamment de nos supérieurs, sur ce point entre autres, une clarification franche, ferme et publique.

Un prêtre

Communiqué de la Sapinière au sujet de « La Lettre à Mgr Fellay »

Communiqué de la Sapinière au sujet de « La Lettre à Mgr Fellay »

Traduction anglaise: Communiqué of La Sapinière about the letter to Bishop Fellay March 4th 2013 by Cathinfo.
Traduction espagnol:¡QUE LOS LIBERALES TIEMBLEN, TODAVÍA HAY 37 SACERDOTES CATÓLICOS EN FRANCIA! Non Possumus

Communiqué de la Sapinière au sujet de « La Lettre à Mgr Fellay »

N’en déplaise à M. Jacques-Régis du Cray, la lettre à Mgr Fellay du 28 février 2013 a bien été écrite par des prêtres du district de France.

M. Ennemond (Jacques-Régis du Cray) qui prétend bien connaître la FSSPX a affirmé qu’aucun de ses prêtres n’auraient pu agir ainsi. Il se trompe tout simplement, tous les prêtres ne ressemblent pas nécessairement à l’abbé Lorans ou à l’abbé Célier. Des intervenants de son forum Fecit ont cru devoir blâmer notre anonymat. La chose est risible quand on sait comment M. Jacques-Régis du Cray en use et en abuse.

M. Jacques-Régis du Cray a aussi mis en doute notre courage. L’anonymat n’est pas nécessairement un signe de lâcheté. Pour résister publiquement aux mensonges de notre Supérieur Général nous jugeons opportun de ne pas quitter la Fraternité. Comme le rappelait Mgr Lefebvre à Dom Thomas d’Aquin, prieur du Monastère Santa Cruz, au Brésil, suite au ralliement de Dom Gérard : « Les biens de l’Église appartiennent au Christ Roi et il ne faut pas les brader ni les laisser tomber entre les mains des ennemis de son règne universel ».

L’anonymat n’est pas une fuite de la croix comme le pense M. l’abbé de Cacqueray dans un fax interne envoyé à tous les prêtres du district le 1er mars 2013. La croix nous la portons. Elle est même lourde. Depuis quelques temps la méditation des angoisses du cœur de NSJC face à la trahison de Judas s’est faite plus profonde et a renouvelé notre vie intérieure sacerdotale.

Nous avons entendu de la part des libéraux et des ralliéristes des cris d’horreur devant notre lettre. Nous les comprenons sans les approuver. Ils avaient une idole qu’ils prenaient pour un saint et ils se rendent compte que c’est un menteur. Ils voulaient que sa politique de ralliement à la Rome moderniste soit sainte parce qu’ils partageaient son libéralisme. Plutôt que de se soumettre aux faits, ils ont préféré les nier. Ils ne veulent pas voir les mensonges car ils ne veulent pas conclure que cette politique libérale ne vient pas du bon esprit.

Oui, le libéralisme est un péché qui finit par rendre aveugle. Ces cris d’horreur ne sont que des cris hypocrites. On s’offusque d’une lettre anonyme qui dénonce des tromperies répétées d’un supérieur envers ses inférieurs en matière grave mais on ne veut pas s’offusquer du mensonge lui-même. C’est le monde à l’envers. Pour eux la subversion consiste non à mentir mais à dénoncer le mensonge. Quelle étrange morale!

M. l’abbé de Cacqueray, qui n’est pas un libéral mais qui est de nouveau victime de sa bienveillance, dans le fax interne nous reproche notre « procédé objectivement destructeur. » Mais qu’est-ce qui est objectivement destructeur : mentir ou dénoncer le mensonge ?

M. l’abbé de Cacqueray trouve « grotesque » le nombre de trente-sept prêtres adhérant à cette lettre. Cela nous étonne, car il sait mieux que quiconque que le nombre de prêtres qui lui ont manifesté leur perte totale de confiance envers le Supérieur Général et son Conseil dépasse ce chiffre. De plus la valeur des faits avérés de cette lettre ne dépend pas des signataires mais des témoins oculaires dignes de foi, mentionnés de façon circonstanciée. Enfin, M. l’abbé de Cacqueray trouve-t-il aussi grotesque le jugement de ce capitulant : « Il faut reconnaître que le Chapitre a échoué. Aujourd’hui c’est OK pour une Fraternité libre dans l’Eglise conciliaire. » ?

M. l’abbé de Cacqueray nous invite à avoir une attitude « franche et respectueuse » envers les supérieurs. Nous lui demandons alors combien de temps faudra-t-il encore supporter que l’on nous mente et que l’on trompe les fidèles?

Excellences, MM. les abbés, chers fidèles, une version originale reçue par tous les prêtres de la FSSPX, le samedi 24 janvier 2009, que nous devions lire en chaire, disait :
« Le décret du 21 janvier cite la lettre du 15 décembre dernier au Cardinal Castrillón Hoyos dans laquelle j’exprimais notre attachement « à l’Église de N.S. Jésus-Christ qui est l’Église catholique », y réaffirmant notre acceptation de son enseignement bimillénaire et notre foi en la Primauté de Pierre. Je rappelais combien nous souffrons de la situation actuelle de l’Église où cet enseignement et cette primauté sont bafoués, et ajoutais : ‘‘Nous sommes prêts à écrire avec notre sang le Credo, à signer le serment anti-moderniste, la profession de foi de Pie IV ; nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II, au sujet duquel nous émettons des réserves.’’»

Mais quelques jours après, ce passage est devenu :
« Nous sommes prêts à écrire avec notre sang le Credo, à signer le serment anti-moderniste, la profession de foi de Pie IV, nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican I. Mais nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du Concile Vatican II, qui s’est voulu un concile ‘différent des autres’. »

Comment justifier une telle différence ? À l’époque, Mgr Fellay disait aux prieurs qu’il s’agissait d’une erreur du Secrétaire Général, lequel ayant travaillé toute la nuit s’était trompé.
Mais en définitive, après avoir supprimé la première version, on publia la version corrigée qui figure sur tous les sites de la Fraternité, … Aujourd’hui on sait que c’est bien le premier texte qui représentait la pensée de Mgr Fellay puisqu’il cherche à se soumettre à l’Eglise concrète. Le jeudi 29 octobre 2009, le rédacteur en chef du blog Osservatore Vaticano, Vini Ganimara, publia un article intitulé “Forces et faiblesses de la diplomatie de Monseigneur Fellay”. On y lit :

« Monseigneur Fellay a su adopter progressivement un langage mesuré, qui fait oublier ses déclarations en tous sens du passé, comme les discours agressifs des autres évêques de la FSSPX, et qui enlève des armes à l’« opinion publique » épiscopale (en Allemagne par exemple) cherchant à barrer la bonne volonté du Pape. Ce troisième point – décisif car il n’y a pas de négociation sans donnant-donnant – montre ses capacités diplomatiques, en même temps que la faiblesse de sa marge de manœuvre. Je prends un exemple : après la levée des excommunications, il a envoyé par fax dans tous les prieurés du monde une « lettre aux fidèles » (24 janvier 2009), contenant la citation de sa propre lettre au cardinal Castrillón (15 décembre 2008) qui avait permis la levée des censures : « Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves ». Cette formulation provoqua une telle levée de boucliers que quelques jours plus tard, une nouvelle version de cette lettre du 24 janvier citait ainsi la lettre au cardinal : « Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican I. Mais nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du Concile Vatican II, qui etc. » C’est bien entendu la première version qu’a reçue le cardinal Castrillón. La seconde version n’est pas à proprement parler un faux : c’est une traduction à l’usage de l’opinion publique de la FSSPX. » http://radiocristiandad.wordpress.com/2009/12/09/dos-articulos-de-vini-ganimara-y-un-recuerdo/

Mgr Fellay et la communication de la Maison Générale ont menti par le passé, ils ont encore menti récemment dans leur communiqué, pourquoi devrions-nous croire qu’ils cesseront de le faire à l’avenir ? Ce scandale et cette mascarade n’ont que trop duré. Ils doivent cesser et ils cesseront.

La Sapinière

Lettre à Mgr Fellay

LETTRE OUVERTE A MGR FELLAY

En polonais: List otwarty trzydziestu siedmiu kapłanów Dystryktu Francuskiego do bp Fellay’a
Download by Pelagius Asturiensis
En anglais en PDF: download: open_letter of_37_sspx_priests.pdf Our Lady’s Resistance
En allemand: Offener Brief an Mgr Fellay von 37 Priestern des französischen Distrikts Mit der Immaculata
En italien: Lettera aperta a Mons. Fellay – di 37 sacerdoti della Fraternità par inter multiplices UNA VOX

Mgr Fellay et Benoît XVI

A Mgr Fellay

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Excellence,

Comme vous l’écriviez récemment « les liens qui nous unissent sont essentiellement surnaturels ». Cependant, vous preniez soin de nous rappeler, à juste titre, que les exigences de la nature ne doivent pas être oubliées pour autant. « La grâce ne détruit pas la nature ». Parmi ces exigences, il y a la véracité. Or nous sommes bien obligés de constater qu’une partie des problèmes auxquels nous avons été confrontés ces derniers mois viennent d’un manquement grave à cette vertu

Il y a dix ans, vous disiez comme Mgr Tissier de Mallerais:

« Jamais je n’accepterai de dire : “Dans le concile, si on interprète bien, oui peut-être quand même, qu’on pourrait le faire correspondre avec la Tradition, on pourrait trouver un sens acceptable.” Jamais je n’accepterai de dire ça. Ça serait un mensonge, il n’est pas permis de dire un mensonge, même s’il s’agissait de sauver l’Église. »

(Gastines, 16 septembre 2012)

Mais depuis vous avez changé au point d’écrire :

« L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle, non encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère Pontifical postérieur relatifs à la relation entre l’Église catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière. » (St-Joseph-des-Carmes, 5 juin 2012)

A Brignoles, en mai 2012, vous avez parlé de ce document qui « convenait à Rome » mais qu’il

« faudra expliquer chez nous parce qu’il y a des déclarations qui sont tellement sur la ligne de crête que si vous êtes mal tourné ou selon que vous mettez des lunettes noires ou roses, vous les voyez comme ceci ou cela ».

Depuis, vous vous êtes justifié de la manière suivante :

« Si nous pouvons accepter d’être « condamnés » pour notre rejet du modernisme (qui est vrai), nous ne pouvons accepter de l’être parce que nous adhérions aux thèses sédévancantistes (ce qui est faux), c’est ce qui m’a conduit à rédiger un texte « minimaliste » qui ne prenait en compte qu’une seule des deux données et qui, de ce fait, a pu prêter à confusion chez nous. » (Cor Unum 102)« Ce texte, évidemment, quand je l’ai écrit, je pensais qu’il était suffisamment clair, que j’avais réussi suffisamment à éviter les… – comment est-ce qu’on dit ? – les ambiguïtés. Mais force…, disons les faits sont-là, je suis bien obligé de voir que ce texte était devenu un texte qui nous divisait, nous dans la Fraternité. Ce texte bien évidemment je le retire. »

(Ecône 7 septembre 2012)

Vous êtes donc un incompris qui, par condescendance, retirez un texte très délicat que des esprits étroits ont été incapables de comprendre. Cette version des faits est habile mais est-elle juste ? Retirer un document et rétracter une erreur doctrinale ne sont pas formellement la même chose. De plus, invoquer les « thèses sédévancantistes » pour justifier ce document « minimaliste » qui « convenait à Rome » semble fort déplacé quand dans le même temps, et depuis plus de treize années, vous autorisez un confrère à ne plus citer le nom du pape au canon après lui avoir confié que vous compreniez son choix devant la scandaleuse signature d’un document commun entre Catholiques et Protestants.

Mgr Tissier de Mallerais confiait à un confrère que cette « Lettre du 14 avril » ne devrait jamais être publiée, car, selon lui, vous seriez « définitivement discrédité et probablement contraint à la démission. » Ce qui confirme l’avertissement charitable de Mgr Williamson : « pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes, pour la paix intérieure de la Fraternité et pour votre propre salut éternel, vous feriez mieux de démissionner vous-même comme Supérieur Général, que de m’exclure. » (Londres, le 19 octobre 2012), Pourtant, vous avez pris cela pour une provocation ouverte et publique.

Mais quand Mgr de Galarreta déclare, le 13 octobre 2012 à Villepreux, cette phrase incroyable qu’on peut entendre mais non lire car la transcription en ligne de La Porte Latine l’a omise :« Il est presque impossible que la majorité des Supérieurs de la Fraternité – après discussion franche, analyse à fond de tous les aspects, de tous les tenants et aboutissants –, il est impensable que la majorité se trompe dans une matière prudentielle. Et si cela par hasard, par un impossible arrive et bien tant pis de toute façon on va faire ce que la majorité pense» , à Menzingen, le Secrétaire Général, l’abbé Thouvenot, a écrit qu’il « exposait avec recul et élévation les événements de juin dernier ».

Comment la Fraternité a-t-elle pu tomber si bas ? Mgr Lefebvre, lui, écrivait :

« Au jour du jugement, Dieu nous demandera si nous avons été fidèles et non si nous avons obéi à des autorités infidèles. L’obéissance est une vertu relative à la Vérité et au Bien. Ce n’est plus une vertu mais un vice si elle se soumet à l’erreur et au mal. » (Mgr Lefebvre, Lettre du 9 août 1986), Et l’abbé Berto, lui, écrivait en 1963 :

« on doit voir plus loin que le bout de son nez, et ne pas se figurer qu’on a droit au Saint-Esprit comme ça sur commande, du moment qu’on est en Concile ».

Lors de la conférence du 9 novembre 2012 à Paris, un prieur vous a demandé :

« à la sortie de la retraite sacerdotale deux confrères m’ont accusé d’être en révolte contre votre autorité parce que je manifestais de la satisfaction au sujet du texte de l’abbé de Caqueray contre Assise III. Qu’en est-il ? »

Votre réponse fut :

« J’ignorais qu’il y avait des choses pareilles dans la Fraternité. C’est moi qui ai demandé cette déclaration. D’ailleurs elle a été publiée avec mon autorisation. Je suis tout à fait d’accord avec l’abbé de Cacqueray. »

Or pendant la retraite des sœurs à Ruffec, vous avez confié à six confrères que vous n’étiez pas d’accord avec le texte de l’abbé de Cacqueray. Vous vous êtes d’ailleurs plaint à lui des reproches que le cardinal Levada, pendant 20mn, vous avait fait à ce sujet. Si vous lui avez donné l’autorisation de la publication c’était, expliquiez-vous, pour ne pas paraître partial… mais que personnellement vous désapprouviez le contenu que vous jugiez excessif. Qui donc, Monseigneur, utilise des moyens « foncièrement subversifs » ? Qui donc est révolutionnaire ? Qui nuit au bien commun de notre société ?

Le 9 novembre 2012 à Paris, nous avons entendu un confrère vous demander :

« Je fais partie de ceux qui ont perdu confiance! Combien y a-t-il de lignes de conduite dans la Fraternité maintenant… »

Vous avez répondu :

« C’est une grave blessure. Nous avons subi une grave épreuve. Il faudra du temps.»

Devant cette réponse fuyante, un autre prieur vous a demandé alors :

« Récusez-vous votre réponse à vos trois confrères évêques… »

Votre réponse fut encore floue :

« Oui, quand je la relis, il me semble qu’il y a quelques petites erreurs. Mais en fait pour vous aider à comprendre, sachez que cette lettre n’est pas une réponse à leur courrier, mais à des difficultés que j’avais eues avec chacun d’entre eux séparément. J’ai beaucoup d’estime pour Mgr Williamson, même de l’admiration, il a des coups de génies dans la lutte contre Vatican II, c’est une grosse perte pour la Fraternité et elle arrive au pire moment… »

Mais qui donc est responsable de son exclusion ? En privé, vous dites beaucoup de choses : « j’étais en guerre », « Rome ment »…, mais vous n’avez jamais publié le moindre Communiqué officiel pour dénoncer ces prétendus mensonges. Pire, récemment, à propos de l’ultimatum du 22 février, vous avez cautionné officiellement le mensonge du Vatican.

Votre langage est devenu interminablement confus. Cette manière ambiguë de s’exprimer n’est pas louable comme l’écrivait le Père Calmel :

« J’ai toujours eu en horreur les expressions molles ou fuyantes, qui peuvent être tirées dans tous les sens, auxquelles chacun peut faire dire ce qu’il veut. Et elles me sont d’autant plus en horreur qu’elles se couvrent d’autorités ecclésiastiques. Surtout ces expressions me paraissent une injure directe à celui qui a dit : « Je suis la Vérité… Vous êtes la lumière du monde…. Que votre parole soit oui si c’est oui, non si c’est non… »

Monseigneur, vous et vos Assistants avez été capables de dire tout et son contraire sans peur du ridicule.

L’abbé Nély, en avril 2012, de passage à Toulouse déclarait à une douzaine de confrères que « si les relations doctrinales avec Rome ont échoué c’est parce que nos théologiens ont été trop rentre-dedans » mais il disait à l’un de ces théologiens: « Vous auriez pu être plus incisif. »

Vous-même, le 9 novembre 2012, vous nous avez affirmé :

« Je vais vous faire rire, mais je pense vraiment que nous, les quatre évêques, nous sommes du même avis. » Alors que six mois auparavant vous leur écriviez : « à la question cruciale entre toutes, celle de la possibilité de survivre dans les conditions d’une reconnaissance de la Fraternité par Rome, nous n’arrivons pas à la même conclusion que vous. »

Dans la même conférence de retraite à Ecône, vous déclarez :

« Je vous avoue que je n’ai pas estimé aller contre le chapitre [de 2006] en faisant ce que j’ai fait. »

Puis quelques instants après au sujet du Chapitre de 2012 :

« si c’est le Chapitre qui traite, c’est une loi qui vaut jusqu’au prochain Chapitre. »

Quand on sait qu’en mars 2012, sans attendre le prochain Chapitre, vous avez détruit la loi de celui de 2006 (pas d’accord pratique sans solution doctrinale), on s’interroge sur la sincérité du propos.

Un de vos confères dans l’épiscopat à Villepreux nous invitait à

« ne pas dramatiser. Le drame serait d’abandonner la Foi. Il ne faut pas demander une perfection qui n’est pas de ce monde. Il ne faut pas pinailler sur ces questions. Il faut voir si l’essentiel est là ou non. »

Il est vrai, vous n’êtes pas devenu mahométan (1er commandement), vous n’avez pas pris femme (6e commandement), vous avez simplement malmené la réalité (8e commandement). Mais l’essentiel est-il toujours là quand les ambiguïtés touchent au combat de la foi ? Personne ne vous demande une perfection qui n’est pas de ce monde. On peut bien concevoir qu’on se trompe devant le mystère d’iniquité, puisque même les élus pourraient être trompés, mais personne ne peut accepter un langage double. Certes, la grande apostasie, prédite par l’Écriture, ne peut que nous troubler. Qui peut prétendre être indemne des pièges du diable ? Mais pourquoi nous avoir trompés ? A tout péché miséricorde, bien sûr. Mais où sont les actes qui manifestent la conscience, le regret et la réparation des erreurs ?

Vous avez dit devant les prieurs de France : « je suis fatigué des querelles de mots ». Là est peut-être le problème. Qui vous empêche d’aller vous reposer à Montgardin et d’y goûter les joies de la vie cachée ? Rome a toujours utilisé un langage clair. Mgr Lefebvre également. Vous aussi par le passé. Mais aujourd’hui, vous entretenez une confusion en identifiant indûment “l’Eglise catholique, la Rome éternelle” et “l’Eglise officielle, la Rome moderniste et conciliaire”. Or, en aucun cas, vous ne pouvez changer la nature de notre combat. Si vous ne voulez plus accomplir cette mission, vous devez, ainsi que vos Assistants, renoncer à la charge que la Fraternité vous a confiée.

En effet, l’abbé Pfluger dit publiquement souffrir de l’irrégularité canonique de la Fraternité. Il a confié à un confrère en juin 2012 « avoir été ébranlé par les discussions doctrinales ». En sortant de sa conférence à Saint Joseph des Carmes, il disait de manière méprisante à qui voulait l’entendre :

« Dire qu’il y en a encore qui ne comprennent pas qu’il faut signer ! »

Le 29 avril 2012 à Hattersheim, après avoir avoué que « les événements passés ont prouvé que les différences concernant la question doctrinale ne peuvent être comblées »,  il faisait par de sa crainte « de nouvelles excommunications ». Mais comment peut-on craindre l’excommunication de modernistes déjà excommuniés par l’Eglise ?

L’abbé Nély à l’occasion d’un repas pour les bienfaiteurs à Suresnes annonçant que

« le Pape avait mis un terme au rapport avec la Fraternité en demandant la reconnaissance de la Messe et de Vatican II… » rajoutait que « Mgr Fellay était sur son petit nuage, il était impossible de l’en faire redescendre ».

Mais l’abbé Nély n’a-t-il pas lui aussi signé la monstrueuse lettre aux trois évêques ? N’a-t-il pas été lui aussi « sur son petit nuage » quand, de passage à Fanjeaux, il déclara à la Supérieure Générale inquiète au sujet d’un ultimatum de Rome : « Non rassurez-vous, tout va bien avec Rome, leurs canonistes nous aident à préparer les statuts de la prélature… »

Pouvez-vous dire, en conscience que Vous et vos Assistants avez assumé vos responsabilités ? Après tant de propos contradictoires et néfastes comment prétendre encore gouverner ? Qui a nuit à l’autorité du Supérieur Général, si ce n’est vous-même et vos Assistants ? Comment prétendre nous parler justice après l’avoir lésée ? « Quelle vérité peut sortir de la bouche du menteur ? » (Eccli. 34, 4). Qui a semé la zizanie ? Qui a été subversif en usant du mensonge ? Qui a scandalisé prêtres et fidèles ? Qui a mutilé la Fraternité en diminuant sa force épiscopale ? Que peut bien être une charité sans l’honneur et la justice ?

Nous savons que l’on nous reprochera de ne pas respecter les formes en vous écrivant ainsi publiquement. Notre réponse sera alors celle du Père de Foucauld au Général Laperrine :

« J’avais cru en entrant dans la vie religieuse que j’aurais surtout à conseiller la douceur et l’humilité ; avec le temps, je crois que ce qui manque le plus souvent, c’est la dignité et la fierté. » (Lettre du 6 déc. 1915).

Et à quoi bon vous écrire en privé quand on sait qu’un confrère courageux et lucide a dû attendre quatre ans pour avoir un courrier de vous et ce fut non pour y lire des réponses mais des injures. Quand un Supérieur de District attend toujours l’accusé de réception de sa lettre de dix-sept pages envoyée à la Maison Générale, il semble que Menzingen n’a plus d’autre argument que le volontarisme : « sic volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas».

Monseigneur, ce que nous vivons en ce moment est odieux. La droiture évangélique a été perdue : Est est, non, non. Le Chapitre de 2012 n’a en rien clarifié la situation. L’abbé Faure, un capitulant, nous a récemment mis en garde publiquement contre « les lettres et déclarations des actuels supérieurs de la Fraternité ces derniers mois » ? Un autre capitulant a confié à un confrère :

« Il faut reconnaître que le Chapitre a échoué. Aujourd’hui c’est OK pour une Fraternité libre dans l’Eglise conciliaire. J’ai été catastrophé par le niveau de réflexion de certains capitulants. »

Vos interventions et celles de vos Assistants sont troubles et laissent croire que vous n’avez opéré qu’un simple recul stratégique.

Fin 2011, un Assistant avec un confrère ‘‘accordiste’’ avaient cherché à estimer le nombre de prêtres, en France, qui refuseraient un accord avec Rome. Leur résultat : sept. Menzingen était rassuré. En mars 2012, vous avez confié que M. Guenois du Figaro était un journaliste très bien informé et que sa vision des choses était juste. Or son article disait :

« Qu’on le veuille ou non, le pape et Mgr Fellay veulent un accord non doctrinal mais ecclésial ».

En mai 2012, vous avez confié aux Supérieurs des bénédictins, des dominicains et des capucins :

« On sait qu’il y aura de la casse, mais on ira jusqu’au bout ».

En juin l’accord ecclésial fut impossible. Pourtant, en octobre 2012, de passage au prieuré de Bruxelles, des prêtres diocésains, invités par l’abbé Wailliez, vous ont manifesté leur souhait de voir un accord entre Rome et la Fraternité. Vous les avez rassurés par ces mots :

« oui, oui, ça va se faire bientôt » ?

C’était trois mois après le chapitre de juillet.

Monseigneur, vous avez le devoir en justice de dire la vérité, de réparer les mensonges et de rétracter les erreurs. Faites-le et tout rentrera dans l’ordre. Vous savez comment André Avellin, au XVIe siècle, est devenu un grand saint après avoir eu honte d’un mensonge qu’il avait commis par faiblesse. Nous voulons simplement que vous deveniez un grand saint.

Excellence, nous ne voulons pas que l’Histoire retienne de vous que vous êtes l’homme qui avez défiguré et mutilé la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.

Soyez assuré, Excellence,  de notre totale fidélité à l’œuvre de Mgr Lefebvre,

Le 28 février 2013,
Trente-sept prêtres du District de France

« J’ai pensé que Benoît XVI ferait un dernier geste envers nous » – Mgr Fellay

Article paru en anglais sur « The Recusant »

    «J’ai pensé qu’en annonçant sa renonciation, Benoît XVI ferait peut-être un dernier geste envers nous en tant que Pape»

Par Pierre de Bellerive
Monseigneur Fellay est le supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X fondée par Monseigneur Lefebvre. Il revient, pour Nouvelles de France, sur les tentatives de rapprochement de la FSSPX avec Rome qui ont marqué le pontificat de Benoît XVI.
Nouvelles de France « se revendique comme libéral-conservateur ».

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    NDF : Monseigneur, apprécieriez-vous le fait que le dernier acte majeur du pontificat de Benoît XVI puisse être la réintégration de la Fraternité Saint Pie X ?

    Mgr Fellay : Un bref instant, j’ai pensé qu’en annonçant sa renonciation, Benoît XVI ferait peut-être un dernier geste envers nous en tant que Pape. Cela étant, je vois difficilement comment cela peut être possible. Il faudra probablement attendre le prochain Pape. Je vais même vous dire, au risque de vous surprendre, il y a des problèmes plus importants pour l’Église que celui de la Fraternité Saint-Pie X et c’est, d’une certaine manière, en les réglant, que le problème de la Fraternité sera réglé.

Notez que Mgr Fellay ne refuse pas les termes « apprécierez-vous » ni « réintégration » et, du moins le 15 février dernier, n’excluait pas un geste de Benoit XVI dans ce sens même s’il envisage que cela serait difficile. Aussi pour ce geste vers une « réintégration » il faudra probablement attendre le prochain pape. Mais il est cependant implicite que Mgr Fellay « apprécierait » un tel geste.

Quid de l’avertissement Mgr Lefebvre en 1989 ? :

«C’est pourquoi ce qui peut apparaître comme une concession n’est en réalité qu’une manœuvre pour parvenir à détacher de nous le plus grand nombre de fidèles possible. Voilà la perspective dans laquelle ils semblent céder toujours un peu plus et même aller très loin. Nous devons absolument convaincre nos gens qu’il ne s’agit que d’une manœuvre, qu’il est dangereux de se mettre entre les évêques conciliaires et de la Rome moderniste. C’est le plus grand danger qui menace nos gens. Si nous luttons depuis 20 ans pour résister aux erreurs conciliaires, ce n’est pas pour nous mettre maintenant entre les mains de ceux qui professent ces erreurs. »

Ou de son désir de ne rien avoir à faire avec l’église conciliaire ? :

« Nous sommes suspens a divinis par l’Eglise conciliaire et pour l’Eglise conciliaire dont nous ne voulons pas faire partie.» (Mgr Lefebvre, 29juillet 1976, Réflexions sur la suspens a divinis).

« Alors nous ne sommes pas de cette religion. Nous n’acceptons pas cette nouvelle religion. Nous sommes de la religion de toujours. Nous sommes de la religion catholique. Nous ne sommes pas de cette religion universelle, comme ils l’appellent aujourd’hui. Ce n’est plus la religion catholique. » (Sermon, 29 June 1976)

« Je serais très heureux d’être excommunié de l’Église conciliaire … C’est une Eglise que je ne reconnais pas. J’appartiens à l’Eglise catholique. » (Minute, 30 juillet 1976).

Qui était aussi la position de la Fraternité Saint Pie X dans son ensemble :

« Nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d’Assise. Notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. » (Lettre ouverte au Cardinal Gantin, 6 juillet 1988).

Mgr Fellay parle ensuite de la FSSPX comme «un problème pour l’Eglise ». C’est là la nouvelle tendance officielle de la FSSPX qui consiste à ne pas distinguer l’Église conciliaire et l’Eglise du Christ.

    NDF : Certains disent que vous souhaitez que Rome reconnaisse le rit ordinaire comme illicite, pouvez-vous nous éclairer sur ce point ?

    Mgr Fellay : Nous sommes bien conscients qu’il est très difficile de demander des autorités une condamnation de la nouvelle messe. En réalité, si ce qui doit être corrigé l’était, ce serait déjà un grand pas.
    « Le Novus Ordo Missae, même lorsqu’il est dit avec la piété et le respect des règles liturgiques, … est imprégné de l’esprit du protestantisme. Il porte en lui un poison dangereux pour la foi. » (Mgr Lefebvre, Lettre ouverte aux catholiques perplexes).

Comment quelque chose qui est intrinsèquement toxique peut-être «corrigé»? Moins de deux mois plus tôt, Mgr Fellay qualifiait la messe NO comme «mauvaise». Devons-nous cohabiter avec le mal ? Est-ce moral ?

    NDF : Comment cela ?

    Mgr Fellay : Cela peut être réalisé par une instruction de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. Ce n’est pas si compliqué en fin de compte. Je pense qu’il y a des changements importants à effectuer à cause des graves et dangereuses déficiences, qui font que ce rite est condamnable. L’Église peut très bien effectuer ces importantes corrections sans perdre la face ou son autorité. Mais je note actuellement l’opposition d’une partie des évêques à la demande légitime du Pape de corriger, au canon de la messe, la traduction du « pro multis » par « pour beaucoup » et non pas « pour tous », traduction fausse que l’on retrouve dans plusieurs langues.

« .. Le Novus Ordo représente, à la fois dans son ensemble et dans ses détails, un éloignement impressionnant de la théologie catholique de la Sainte Messe telle qu’elle fut formulée à la session XXII du Concile de Trente … »

… II est évident que le nouvel ORDO MISSAE renonce en fait à être l’expression de la doctrine que le Concile de Trente a définie comme étant de foi divine et catholique…

… Il faudrait un plus vaste travail pour établir une évaluation complète des embûches, périls et éléments spirituellement et psychologiquement destructeurs que contient le rite nouveau. (Bref examen critique de la Nouvelle Messe par les Cardinaux Ottaviani et Bacci).

Comment se fait-il que les cardinaux Ottaviani et Baci, repris par Mgr Lefebvre et par Mgr de Castro-Mayer, parlaient de la nouvelle messe comme d’un «éloignement impressionnant de la théologie catholique» et que même une «évaluation» de ses fautes serait une «vaste » entreprise mais que pour Mgr Fellay ce n’est « pas si compliqué en fin de compte » pour que cette même messe soit « corrigée »?

    NDF : Souhaitez-vous revenir sur le Concile Vatican II ?

    Mgr Fellay : En ce qui concerne Vatican II, comme pour la messe, nous estimons qu’il est nécessaire de clarifier et de corriger un certain nombre de points qui sont soit erronés, soit conduisant à l’erreur. Cela étant, nous ne nous attendons pas à ce que Rome condamne Vatican II avant longtemps. Elle peut rappeler la Vérité, corriger discrètement les erreurs en sauvegardant son autorité. Toutefois, nous pensons que la Fraternité apporte sa pierre à l’édifice du Seigneur en dénonçant certains points litigieux.

«Nous croyons pouvoir affirmer, en nous tenant à la critique interne et externe de Vatican II, c’est- à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et les aboutissants du Concile, que celui-ci, en tournant le dos à la tradition et en rompant avec l’Église du passé, est un concile schismatique. «  (Le Figaro, 4 août 1976).

«L’Église qui affirme de telles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique.  » (Mgr Lefebvre, Réflexions sur la suspens a divinis, 29 juillet 1976).

« Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. »
« La seule attitude de fidélité à l’Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme. » (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).

Pourtant Mgr Fellay ne voit qu’«un certain nombre de points qui sont soit erronés, soit conduisant à l’erreur» qu’il croit peuvent être « discrètement » corrigés?

    NDF : Concrètement, vous savez bien que vos revendications ne seront pas satisfaites du jour au lendemain.

    Mgr Fellay : Certainement, mais au fur et à mesure, elles le seront, je pense. Et il y aura un moment, où la situation deviendra acceptable et nous pourrons être d’accord, même si aujourd’hui cela ne semble pas être le cas.

Le seul fondement de l’accord est le suivant :
« Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d’accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédés ? Est-ce que vous êtes d’accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale Dei, Libertas Praestantissimum de Léon XIII, Pascendi de Pie X, Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ?Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Si vous n’acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n’aurez pas accepté de reformer le Concile, en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. » (Fideliter n. 66 nov-dec 1988, pp. 12-13).
Etes-vous, Mgr Fellay, toujours d’accord avec cette déclaration ?

    NDF : Vous avez rencontré Benoît XVI dès les premiers mois de son pontificat, pouvez-vous nous dire quel a été votre sentiment à son endroit à ce moment là ?

    Mgr Fellay : Je peux dire que j’ai rencontré un Pape qui avait un désir sincère de réaliser l’unité de l’Église, même si nous n’avons pas réussi à nous accorder. Mais croyez bien que je prie pour lui tous les jours.

Quelle unité ? La seule unité digne est l’unité de la foi. Benoît XVI n’a jamais cessé d’exprimer son désir pour l’Eglise d’embrasser l’esprit du concile qui « sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie». Devons-nous applaudir ce «désir sincère» ou devons-nous le fuir ?

    NDF : Quel a été, selon vous, l’acte le plus important de son pontificat ?

    Mgr Fellay : Je pense que sans conteste, l’acte le plus important fut la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum qui accorde aux prêtres du monde entier la liberté de célébrer la messe traditionnelle. Il l’a fait, il faut le dire, avec courage car il y avait des oppositions. Je pense d’ailleurs que cet acte portera des fruits très positifs à la longue.

« Art 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l’unique rite romain. » (Summorum Pontificum, 7 juillet 2007).

Comment des fruits positifs peuvent-ils croître d’un acte pontifical qui fusionne officiellement le rite traditionnel de la messe avec le Novus Ordo toxique ? Quelles que soient les apparences de la Tradition que contiennent ces fruits ne vont-ils pas toujours présenter les dangers d’une intoxication dangereuse ?
N’est-il pas dangereux et subversif de faire l’éloge inconditionnel du Pape pour la publication d’un tel acte sans souligner le poison qu’il contient ?
De même, pourrait-on ajouter, n’est-il pas dangereux et subversif d’exprimer sa gratitude au même pape pour avoir « … supprim[é] les effets des sanctions canoniques portées contre ses évêques, à la suite des sacres de 1988 » (communiqué de Menzingen du 11 février 2013) ? Des sanctions que nous avons toujours considérées comme invalides et donc nécessitant une annulation et non une simple levée de leurs effets !

Eté Chaud 2012, Mgr Williamson sur les pas de Mgr Lefebvre

Mgr Williamson

 

Été chaud 2012, Mgr Williamson sur les pas de Mgr Lefebvre

Monseigneur Williamson pense et parle vrai. A ce titre il est le digne héritier de Mgr Lefebvre. Certains diront que Monseigneur Lefebvre ne s’était pas avancé comme Monseigneur Williamson dans des matières politiques et historiques « délicates » …et aurait ainsi été un modèle de combattant de la Foi.
Notre confrère remet les pendules à l’heure…

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Mgr Lefebvre et Mgr Williamson ont tous deux connu la persécution médiatique. L’un étant surnommé « l’évêque de fer » ou « l’évêque rebelle » et l’autre « l’évêque dinosaure » ou « l’évêque négationniste ». Dieu merci, on a, jusqu’à ce jour, épargné l’image médiatique de Mgr Fellay, « l’homme du dialogue »( Dixit le journal, La Croix, qui précisait : « celui qui a grandi dans l’ombre d’Ecône a entraîné dès 2000 la Fraternité Saint-Pie X dans le dialogue avec Rome. »).

Mgr Lefebvre et Mgr Williamson ont également connu la persécution juridique.

Pourtant des confrères sont persuadés que les cas de Mgr Lefebvre et de Mgr Williamson ne sont pas comparables. Mgr Lefebvre ayant toujours respecté l’autorité dans la société, il n’aurait jamais parlé du supérieur comme Mgr Williamson l’a fait dans son Kyrie Eleison intitulé « les Galates d’aujourd’hui ». De plus Mgr Lefebvre, même s’il n’était pas l’ami des Juifs, avait la prudence de ne pas en parler publiquement ni d’être focalisé sur les « Judaïsants à Rome». Bref, Mgr Lefebvre ne prêchait que la foi et il ne fut persécuté que pour elle.
Ce genre de discours est-il fondé dans la réalité ?

  • 1er point : l’attitude de Mgr Lefebvre face à l’autorité

Il faut d’abord se remémorer le contexte du Kyrie Eleison CCLVII de Mgr Williamson. Menzingen voulait un impossible accord purement pratique sans un accord doctrinal préalable, ceci contre les volontés du Chapitre de 2006. Au dire même de l’abbé Pfluger, le 13 juin ‘’l’accord’’ devait être signé, du moins dans l’esprit de Menzingen.

« O insensés catholiques de la Tradition ! […] Etes-vous tellement dépourvus de sens qu’ayant fait l’expérience des fruits de la Tradition, vous voulez tout brader en vous remettant sous les autorités conciliaires ? […] Mais quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait que le Concile n’était pas si mauvais que cela, éjectez-le et ne l’écoutez pas ! […] Pour moi, si je prêchais encore le monde, pensez-vous que je serais si persécuté ? Ceux qui corrompent la Tradition ont besoin du couteau et pas seulement de la circoncision ! Tous ceux qui veulent faire passer la Fraternité par Vatican II ne cherchent qu’à éviter d’être persécutés pour la Croix du Christ. Ils veulent que vous soyez mondains, ne gardant que les apparences de la Tradition. Ils veulent s’aligner sur les Judaïsants à Rome, mais que Dieu me défende, moi, de vouloir autre chose que la Croix de Notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. » (Les Galates d’aujourd’hui)

Mgr Williamson laisse donc entendre qu’il faille « éjecter » et « ne pas écouter » ceux qui laissent entendre que « le Concile n’était pas si mauvais ». Or c’est un fait que plusieurs discours ambigus de Mgr Fellay allaient dans ce sens. Quand au « couteau » pour « ceux qui corrompent la Tradition… », ceci fait référence à Gal V, 7-12 et peut se traduire ainsi : « Ah ! Qu’ils se fassent plutôt mutiler complètement ceux qui vous troublent ! » Saint Paul parlait de ceux qui voulaient judaïser.

La question est donc la suivante : Mgr Lefebvre a-t-il déjà laisser entendre une telle chose, à savoir : « éjecter » et « ne pas écouter » ceux qui laissent entendre que « le Concile n’était pas si mauvais » ?
La réponse est simple : non seulement il ne l’a pas laissé entendre mais il l’a affirmé en s’étonnant même du fait que personne n’y avait pensé par soi-même. Il s’agissait de « ces moines et ces moniales qui sont rentrés au Barroux ou chez les Bénédictines » pour fuir l’influence néfaste de « l’Eglise conciliaire, l’Eglise moderniste ». Voici le passage :

« Ils ont fait exprès le choix du Barroux pour demeurer dans la Tradition, pour demeurer dans la foi de toujours. Et maintenant, on les met sous l’autorité de l’Eglise conciliaire. Alors on est vraiment stupéfaits de penser que, malgré les constatations qu’ils doivent faire, et ils le savent bien… Non… Ils restent. Ils ne prennent pas le parti de s’en aller ou de fonder un autre monastère, ou de demander à Dom Gérard de donner sa démission et d’être remplacé… Non, rien… On obéit. […] C’est lamentable de voir avec quelle facilité un monastère qui est dans la Tradition passe sous l’autorité conciliaire et moderniste. Et tout le monde reste. C’est dommage et vraiment triste de constater cela… […] Ce transfert d’autorité, c’est ça qui est grave, c’est ça qui est excessivement grave. Il ne suffit pas de dire : on n’a rien changé dans la pratique… C’est ce transfert qui est très grave parce que l’intention de ces autorités, c’est de détruire la Tradition. C’est ce qu’a dit le Cardinal Ratzinger très clairement dans une interview avec le journal de Frankfort. »

Quand au respect de l’autorité dans l’ordre politique, voici une anecdote rapportée par Mgr Tissier de Mallerais :

« A l’époque, quinze généraux et officiers supérieurs, auteurs du putsch du 22 avril 1961 à Alger, étaient incarcérés à la prison de Tulle. Mgr Lefebvre voulut les visiter personnellement et en fit la demande aux ministères de la Justice et de l’Intérieur. Hélas ! […] le gouvernement refusa toute rencontre entre les officiers détenus et l’archevêque qui demandait une telle visite. « J’en eusse été heureux, écrira Mgr Lefebvre, mais trois ministres m’ont refusé d’aller visiter ces héros dont je voyais la prison depuis l’évêché ».

Au religieux comme au politique, tout commentaire semble superflu !

  • 2e point : Mgr Lefebvre a été persécuté pour la foi non pour ses idées personnelles.

Certains pensent que Mgr Williamson a été imprudent en confiant devant la télévision ‘’suédoise’’ son jugement personnel sur ce qu’on appelle la « Shoah » :

« Je crois que les preuves historiques vont fortement et considérablement à l’encontre des six millions de juifs délibérément gazés dans des chambres à gaz dans le cadre d’une politique délibéré d’Adolf Hitler. »

La question est la suivante : Mgr Lefebvre s’est-il déjà laissé prendre au piège de la propagande médiatique en livrant des opinions personnelles qui n’avaient pas de lien direct avec la foi et qui ne découlaient pas de sa charge épiscopale ?
La réponse est indéniablement ‘’oui’’ ! C’était à la télévision ‘’française’’ :

« Ce sont vos femmes, vos filles qui seront kidnappées dans des quartiers réservés comme il y en a à Casablanca et partout ailleurs ; et vous ne pourrez plus aller les chercher car ils auront fait des médinas et des mosquées tels que même les gendarmes n’oseront plus mettre les pieds là-dedans. Alors qu’est-ce que ça va être la France à ce moment là ? » [Que faire, demande le journaliste ?] : « Qu’ils restent chez eux. Si tous les ans, il y a cinq cent milles musulmans en plus en France, vous allez voir ce que ça va faire avec des mosquées. Quand un chef dira : tuez les chrétiens… Quand ils tuent un chrétien, ils sauvent leur âme et ils sauvent celle de celui qu’ils tuent. Pourquoi s’en priver ? » (Hôtel Crillon, 14 novembre 1989)

Mgr Lefebvre s’est donc permis de dire publiquement son opinion sur des sujets politiquement incorrects mais dont les conséquences sociales étaient importantes à ses yeux. Quels sont les supérieurs ou prieurs qui ont eu honte de recevoir Mgr Lefebvre après ses propos ? Quels sont ceux qui ont refusé de le recevoir pour une conférence ou pour une cérémonie ? Quels sont ceux qui ont argué que Monseigneur avait outrepassé son rôle ? Quels sont ceux qui ont pensé que Mgr Lefebvre était persécuté pour ses idées personnelles, qu’il avait beaucoup nui à l’image de la Fraternité dans le monde et qu’en conséquence pour le bien commun il devait se faire oublier… ?
Pas un ! Pas un ! Pas un !

Quand Mgr Lefebvre fut ignominieusement condamné en justice pour « diffamation publique envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion », en fait pour avoir dit des vérités dérangeantes sur les musulmans, le Supérieur Général ne l’a pas mis au placard comme un pestiféré, il n’a pas dit que l’immigration et la violence chez les musulmans n’étaient pas des vérités du Credo ou que la Fraternité n’avait aucune compétence dans ce domaine. Il n’a pas dit non plus que Mgr Lefebvre était « infâme de fait » et qu’en raison de sa « folle imprudence », il avait « fait du mal à la Fraternité »… et qu’il serait bon qu’il se fasse oublier un temps, loin de la France multicolore, dans un de nos prieurés à Chicago ou à Londres.
Pas un membre de la Fraternité ne s’est permis de pleurer avec les loups, ni n’aurait approuvé de mettre un évêque catholique au silence pour faire plaisir au Prince de ce monde et aux maîtres du moment, espérant ainsi, mais vainement, une reconnaissance sociale. Pas un n’aurait voulu biaiser avec la vérité pour des hypothétiques facilités dans l’apostolat. Pas un n’aurait voulu, au nom de la vérité des propos tenus par Mgr Lefebvre et au nom de l’honneur, se soumettre aux hurlements des Média.

Certains penseront que les deux faits ne sont pas comparables ?

En effet, Mgr Lefebvre a perdu son procès tandis que Mgr Williamson a remporté la bataille juridique. Il est vrai de plus que Mgr Williamson ne parlait pas des musulmans et que les musulmans ne sont pas les maîtres des média, de la finance et de la politique mondiale. Il est vrai aussi que la loi républicaine favorise plus la religion de la « Shoah » que celle de l’Islam. Il est vrai encore que les musulmans n’ont pas réussi, sous peine de prison et d’amende, à imposer à l’Occident chrétien défunt comme vérité historique la croyance à leurs mythes et à leur propagande.
Mgr Lefebvre, lui, parlait des musulmans.
Mais n’a-t-il jamais abordé la question juive, sous le prétexte fumeux que « notre rôle est de prêcher la doctrine du Christ-Roi » et que la question juive est une « question piège » ? On lit dans la vie de notre Fondateur écrite par Mgr Tissier de Mallerais que « Collaborant à la rédaction du Précis de la doctrine sociale du père Marziac, [Mgr Lefebvre] propose quelques lignes supplémentaires au chapitre consacré au « mystère d’Israël ». Les voici :

« Israël ayant refusé le vrai Messie, se donnera un autre messianisme, temporel et terrestre : la domination du monde par l’argent, par la franc-maçonnerie, par la Révolution, par la démocratie socialiste. Nous ne devons pas oublier cependant que ce sont des Juifs, disciples du vrai Messie, qui fonderont le vrai Israël, Royaume spirituel, préparant au Royaume céleste. Les visées mondialistes des Juifs se réalisent à notre époque, depuis la fondation de la maçonnerie et de la Révolution qui a décapité l’Église et instauré la démocratie socialiste mondiale. »

De plus, nous sommes obligés de constater que la Rome conciliaire, à ce point judaïsée, non seulement est obsédée par la « sainte Shoah » mais elle en fait aussi une vérité nécessaire au salut. Pour le Père Lombardi : « Qui nie la Shoah ignore le mystère de Dieu et la Croix du Christ » (Rome, Vendredi 30 janvier 2009, ZENIT.org). Quand à Benoît XVI :

« La Shoah, crime contre Dieu et contre l’humanité » ne peut faire l’objet d’aucune « négation ou minimisation », ceci serait « intolérable et totalement inacceptable » (12 février 2009). Mgr Lefebvre, en 1990, disait avec raison des libéraux et des modernistes : “Mais ils nous trahissent. Ils donnent la main à ceux qui démolissent l’Église…”

En 1974, Mgr Lefebvre nous lisait un extrait du livre d’Albert Memmi, « Portrait d’un Juif », publié en 1962 :

« Se rendent-ils compte, les Chrétiens, de ce que ce nom de Jésus, leur Dieu, peut signifier pour un Juif ? […]. Pour tous les Juifs, fussent-ils athées, le nom de Jésus est le symbole d’une menace, de cette grande menace qui pèse sur leur tête depuis des siècles, […] je dirais que pour les Juifs leur Dieu, c’est un peu le diable si le diable, comme ils l’affirment, est le symbole, le condensé du mal sur la terre. »

N’avoir pas pu assister à cette conférence spirituelle donne-t-il le droit de parler des Juifs comme de nos « frères aînés dans la foi », de désolidariser la FSSPX de Mgr Williamson et de faire appel à un financier Maximilian Krah, converti officiellement, certes, mais ouvertement lié à une multitude d’associations sionistes et d’officines juives ou judaïsantes ? Jusqu’où ira-t-on dans le reniement, l’hypocrisie ou la bêtise ?

En 1976, l’Eglise conciliaire a tenté de faire taire Mgr Lefebvre, à 71 ans, en le frappant d’une « suspens a divinis ». Nous avons su alors faire la différence entre le catholique, ami de la croix et ennemi du monde, et le félon qui abusait de son pouvoir et faisait le jeu des ennemis du Christ, de son Eglise et de sa Tradition. En 2012, on a tenté de faire taire Mgr Williamson, à 72 ans, en l’excluant du Chapitre général, contre tout droit. Nous saurons là encore faire le même discernement.

Prions pour qu’en ces ‘‘ temps mauvais’’ nous sachions imiter la force et la liberté des premiers chrétiens qui n’étaient pas « disciples de Jésus en secret par crainte des Juifs » (Jn 19, 38) et qui contrastaient avec la foule qui « ne s’exprimait pas librement par crainte des Juifs » (Jn 7, 13).

Un ancien

Lettre à nos confrères prêtres N° 3

    Lettre à nos confrères prêtres

Lettre trimestrielle de liaison entre les membres de la Fraternité Saint-Pie X
(N° 3 – hiver 2013)

Nos Statuts nous demandent d’éviter
« avec soin les erreurs modernes, en particulier le libéralisme et tous ses succédanés. »
Ils font aussi un devoir au Supérieur Général et aux Assistants de veiller à ce que la Fraternité ne tombe ni « dans la tiédeur » ni « dans la compromission avec l’esprit du monde. »

À la lumière des enseignements de notre fondateur, Mgr Lefebvre, et de notre Supérieur général, Mgr Fellay, nous nous proposons de travailler en ce sens. Le Conseil Général rappelait aux trois évêques, le 14 avril 2012, la nécessité de faire les « distinctions nécessaires » « au sujet du libéral » afin d’éviter « un durcissement ‘’absolu’’ ».

En effet, le libéral conciliaire veut un compromis de l’Eglise avec le monde tandis que le libéral traditionaliste veut un compromis de la Tradition catholique avec l’Eglise conciliaire amie du monde. Dans une conférence à Ecône en décembre 1973, Mgr Lefebvre remarquait que notre « drame » est aujourd’hui « infiniment plus grave » que par le passé, car « les libéraux sont maintenant répandus à travers toute l’Eglise et on se demande qui ne l’est pas ! On comptera bientôt sur les doigts ceux qui gardent vraiment la doctrine de l’Eglise ! »

Les arguments des « catholiques libéraux » étaient :

« Il faut que l’Eglise s’arrange avec la société dans laquelle nous vivons, nous ne pouvons pas indéfiniment vivre en marge de la société, il faut que l’Eglise finisse enfin par accepter le monde tel qu’il est, pour pénétrer à l’intérieur et pour soi-disant le convertir… La séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Eglise sur le pied de toutes les autres religions, la liberté de la presse, la liberté de la conscience…, on ne peut pas indéfiniment lutter contre ces choses-là. C’est des choses qui sont maintenant admises par tout le monde, même par des prêtres ! »

« Mais », répondait Mgr Lefebvre, « c’est à prendre ou à laisser. C’est la fin de la religion catholique ou nous défendons vraiment Notre Seigneur Jésus-Christ et toute l’Eglise et toute la religion … Si on commence à cohabiter avec le mal, à parlementer, à faire des compromis, c’est perdu, c’est perdu. »

I) ETUDIER LE LIBÉRALISME EST UN DEVOIR PASTORAL

Le Chapitre a plusieurs fois insisté sur le grave devoir d’étude du prêtre. Parmi les sujets nécessaires à étudier, le libéralisme tient une place importante. Lors d’une retraite à Ecône, le 22 septembre 1988, Mgr Lefebvre faisait part de sa stupéfaction devant le « nombre d’encycliques sur la Franc-maçonnerie. »

« Pourquoi aller parler de ces choses-là au séminaire, comme si c’était ça qu’on avait besoin de savoir au séminaire, comme si c’était ça que l’on devait enseigner à nos fidèles ? Mais si on ne connaît pas la source des erreurs, de ce qui détruit les sociétés, les âmes et l’Eglise, nous serons des pasteurs incapables … c’est une nécessité absolue d’étudier le libéralisme et de bien le comprendre et je pense que beaucoup de ceux qui nous ont quittés pour rejoindre Rome, soi-disant, n’ont pas compris ce qu’était le libéralisme et comment les autorités romaines depuis le concile sont infestées de ces erreurs. S’ils l’avaient compris, ils auraient fui et seraient restés avec nous. C’est grave, parce que, en se rapprochant de ces autorités, on est contaminé forcément. Ils sont les autorités et nous les inférieurs … Ils nous imposent leurs principes … tant qu’ils ne seront pas débarrassés de ces erreurs du libéralisme, il n’y a pas moyen de s’entendre avec eux, c’est pas possible. »

Les confrères ‘’accordistes’’ et les abbés qui ont les faveurs du directeur de DICI, qui se trouve être aussi un fondateur du GREC, ont-ils lu et compris les ouvrages recommandés par Mgr Lefebvre sur le sujet ? Si oui, comment ont-ils pu souhaiter mettre la Tradition sous l’autorité romaine ? Rome trompe le monde, humilie l’Eglise et au lieu de dénoncer cette imposture, on cherche à être reconnu par elle « tels que nous sommes »1 ?

Et cela tout en sachant que « les discussions ont manifesté un désaccord profond sur presque tous les points abordés »2

. Pourquoi un tel aveuglement, si ce n’est par ignorance du libéralisme ?

II) LE LIBÉRAL EST UN ILLOGIQUE

« Nous sommes tellement tentés par l’illogisme qui est tout proche du libéralisme. Le libéral est celui qui serait tenté de ne pas suivre son intelligence dans la pratique parce que c’est difficile, parce que c’est dur. Il voit mais, dans la pratique, il compose. Il fait des compromissions avec lui-même, mais cette compromission c’est le péché. Nous sommes illogiques lorsque nous péchons… il y a toujours des raisons pour dire : ‘’c’était bien autrefois, ce sera peut-être bien plus tard, mais maintenant non… Il y a des vérités mais il ne faut pas les dire, faut pas affirmer’’. Alors cette attitude, il ne faut pas que ce soit la nôtre dans notre vie. Nous devons éviter d’être des illogiques, d’être des gens qui composent toujours, qui composent, qui composent… »3

Mgr Fellay et son Conseil écrivaient pourtant aux trois évêques :
« Pour le bien commun de la Fraternité, nous préférions de loin la solution actuelle du statu quo intermédiaire, mais manifestement, Rome ne le tolère plus. » (Mgr Fellay, lettre du 14 avril 2012)

III) LA VERTU DE PRUDENCE

« ‘’Les libéraux catholiques n’ont cessé de répondre qu’ils ont une volonté d’orthodoxie égale à celle des plus intransigeants. La conciliation qu’ils ont cherchée n’est pas théorique mais pratique.’’ … ils en reviennent toujours à cela. Ils nous disent : ‘’vous voyez, nous sommes des pasteurs. Nous, nous sommes dans la réalité, nous sommes des gens concrets, nous sommes des gens pratiques !’’ Qu’est-ce que la pratique ? La pratique, c’est l’application des principes par la vertu de prudence, ce n’est pas autre chose. Qu’est-ce que la pratique s’il n’y a plus les principes ? … ‘’oui oui oui, nous sommes d’accord, nous avons le même Credo que vous, etc. Oui, mais quand nous sommes dans le monde alors là, il faut se mettre au niveau des autres, se mettre avec les autres, sans quoi vous ne les convertirez jamais’’. Erreur complète ! … Les papes ont senti ce danger de ces catholiques qui sont presque insaisissables parce qu’ils affirment lorsqu’on veut les saisir : ‘’Non, non, je suis d’accord’’. Mais après, ils font des pactes avec les ennemis de l’Eglise … Ce sont des traîtres … plus funestes que des ennemis déclarés … ils divisent les esprits, déchirent l’unité, affaiblissent les forces qu’il faudrait réunir toutes ensemble contre l’ennemi… On vous le dira, c’est vous qui divisez, mais on ne peut pas diviser quand on s’attache à la vérité … ceux qui divisent sont ceux qui essayent de diminuer la vérité pour s’entendre avec tout le monde… Ceux qui sont dans l’erreur doivent se convertir à la vérité et non pas essayer de trouver un terrain d’entente entre la vérité et l’erreur… »4

Au concile, les libéraux ont endormi les catholiques en leur disant qu’on ne touchait pas aux dogmes mais qu’on faisait de la pastorale. Au Conseil de la Fraternité, les libéraux nous endorment en disant qu’on ne touche pas aux principes catholiques mais qu’ « il s’agit non d’une prudence humaine mais » d’une prudence surnaturelle, « d’un équilibre extrêmement délicat, qui demande l’assistance du Saint-Esprit et le don de Conseil »5.

Mgr Lefebvre, dans une conférence de 1978, (assisté du Saint-Esprit ?), déclarait :
« Je pense qu’à la prochaine rencontre, c’est moi qui leur poserai des questions. C’est moi qui les interrogerai, pour leur dire : ‘’Quelle Église êtes-vous ?’’ À quelle Église avons-nous affaire, moi je voudrai savoir, si j’ai affaire à l’Église catholique, ou si j’ai affaire à une autre Église, à une Contre-Église, à une contrefaçon de l’Église ?… Je crois sincèrement que nous avons affaire à une contrefaçon de l’Église et non pas à l’Église catholique. Pourquoi ? Parce qu’ils n’enseignent plus la foi catholique. Ils ne défendent plus la foi catholique. Ils entraînent l’Église dans autre chose que l’Église catholique. Ce n’est plus l’Église catholique. Ils sont assis sur le siège de leurs prédécesseurs mais ils ne continuent pas leurs prédécesseurs.»

Mgr Fellay ne pense pas ainsi :
« Nous ne parlons pas d’une Eglise en l’air ! Nous parlons de l’Eglise qui est là, réelle, devant nous, avec une hiérarchie, avec un pape. Ce n’est pas le fruit de notre imagination : l’Eglise est là, elle est réelle, l’Eglise catholique romaine. Nous disons et nous devons professer cette Eglise comme étant sainte, comme étant une, car la foi nous y oblige. »6

IV) CETTE EGLISE CONCRÈTE EST-ELLE CATHOLIQUE ?

Mgr Lefebvre souhaitait « rentrer dans le cadre officiel et normal de l’Eglise ». Pourtant :
« J’estime, disait-il, que nous sommes dans l’Eglise et que nous sommes les vrais fils de l’Eglise, et que les autres ne le sont pas. Ils ne le sont pas, parce que le libéralisme n’est pas fils de l’Eglise. Le libéralisme est contre l’Eglise, le libéralisme est la destruction de l’Eglise, en ce sens ils ne peuvent pas se dire des fils de l’Eglise … Il y en a qui seraient prêts à sacrifier le combat de la foi en disant : ‘’Rentrons d’abord dans l’Eglise ! Faisons tout pour rentrer dans le cadre officiel, public, de l’Eglise. Taisons notre problème dogmatique. Ne parlons plus de la malice de la messe. Ne disons plus rien sur les questions de la liberté religieuse, des Droits de l’Homme, de l’oecuménisme. Et, une fois que nous serons à l’intérieur de l’Eglise, on va pouvoir faire ceci, on va pouvoir faire cela… C’est absolument faux ! On ne rentre pas dans un cadre, et sous des supérieurs, en disant que l’on va tout bousculer lorsqu’on sera dedans, alors qu’ils ont tout en mains pour nous juguler ! Ils ont toute l’autorité. Ce qui nous intéresse d’abord, c’est de maintenir la foi catholique. C’est cela notre combat. Alors la question canonique, purement extérieure, publique dans l’Eglise, est secondaire. Ce qui est important, c’est de rester dans l’Eglise… dans l’Eglise, c’est-à-dire dans la foi catholique de toujours et dans le vrai sacerdoce, et dans la véritable messe, et dans les véritables sacrements, dans le catéchisme de toujours, avec la Bible de toujours. C’est cela qui nous intéresse. C’est cela qui est l’Eglise. D’être reconnus publiquement, ça c’est secondaire. Alors il ne faut pas rechercher le secondaire en perdant ce qui est primaire, ce qui est le premier objet de notre combat ! ‘’Une fois reconnus, nous pourrons peut-être agir à l’intérieur de l’Eglise ?’’… C’est mal connaître ceux qui nous dirigent actuellement ! Il suffit de lire cette fameuse phrase du Cardinal Ratzinger pour être bien renseignés… Je vous lis tout de suite cette phrase qui est essentielle dans son interview : ‘’Le problème des années soixante était d’acquérir pour l’Eglise les meilleures valeurs exprimées pendant deux siècles de culture libérale … Ça a été fait’’. Or les principes des deux siècles de la culture libérale sont l’oecuménisme et la déclaration des Droits de l’Homme, la liberté religieuse ! Et le Cardinal Ratzinger les admet. Il dit : ‘’C’est fait !’’ … C’est d’une gravité énorme, cela ! Ça condamne tout ce qu’il dit dans son interview, car ça, c’est le cœur de ses idées, et c’est cela que nous reprochons, et c’est cela que nous ne voulons pas. On ne peut pas se mettre sous une autorité qui a des idées libérales, qui nous conduira nécessairement, petit à petit, par la force des choses, à accepter les idées libérales et toutes les conséquences de ces idées libérales qui sont la nouvelle messe, les changements de liturgie, les changements de la Bible, les changements du catéchisme, tous les changements… On dit : ‘’Mais ils ont lutté contre le catéchisme !’’… C’est un simple coup de frein, parce que ça va tellement loin qu’il a fallu quand même donner un certain coup de frein. Les conséquences de leurs propres principes les effrayent. Alors on donne un coup de frein à droite et à gauche, mais on est bien décidé à garder les idées libérales. Pas question de changer les idées libérales ! »7

Mais Mgr Fellay déclarait :
« Les prêtres ou les évêques [et le pape ?] conduisent les âmes en enfer. […] Et l’Eglise, même dans cet état, reste sainte, reste capable de sanctifier. Si aujourd’hui, mes biens chers frères, nous recevons les sacrements, la grâce, la foi, c’est par cette Eglise catholique romaine, non pas par ses défauts mais bien par cette Eglise réelle, concrète. […] Elle est aujourd’hui capable de transmettre la foi, de transmettre la grâce, les sacrements. »8

La messe bâtarde ? Les hérésies du nouveau code et du nouveau catéchisme ? Les péchés contre la foi à Assise… ? Mgr Lefebvre ne prêchait pas ainsi :
« Je crois qu’il faut vous convaincre de cela : vous représentez vraiment l’Eglise catholique … ces derniers temps, on nous a dit qu’il était nécessaire que la Tradition entre dans l’Eglise visible. Je pense qu’on fait là une erreur très très grave. Où est l’Eglise visible ? … où sont les véritables marques de l’Eglise ? … Il est clair que c’est nous qui gardons l’unité de la foi, qui a disparu de l’Eglise officielle … c’est nous qui avons les marques de l’Eglise visible … Ce n’est pas nous, mais les modernistes qui sortent de l’Eglise. Quant à dire « sortir de l’Eglise visible », c’est se tromper en assimilant Eglise officielle et Eglise visible … Sortir, donc, de l’Eglise officielle ? Dans une certaine mesure, oui, évidemment. Il faut donc sortir de ce milieu des évêques, si l’on veut ne pas perdre son âme. Mais cela ne suffit pas, car c’est à Rome que l’hérésie est installée. Si les évêques sont hérétiques, ce n’est pas sans l’influence de Rome. »9

Mgr Fellay se démarque nettement de l’ecclésiologie de Mgr Lefebvre. Sous prétexte de mystère, il confond et fusionne l’Eglise catholique et l’Eglise conciliaire en une seule « Eglise très concrète… qui est dans un état lamentable. »10

V) REPRENDRE PUBLIQUEMENT LES FAUTEURS D’ERREURS DU LIBÉRALISME

Nos Statuts nous demandent d’être attachés « indéfectiblement à l’Eglise Romaine et au Successeur de Pierre agissant en vrai Successeur de Pierre »
mais pas à l’Eglise conciliaire, ni à un moderniste qui offre comme exemple de sainteté un pape sacrilège qui baise le Coran, ni à un pape qui invite Julia Kristeva, représentante des non-croyants, pour « prier pour la paix » (sic).

Celle-ci déclara, après avoir loué Jean-Paul II comme apôtre des droits de l’homme:
« Merci au pape Benoît XVI d’avoir invité pour la première fois en ces lieux des humanistes parmi vous. »

Cette dame souhaitait, dans le sanctuaire, « une gouvernance mondiale, éthique, universelle et solidaire. »

Comment certains supérieurs ont-ils pu rester si silencieux et chercher un accord avec cette Eglise conciliaire alors que notre saint Patron mettait en garde l’Eglise catholique contre ce « grand mouvement d’apostasie organisé, dans tous les pays, pour l’établissement d’une Église universelle. »11 « liberté » de « reprendre même publiquement les fauteurs d’erreurs du libéralisme et de ses conséquences ».

Le Chapitre veut que la Fraternité continue en toute « liberté » de «reprendre même publiquement les fauteurs d’erreurs du libéralisme et de ses conséquences ».

Or, il ne faut pas se voiler la face, si la tête de l’Eglise est moderniste, la tête de la Fraternité est aujourd’hui gravement entachée de libéralisme. Nous avons tous, et particulièrement les supérieurs, un examen de conscience à faire : ne serions-nous pas, à notre place, responsables de la montée du libéralisme dans notre propre congrégation ?
Il y a peu, Mgr Fellay nous a expliqué qu’en 2006, « les hérésies fusaient » et « les autorités propageaient l’esprit moderne et moderniste de Vatican II », mais qu’en 2012, il y avait une restauration de l’Eglise, ad intra, par Benoît XVI. Et que «cela réclame de nous un nouveau positionnement par rapport à l’Eglise officielle … Il s’agit d’un regard surnaturel sur l’Eglise. »12

Comment avoir pu écrire ces lignes après Assise III ? Benoît XVI restaure-t-il la foi ad intra en organisant ad extra des réunions interreligieuses condamnées par l’Eglise, avec en plus des humanistes athées pour œuvrer à « la promotion du véritable bien de l’humanité » ? Un de nos théologiens confiait à un confrère : « La tête de Mgr Fellay est pourrie mais le chapitre l’empêchera de signer. Il faut faire le dos rond pendant 6 ans. » Est-ce si sûr ? Est-ce suffisant ? Combien de capitulants sont prêts à professer publiquement la foi catholique dans toutes ces conséquences :
« Nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. »13

Mgr Lefebvre s’était trompé en mai 1988. En septembre 2012, malgré ses grâces d’état et son Conseil, malgré « l’assistance du Saint-Esprit et le don de Conseil », Mgr Fellay a avoué s’être trompé sur les intentions du pape. Mais, en réalité, l’erreur n’est pas là, car Benoît XVI n’a jamais caché ses intentions. Le problème vient d’une fumeuse conception de l’« Eglise concrète » qui est « une erreur très très grave ».

Errare humanum est, sed perseverare diabolicum ! Le libéralisme de nos supérieurs est un châtiment pour notre congrégation. N’avons-nous pas notre part de responsabilité dans ce péché par notre négligence à vivre du trésor transmis par notre fondateur, par notre laxisme, par nos attaches mondaines et par notre orgueilleuse présomption cléricale ?

Vigilate et orate.

La Rédaction
_______________________________
1 Mgr Fellay, Cor unum, n° 102, été 2012. 2 Mgr Fellay, Cor unum, n° 101, mars 2012.

3 Mgr Lefebvre, Retraite à Ecône, 17 septembre 1981.

4 Mgr Lefebvre, Conférence spirituelle, Ecône, janvier 1974.

5 Mgr Fellay, Cor unum, n° 102, été 2012.

6 Mgr Fellay, Conférence à Flavigny, 2 septembre 2012.

7 Mgr Lefebvre, Conférence spirituelle, Ecône, 21 décembre 1984.

8 Mgr Fellay, 1er novembre 2012, Ecône.

9 Ecône, 9 septembre 1988.

10 Mgr Fellay, Conférence à Flavigny, 2 septembre 2012.

11 Pie X, Notre charge apostolique, 25 août 1910.

12 Mgr Fellay, Cor unum, n° 101, mars 2012.

13 Lettre ouverte des supérieurs de la FSSPX au cardinal Gantin, Écône, 6 juillet 1988.

Saül contre David ou Mgr Williamson, trahi par les siens

Mgr Williamson

 

Saül contre David ou Mgr Williamson, trahi par les siens

« Je serais donc devenu votre ennemi, parce que je vous ai dit la vérité ? »

« Le Chapitre général constate les graves manquements à la discipline commis par Mgr Williamson et les difficultés qu’il pose à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X par son attitude. Il approuve les démarches que le Supérieur général entreprendra pour mettre un terme à cette situation. » (Actes du Chapitre, Cor Unum n°102, été 2012, p. 28)

Pauvres capitulants ! Comment ont-ils pu approuver, aveuglement, les démarches du Supérieur général et donner ainsi les pleins pouvoirs à Saül pour persécuter David ?

« Jonathas répondit à Saül, son père : « Pourquoi David serait-il mis à mort ? Qu’a-t-il fait ? » Et Saül brandit sa lance contre lui pour le frapper. Jonathas comprit que c’était chose arrêtée chez son père de faire périr David. »
(I Sam 20, 32-33)

En réalité, il n’y a pas de problème de discipline chez Mgr Williamson ; il y a par contre un problème de clarté et de doctrine chez Mgr Fellay.
Quand Mgr Fellay dit : « Beaucoup de personnes comprennent mal le Concile. Le Concile présente une liberté religieuse qui est en fait très, très limitée. » Qui peut empêcher Mgr Williamson de dire que le discours de la Fraternité a changé ?

« Les « limites » fixées par le Concile à la liberté religieuse ne sont que de la poudre aux yeux, masquant le défaut radical dont elles souffrent et qui est de ne plus tenir compte de la différence entre la vérité et l’erreur ! On prétend contre toute justice, attribuer le même droit à la vraie religion et aux fausses » ; « Mais le comble de l’impiété, qui n’avait jamais été atteint jusqu’alors, a été accompli lorsque l’Eglise, elle-même, ou du moins ce qui a voulu passer pour tel, a adopté au concile Vatican II le principe du laïcisme de l’Etat » ; « La liberté religieuse signifie nécessairement l’athéisme de l’Etat. Car professant reconnaître ou favoriser tous les dieux, l’Etat n’en reconnaît en fait aucun, surtout pas le vrai Dieu ! » (Mgr Lefebvre, Ils l’ont découronné, Ch. XXVIII, p.232 & VIII, p.76 & IX, p.86)

Quand Mgr Fellay dit aux trois évêques que :

« Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du Concile des super hérésies »
, qui pose des difficultés à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X ? Mgr Lefebvre disait que le concile Vatican II était « le plus grand désastre de tous les siècles passés depuis la fondation de l’Eglise » et dans une de ses dernières conférence à Ecône : « Plus nous analysons les documents de Vatican II, plus nous reconnaissons qu’il s’agit d’une totale perversion de l’esprit. C’est très grave ! Une perversion totale !… »

… Qui peut alors empêcher Mgr Williamson d’imiter Paul reprenant Céphas :

« je lui résistais en face, parce qu’il était digne de blâme » (Gal 2, 11) ?

Est-ce manquer de respect envers Mgr Fellay que de le citer et de montrer l’ambiguïté et l’insuffisance de ses propos ? A des paroles publiques ne peut-on pas répondre par des paroles publiques quand il s’agit de l’orthodoxie de la foi ; surtout quand au dire même de Mgr Fellay, c’est « le bien commun de la Fraternité » qui est en jeu avec « la solution actuelle du statu quo intermédiaire » .
C’est toujours Mgr Fellay qui déclarait :

« Nous ne sommes toujours pas d’accord doctrinalement, et pourtant le pape veut nous reconnaître ! Pourquoi ? La réponse elle est là : il y a des problèmes terriblement importants dans l’Eglise aujourd’hui. Il faut traiter ces problèmes. Il faut laisser de côté les problèmes secondaires et s’occuper des problèmes majeurs. Les autorités officielles ne veulent pas reconnaître les erreurs du Concile. Elles ne le diront jamais explicitement. Cependant si on lit entre les lignes, on peut voir qu’elles souhaitent remédier à certaines de ces erreurs. » (DICI, n°256)

Cela veut-il dire que la confession de la foi n’exige plus le rejet des erreurs contre cette foi ? Et pourquoi la Rome actuelle qui ne fut pas avare de repentances pour les prétendues fautes du passé, ne pourrait-elle pas, dans le présent, se repentir pour de bon et dénoncer ses erreurs à elle ?
Le droit à la liberté religieuse fait-il parti des « problèmes secondaires » ? La déclaration Dignitatis humanae n°2 sur le droit à la liberté religieuse de la personne humaine contredit l’enseignement infaillible de l’Eglise. Vatican II dit que l’homme a un droit naturel de choisir la religion qu’il veut – ou de n’en choisir aucune – et de défendre publiquement ce choix ; et que Dieu se sert des (fausses) religions comme moyen de salut. Cet enseignement détruit la nécessité de la (vraie) foi pour le salut (Celui qui ne croira pas sera condamné, Mc 16,16) et rend l’Incarnation et la Rédemption vaines.

« Je ne comprends pas, disait un moine bénédictin du monastère de Santa Cruz au Brésil, comment Mgr Fellay peut ridiculiser la Fraternité Saint Pie X en déclarant que cette dernière constate des « super hérésies » dans Vatican II. Je ne savais pas que l’Eglise distinguait les super-hérésies, des hérésies et des mini-hérésies. La seule négation d’une vérité révélée suffit pour qu’elle soit totalement rejetée par l’Eglise. »

Mgr Williamson est un évêque sacré par Mgr Lefebvre pour exercer son épiscopat par suppléance. Or un « évêque n’est pas seulement celui qui accomplit matériellement un rite, fut-il traditionnel. Un évêque enseigne et sanctifie par sa doctrine et son exemple de la fidélité à la foi de toujours. » (Mgr Lefebvre, 29 janvier 1989, in Fideliter). Quand Mgr Fellay dit que les textes de Mgr Müller sur plusieurs dogmes de foi « sont plus que discutables », qu’est-ce, sinon de la langue de bois indigne d’un pasteur ? Pour ne pas « altérer la foi », il faut parler clairement : une hérésie est une hérésie… L’inacceptable n’est pas « discutable ».
Les papes post-conciliaires sont des libéraux et des modernistes ; c’est un fait, et contre les faits, il n’y a pas d’arguments qui tiennent. Notre situation canonique restera donc bancale tant que Rome sera anormal. Peu importe que « Rome ne tolère plus » notre résistance ! Par le passé, Rome l’a-t-elle déjà tolérée ? De plus, l’Ecriture nous enseigne que Dieu commande de ne pas entrer en relation avec l’hérétique formel et notoire . Le passage le plus expressif est celui de l’Epître de saint Paul à Tite : « Hominem haereticum … devita » . La Révélation divine a donc prévu que, dans le cas d’un hérétique, fut-il pape, l’Église doit se séparer d’un tel personnage et éviter d’entrer en relation avec lui. Ni plus ni moins.

Mgr Fellay prétend ne pas « se taire devant l’apostasie silencieuse et ses causes »

On l’écoute, mais au lieu de reprendre publiquement Benoît XVI comme fauteur d’erreurs, de libéralisme et de modernisme, on l’entend dire :

« Si le Pape m’appelle, j’y vais tout de suite. Ou plutôt, j’y cours. C’est certain. » (30 Días n° 9, octobre 2002)
Chercher une solution canonique sans un accord doctrinal préalable, c’est faire preuve d’un manque certain de réalisme et d’esprit surnaturel, car depuis Vatican II, les autorités romaines conduisent l’hérésie. On assiste à l’apostasie générale prédite par Saint-Paul. Mais pour Menzingen :

« cette dialectique entre vérité-foi et autorité est contraire à l’esprit sacerdotal. »

Si Menzingen contredit Mgr Lefebvre, qui peut reprocher à Mgr Williamson d’être, quand à lui, fidèle à sa devise épiscopale : « ut fidelis inveniatur »?

Les saints évêques ont toujours été des combattants de la foi, non des politiciens retors. Avant d’accuser Mgr Williamson d’indiscipline, que l’on nous montre en quoi ses Kyrie Eleison ont-ils été outranciers, injurieux ou faux ? En réalité, il n’a fait qu’accomplir son office d’évêque, fidèlement, respectueusement mais aussi fermement :
« Je serais donc devenu votre ennemi, parce que je vous ai dit la vérité ? » (Gal 4, 16)

Au lieu de persécuter Mgr Williamson, Mgr Fellay ferait mieux de laisser l’Eglise jouir de sa prédication. Il n’y a pas à jalouser les dons d’autrui mais il y a lieu de s’en réjouir et de les faire partager.

« [La foule] disait : « Saül a tué ses mille, et David ses dix mille ». Saül fut très irrité, et ces paroles lui déplurent : « On donne dix mille à David, et à moi on donne les mille ! Il ne lui manque plus que la royauté. » Et Saül voyait David de mauvais œil à partir de ce jour. Le lendemain, un mauvais esprit envoyé de Dieu fondit sur Saül … Yahweh était avec David et s’était retiré de Saül… » (I Sam 18, 8-13).

La vérité est avec les « Kyrie eleison» de Mgr Williamson, elle est avec « les réflexions autour de le proposition romaine » de Mgr de Galarreta, elle est avec « l’étrange théologie de Benoît XVI » de Mgr Tissier de Mallerais mais elle n’est point dans les sophismes et les élucubrations sentimentales de Menzingen.

« Les démarches que le Supérieur général » doit « entreprendre pour mettre un terme à cette situation » de crise sont simples. De même que « le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être » , de même le jour où Mgr Fellay retrouvera tous ses esprits, le problème de la prédication de Mgr Williamson n’aura plus de raison d’être.

Mgr Fellay, en 2002, faisait ces justes réflexions sur la chute de Campos :

« [Campos pense] encore que de la part de Rome, c’est la reconnaissance de la Tradition. Alors que le contraire vient de se passer. Une partie de la Tradition, un mouvement traditionnel, a accepté, avec quelques réserves, certes, la réalité postconciliaire … il faut bien distinguer un manque à la vertu de foi elle-même, d’un défaut dans la confession publique de la foi qui est nécessaire dans certaines circonstances … Or une prévarication comme celle d’Assise réclame cette confession publique… que nous n’avons pas entendue venant de Campos. »

Avez-vous entendu notre Supérieur s’élever contre Assise III, personnellement, publiquement et au nom de la Fraternité ? Non ! Mgr Fellay a annoncé par son secrétaire qu’il laissait liberté aux supérieurs de district de réagir et il n’hésita pas à blâmer ceux qui avaient parlé clairement ! L’abbé Chazal rapporte aussi cette anecdote :

« Je me souviens avoir demandé à Mgr Fellay à Cebu, avant Assise III, s’il ne pouvait pas faire une déclaration retentissante ou un autre geste important quelconque, comme Mgr Lefebvre l’avait fait lors d’Assise I. Tout ce que j’obtins comme réponse fut un NON coléreux, à cause de nos tractations actuelles avec Rome. »

Le cardinal saint Robert Bellarmin écrivait :

« Tout comme il est autorisé de résister à un pape qui commet une agression corporelle, de même il est permis de lui résister, s’il fait du mal aux âmes ou trouble la société et, à bien plus forte raison, s’il cherchait à détruire l’Église. Il est permis, dis-je, de s’opposer à lui en n’accomplissant pas ses ordres et en empêchant que sa volonté soit réalisée. »
(De Romano Pontifice, l. II, c. 29)

Tant que Mgr Fellay voudra entraîner « une partie de la Tradition » dans « la réalité postconciliaire », il devra s’attendre à ce qu’il appelle improprement de l’indiscipline.

Signé: Un prieur, en France.

Lettre à nos confrères prêtres N° 2

    Lettre à nos confrères prêtres

Lettre trimestrielle de liaison entre les membres de la Fraternité Saint-Pie X

(N° 2 – automne 2012)

Nous nous proposons aujourd’hui de revenir sur une consigne importante donnée par notre Supérieur Général dans le Cor Unum grâce aux réflexions d’un confrère sur AntiModernisme.info.
Citation:

« Il est très important de travailler de tous côtés à favoriser partout les principes surnaturels qui s’opposent à la méfiance, ce ver rongeur et destructeur des relations humaines et de toutes société. » Bernard Fellay, Cor Unum n°102, été 2012.

1er fait : la ligne de crête fixée par Mgr Lefebvre

« Dans cette lettre du 17 avril, j’ai repris la démarche que Mgr Lefebvre avait faite en 1988. […] Il s’agissait de déclaration de ce type : ‘’Je reconnais que la nouvelle Messe est valide, si elle est célébrée avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise.’’ Dans cette phrase, on ne dit pas qu’elle est mauvaise, puisque nous le disons tout le temps ! On dit en partant de l’autre versant de la ligne de crête : ‘’Elle est mauvaise, mais si elle est célébrée correctement, elle reste valide. » (Mgr Fellay, Brignoles, 4 mai 2012 – Nouvelles de Chrétienté n° 135)

Ces deux versions correspondent-elles vraiment à une et même ligne de crête ? L’une est équivoque car incomplète (messe valide), l’autre ne l’est pas (messe illégitime quoique valide) !
« On ne biaise pas avec la vérité » déclarait l’abbé de Cacqueray ; Qu’on mette fin aux « finasseries diplomatiques » confiait Mgr Tissier.

En effet, le vocabulaire de l’ennemi (rite ordinaire au lieu de messe illégitime et favorisant l’hérésie) doit être dénoncé, car l’acceptation des mots prépare celle de la pensée. On commence par ne plus dénoncer l’imposture, puis on la banalise et enfin on l’accepte. De plus cette « ligne de crête » correspond-t-elle vraiment à celle de Mgr Lefebvre ? « Leurs idées à eux, c’est d’arriver à avoir l’autorité sur nous pour nous amener à accepter le concile et les réformes conciliaires. Ils n’ont pas changé d’un iota depuis le concile, au contraire ils sont d’autant plus forts qu’ils ont maintenant une certaine tradition à Rome. […] ils ne peuvent pas admettre dans leur esprit que nous jetions l’anathème sur tout ce qu’ils font. ‘’Mais enfin c’est la messe que je dit tous les jours’’ a dit le cardinal Ratzinger […] ‘’vous allez détourner les fidèles d’aller à ces messes ?’’ ce n’est pas moi qui ait répondu, c’est l’abbé Laroche : ‘’oui, elle est protestante’’. ‘’Oh ! si c’est comme ça que vous prenez les choses, la commission va avoir du travail…’’ qu’il a dit. Oui parce que pour eux, le travail de la commission ça va être de réaliser la réconciliation. […] Non, leur intention n’a pas changé parce que leurs principes n’ont pas changés. […] Pour eux, il n’y a qu’une Eglise, c’est l’Eglise Vatican II. » (Flavigny, 11 juin 1988)

2e fait : les deux oubliés

Le 24 janvier 2009, Mgr Fellay faisait le communiqué suivant : « L’excommunication des évêques sacrés par S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre le 30 juin 1988, qui avait été déclarée par la Congrégation pour les évêques par un décret du 1er juillet 1988 et que nous avons toujours contestée, a été retirée par un autre décret de la même Congrégation en date du 21 janvier 2009, sur mandat du pape Benoît XVI. Nous exprimons notre gratitude filiale au Saint Père pour cet acte […]. »

Le décret pour la levée de l’excommunication Latae sententiae des évêques de la Fraternité Saint Pie X, indique que Mgr Fellay, dans une lettre du 15 décembre 2008, « sollicitait de nouveau la levée de l’excommunication ». Le même décret indique aussi que le:
« Pape Benoît XVI – sensible comme le serait un père au malaise spirituel manifesté par les intéressés à cause de la sanction d’excommunication, et confiant dans leur engagement, exprimé dans la lettre citée, de ne ménager aucun effort pour approfondir, lors des colloques nécessaires avec les Autorités du Saint-Siège, les questions qui restent en suspens, de manière à pouvoir parvenir rapidement à une solution pleine et satisfaisante du problème posé à l’origine – a décidé de reconsidérer la situation canonique des Évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta, créée par leur consécration épiscopale. […] On souhaite que ce pas soit suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l’Église de toute la Fraternité Saint-Pie X, témoignant ainsi une vraie fidélité et une vraie reconnaissance du Magistère et de l’autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible. »[1]

Le décret romain ne parle ni de Mgr de Castro Mayer ni de Mgr Lefebvre. C’est tout à fait normal puisque le décret parle d’une levée de la sanction et non d’un retrait. Il s’agit du pardon d’un « père » pour des fils repentants souffrant d’un « malaise spirituel » venant du « scandale de la division ». Or les vivants seuls pouvaient faire l’objet de la clémence papale. La joie du supérieur général et sa <em>« gratitude filiale envers le Saint Père » n’ont-elles pas été précipitées, déplacées ou ambiguës ? Cette « gratitude » n’implique-t-elle pas une concession envers les modernes et une ingratitude envers ces deux géants de la foi dont la mémoire continue d’être flétrie ? D’autant plus que celui qui les avait ‘’excommuniés’’, Jean-paul II, de sinistre mémoire, a été (O ! suprême imposture !) ‘’béatifié’’ et porté sur les autels. « Ce nouveau climat » pouvait-il vraiment annoncer « bientôt la reconnaissance des droits de la Tradition catholique » ?

3e fait : de la volonté propre

« Le chapitre (général) est une personne morale représentant tout l’institut […] le chapitre général a plus de pouvoirs que le supérieur général qu’il élit. Il peut porter des lois ou du moins prendre des mesures qui doivent rester en vigueur jusqu’au chapitre suivant. » (Naz, Traité de droit canonique, Tome 1, n° 816 § 1)

Or la volonté du Chapitre général de 2006, à propos des relations avec Rome, était double :
1) « Au cas où un accord avec le Saint Siège était sérieusement envisagé, un chapitre général extraordinaire serait convoqué pour traiter de la question. »
2) « Les contacts » que la Fraternité « entretient épisodiquement avec les autorités romaines » n’ont pas pour but « d’arriver à un impossible « accord » purement pratique. »[2]

Or sur ces deux points le supérieur général a contredit publiquement les volontés du Chapitre.

Mgr Fellay, en ne s’arrêtant qu’à la signature du protocole de 1988, a négligé les conclusions de Mgr Lefebvre après 1988. Entre Rome et Menzingen, tant que ce n’était pas ‘’oui’’, on rediscutait pour aboutir à un accord « purement pratique ». Le signe de la Providence ainsi suivi ou la volonté de Dieu recherchée n’était que dans un sens : celui de la volonté propre du supérieur général. Pour cela, il a repoussé ou sanctionné les voix opposées. Il s’est privé de conseils avisés en gardant secrets les termes de la discussion, sous des prétextes fallacieux (le secret permettait de dénoncer toute opposition comme étant fondée sur des rumeurs). Mgr Fellay avait même confié, en privé, à des prêtres d’Autriche, entre le 17 et 20 mai :
« Le Chapitre Général de juillet ne se réunira pas pour discuter l’acceptation de l’accord, mais simplement pour prendre connaissance des nouveaux statuts de la Fraternité ».

Mais ces propos, dans la suite, furent démentis par Mgr Fellay. Car comme le disait ce dernier à l’Abbé Ceriani, le 17 février 2009 à Flavigny:
“Vous comprenez monsieur l’Abbé, tout cela, ce n’est que de la politique.”
Ou comme précisait l’Abbé Pflüger, le 29 septembre 2011 à Hattensheim :
« La diplomatie joue ici un rôle important. »

4e fait : le bien commun de la Fraternité

« Qu’il soit noté au passage que nous n’avons pas cherché un accord pratique. Cela est faux. Nous n’avons pas refusé a priori, comme vous le demandez, de considérer l’offre du pape. Pour le bien commun de la Fraternité, nous préférions de loin la solution actuelle du statu quo intermédiaire, mais manifestement, Rome ne le tolère plus. » (Mgr Fellay aux trois évêques, lettre du 14 avril 2012)

Or les trois évêques avaient écrit :
« Monseigneur, MM. Les abbés, veuillez faire attention, vous conduisez la Fraternité à un point où elle ne pourra plus rebrousser chemin, à une division sans retour et, si vous aboutissez à un tel accord, à des puissantes influences destructrices qu’elle ne supportera point. Si jusqu’à présent les évêques de la Fraternité l’ont protégée, c’est précisément parce que Mgr Lefebvre a refusé un accord pratique. Puisque la situation n’a pas changé substantiellement, puisque la condition émise par le Chapitre de 2006 ne s’est nullement réalisée (changement doctrinal de Rome qui permettrait un accord pratique), écoutez encore votre Fondateur. »

Malgré cela, le 13 juin 2012 Mgr Fellay allait à Rome dans l’intention de signer l’accord purement pratique. Si il a subi un échec (il n’a pas pu signer) ce fut grâce à Rome qui rajouta explicitement deux conditions trop grossièrement inacceptables. Le 13 juin, c’est Benoît XVI qui nous a sauvé de l’opération suicide. « Nous exprimons notre gratitude filiale au Saint Père pour cet acte »!

5e fait : le cas des trois autres évêques

Après la divulgation des correspondances épistolaires épiscopales, Mgr Fellay, le 11 mai 2012, confiait à la presse américaine (CNS) : « Je ne peux pas exclure qu’il y ait une scission » de la FSSPX. »

Le 16 mai 2012, un communiqué de la Cité du Vatican faisait savoir que « étant donné la position par eux pris, les cas des trois autres évêques de la Fraternité devront être traité séparément et individuellement. »
Le 8 juin 2012, Mgr Fellay déclarait à DICI (n°256), au sujet du refus de ses confrères d’un accord purement pratique :
« Sur leur position, je n’exclus pas la possibilité d’une évolution. […] Je pense que si mes confrères voient et comprennent qu’en droit et en fait il y a dans la proposition romaine une véritable possibilité pour la Fraternité de « tout restaurer dans le Christ », malgré tous les troubles qui subsistent dans l’Eglise aujourd’hui, alors ils pourront réajuster leur jugement, – alors, c’est-à-dire avec le statut canonique en main et les faits sous les yeux. Oui, je le pense, je l’espère. »

Le 14 juin 2012, la Cité du Vatican, après avoir remis le projet de la prélature personnelle à Mgr Fellay, faisait de nouveau savoir que « la situation des trois autres évêques de la Fraternité sera traité séparément et individuellement. » Mais le même jour, Menzingen indiquait que lors de cette rencontre de deux heures entre Mgr Fellay et le cardinal Levada : il n’avait « pas été question de la situation des trois autres évêques de la Fraternité ».

Mgr Fellay disait être persuadé de la volonté du pape de nous reconnaître, sans nous dire à quel prix : « Oui c’est le pape qui le veut. J’ai suffisamment d’éléments précis en ma possession pour affirmer que ce que je dis est vrai… » (DICI, n°256). Mais, le 14 juin, après deux ans de discussions, Menzingen découvre qu’il demeure « des difficultés doctrinales » sur le « concile Vatican II et le Novus Ordo Missae ».

Cette découverte tardive est fort surprenante, car il n’était point nécessaire de lire entre les lignes pour le savoir ; il suffisait de savoir lire :
« Deux craintes s’opposaient plus directement à ce document […]. En premier lieu il y a la crainte d’amenuiser ainsi l’Autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles : la réforme liturgique. Cette crainte n’est pas fondée. »[3] « Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivies 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble. »[4]

Comment Mgr Fellay a-t-il pu donner sa préférence à ses « nouveaux amis à Rome »[5] contre ses anciens et clairvoyants confrères dans l’épiscopat ? Surtout comment avoir pu tenter ou accepter de régler le sort de la Fraternité sans les trois évêques. Certes, en 18 ans de supériorat, Mgr Fellay n’a jamais trahi. Mais en 25 ans d’épiscopat, nos trois autres évêques ont-ils déjà failli dans le bon combat ? Dans ce cas, pourquoi mépriser leur avis prudent et conforme au vœu du chapitre de 2006 ?

6e fait : du flou artistique

« À propos de la réponse que j’ai envoyée le 17 avril à Rome (…) j’ai l’impression que cela convient. Chez nous, je pense qu’il faudra l’expliquer comme il faut, parce qu’il y a (dans ce document) des expressions ou des déclarations qui sont tellement sur la ligne de crête que si vous êtes mal tourné ou selon que vous mettez des lunettes noires ou roses, vous les voyez comme ceci ou cela. Alors il faudra qu’on vous explique bien que cette lettre ne change absolument rien à notre position. Mais que, si on veut la lire de travers, on arrivera à la comprendre de travers. »
(Mgr Fellay, Brignoles, 4 mai 2012 – Nouvelles de Chrétienté n° 135)

Si on arrive à lire de travers la réponse de Mgr Fellay, c’est qu’elle est ambiguë. Si elle convient à Rome, c’est qu’elle ne représente plus la position de la Fraternité, car notre position ne peut pas convenir doctrinalement à la Rome moderniste : refus de Vatican II et de ses réformes, refus de la messe bâtarde de Paul VI, refus de la ‘’canonisation’’ de Jean-Paul II…
Mgr Fellay trouvait « que les autorités romaines » étaient « trop pressées. On voudrait atteindre la pédale de frein, mais on ne sait pas trop où elle est. » Mgr Fellay ne sait donc pas que la pédale pour freiner Rome c’est les directives laissées par notre fondateur : « Si vous n’acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n’aurez pas accepté de réformer le concile, en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédés, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. »[6]

Celui qui ne sait pas où est la pédale de frein est-il apte à conduire les autres ? Ne doit-on pas, pour plus de sécurité, lui retirer son permis ?

7e fait : Vatican II dans la Tradition

« Le pape dit que le concile doit être replacé dans la grande tradition de l’Église, qu’il doit être compris en accord avec elle. Ce sont des déclarations avec lesquelles nous sommes complètement d’accord, entièrement, absolument. » (CNS 11 mai 2012) ; « Beaucoup sont ceux qui comprennent le Concile de travers. […] Le Concile présente une liberté religieuse qui est une liberté très, très limitée ; […] Après les discussions, nous nous sommes rendu compte que les erreurs que nous croyions comme issues du concile en fait ne sont pas issus de lui mais de la commune interprétation qu’on en a fait de lui »
. (Mgr Fellay, YouTube, Traditionalist leader talks about his movement, Rome)

On est très loin du « j’accuse le Concile » de Mgr Lefebvre comme « réponse nécessaire au ‘’j’excuse le Concile’’ du cardinal Ratzinger ! »[7]

Quand Mgr Fellay écrit :
« L’entière tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du concile Vatican II lequel à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise implicitement présents en elle non encore formulés »[8], croit-il encore que Vatican II a été un « contre syllabus » ? Un des participants aux discussions doctrinales a révélé qu’une « quinzaine de formules d’adhésion » à tous les textes du concile Vatican II avait été « successivement proposée » à la Fraternité.

Mais Mgr Fellay continuait de claironner : « c’est le pape qui veut vraiment cette reconnaissance canonique, il ne nous la propose pas comme un piège. » (DICI n°256).

8e fait : depuis quand la vie est-elle sans difficulté ?:

« Dans l’apostolat, la Fraternité Saint-Pierre ou les ecclesia Dei sont complètement sous le pouvoir des évêques. Ils n’ont donc aucune liberté. S’ils essaient d’ouvrir la bouche, immédiatement ils n’ont plus d’apostolat, c’est fini… ce n’est pas ce genre de solution qu’il faut pour nous. Il faut qu’on ait une véritable autonomie… j’ai suffisamment de paroles du pape qui montrent que c’est bel et bien sa volonté. » (Mgr Fellay, Brignoles, 4 mai 2012) ; « Il reste vrai – comme c’est le droit de l’Eglise – que pour ouvrir une nouvelle chapelle ou fonder une œuvre, il serait nécessaire d’avoir la permission de l’ordinaire local. […] Ici ou là, cette difficulté sera réelle, mais depuis quand la vie est-elle sans difficulté ? » (Mgr Fellay, DICI n°256 du 8 juin 2012)
Quand un supérieur devant un problème si grave fait preuve d’une telle légèreté et entretient un tel flou : on est stupéfié. Saint Bernard, écrivant filialement au pape Eugène III, avait raison : « c’est une chose monstrueuse qu’un rang suprême et un caractère bas ».

Conclusion

Tout cela n’a, peut-être, été qu’un affreux malentendu et un effroyable quiproquo. Prions généreusement saint Pie X pour notre Supérieur Général. Car seul un discours droit, une rétractation des propos tordus et l’abandon des sanctions contre ceux qui ont vu clair et qui ont parlé (Abbés Abrahamowig, Ceriani, Pfeiffer, Chazal…), pourront rétablir la confiance.
« Je suis prêt si, sur un point ou un autre, il est certain que je me suis trompé … je suis prêt à me rétracter … » (Mgr Lefebvre, conférence à Ecône, 21 juin 1978)

La Rédaction

___________________________________________________

[1] De la Congrégation pour les Évêques, le 21 janvier 2009.

[2] Cor Unum, n°85 octobre 2006.

[3] Lettre de Benoît XVI, 7 juillet 2007.

[4] Lettre de Benoît XVI, 10 mars 2009.

[5] Cor Unum n° 101, mars 2012.

[6] Entretien à la revue Fideliter, septembre 1988.

[7] Mgr Marcel Lefebvre, ils l’ont découronné, p. 233, Fideliter.

[8] Abbé Pflüger, conférence du 5 juin 2012 à Saint-Joseph-des-Carmes. Rappelons pour mémoire que la version du communiqué adressé à Rome le 15 décembre 2008, passée dans la presse et devant être lu en public par les prêtres, disait : « Nous faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II au sujet duquel nous exprimons des réserves », tandis que la version corrigée par Menzingen, suite aux réclamations, mais niée par Rome, affirmait : « Nous acceptons et nous faisons nôtres tous les Conciles jusqu’à Vatican I. Mais nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du concile Vatican II qui s’est voulu un concile aux dires des papes Jean XXIII et Paul VI ‘’différent des autres’’ ».

Revu et corrigé: le communiqué de Menzingen sur la démission du Pape!

    REFLEXION SUR UN COMMUNIQUE DE MENZINGEN

    Quand on voit la crise en roses

La Maison générale de la Fraternité Saint-Pie X a publié le 11 février un communiqué au sujet de la démission de Benoit XVI, annoncée le même jour. Ce texte est intéressant dans la mesure où il montre bien le nouvel état d’esprit des supérieurs de la Fraternité.

« Malgré les divergences doctrinales » : l’expression est faible, il n’est même pas question de graves ou de profondes divergences. Mgr Lefebvre était plus clair, il parlait « d’opposition » (« on ne peut pas s’entendre… nous nous heurtons »).

« Le Saint-Père a eu le courage de rappeler que la messe traditionnelle n’avait jamais été abrogée, et de supprimer les effets des sanctions canoniques portées contre nos évêques » : encore cette équivoque entretenue depuis 2007 et 2009 à propos des deux « préalables ». On ne veut pas reconnaître franchement que Benoit XVI n’a pas répondu à nos demandes lorsqu’il a présenté la messe catholique et la « messe bâtarde » (dixit Mgr Lefebvre) comme deux formes du même rite, puis lorsqu’il a accordé la levée des « excommunications » alors qu’on réclamait le retrait du décret. Mgr Lefebvre avait mis en garde : « Ce qui peut apparaître comme une concession n’est en réalité qu’un manœuvre. » (13 décembre 1984).

« Elle (la Fraternité) lui exprime sa gratitude pour la force et la constance dont il a fait preuve à son égard » : le cardinal Ratzinger, puis Benoit XVI, a surtout fait preuve de constance, depuis longtemps (Mgr Lefebvre en savait quelque chose), pour tenter de ramener la Fraternité dans le giron de l’Eglise conciliaire.
Est-il opportun, est-il décent d’ « exprimer sa gratitude » à un pape qui a visité tant de synagogues, de mosquées et de temples ? à un pape qui a « béatifié » son prédécesseur de triste mémoire, et renouvelé l’abomination d’Assise (mais on sait que le supérieur général a relativisé la gravité de ces deux faits devant les prieurs réunis à Flavigny en février 2012) ? à un pape qui a manœuvré si habilement ces dernières années que notre Fraternité traverse aujourd’hui la crise la plus grave qu’elle ait connue depuis son origine, et dont on se demande comment elle pourra s’en remettre ? Benoit XVI peut être considéré objectivement, quelles que soient ses intentions, comme notre ennemi numéro 1 : nous connaissant de longue date, il a su exploiter la naïveté et l’imprudence des supérieurs « avec force et constance ».

« Et l’assure de ses prières pour le temps qu’il souhaite consacrer au recueillement » : espérons qu’il le consacrera également à faire pénitence et à réfléchir à la terrible responsabilité qu’il porte dans la situation actuelle de la sainte Eglise.

« A la suite de son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, la Fraternité Saint-Pie X réaffirme son attachement à la Rome éternelle… » : la Maison générale reprend en substance le début de la Déclaration du 21 novembre 1974, mais (sans doute pour faire bref ?) omet la phrase suivante : « Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante. » L’abbé Ortiz remarquait très justement que la nouvelle attitude des supérieurs se trahissaient « plus par ce qu’ils ne disent pas sur les autorités conciliaires, par omission, que par ce qu’ils disent d’elles ». Cette attitude ne consiste pas (encore) à nier la crise, mais à voir la crise en rose… et à produire des communiqués à l’eau de rose.

« Elle (la Fraternité) redit son désir d’apporter sa contribution, selon ses moyens, à la grave crise qui secoue l’Eglise » : dans sa hâte de remercier Benoit XVI, la Maison générale a bien écrit : « apporter sa contribution à la crise ». Le texte a ensuite été corrigé, dans le sens d’aider à résoudre la crise, mais le lapsus initial est révélateur : le dangereux affaiblissement de la Fraternité, dû principalement au changement de cap de Menzingen, contribue en effet à la crise de l’Eglise, et n’en est pas le moindre aspect.

– Revenons au début du communiqué : « La Fraternité Saint-Pie X a appris l’annonce soudaine de la démission du pape Benoit XVI. » Beaucoup de prêtres et de fidèles espèrent que cet exemple venu de très haut inspirera nos supérieurs : quand « on ne sait plus trop où est la pédale de frein » (Mgr Fellay à Brignoles, 4 mai 2012), il est sage… et il est urgent de céder le volant à un autre.

    Des lunettes roses, délivrez-nous Seigneur !

    Du libéralisme et des libéraux, délivrez-nous Seigneur !

Un prêtre

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